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Aires protégées au Québec
Contexte, constats et enjeux pour l'avenir (suite)

ANNEXE 1

CLASSIFICATION INTERNATIONALE DES AIRES PROTÉGÉES


CLASSIFICATION INTERNATIONALE DES AIRES PROTÉGÉES

Selon les lignes directrices de l’Union mondiale pour la nature (UICN, 1994) sur la classification des aires protégées, la consécration d'une aire à la protection et au maintien de la diversité biologique n'implique pas nécessairement que cette aire doive être intégralement naturelle. En effet, les catégories I, II, III et VI s'appliquent aux aires naturelles ou en grande partie naturelles, alors que les catégories IV et V s'appliquent aux aires pouvant avoir été modifiées. Toutefois, pour toutes les catégories, l’intervention humaine ne doit atteindre des niveaux élevés en aucun moment.

Le concept de « condition naturelle »

Les mêmes lignes directrices de l’UICN relativement aux différentes catégories d’aires protégées définissent le terme « naturel » comme : « des écosystèmes dans lesquels, depuis la révolution industrielle (1750), l'impact humain n'a pas été plus important que celui des autres espèces indigènes et dont la structure n’a pas été altérée ». Le changement climatique n'est pas pris en compte dans cette définition.

Au Québec, les paysages de la partie méridionale (au sud du 52,5e parallèle) ont subi l'influence humaine de façon beaucoup plus marquée que les paysages nordiques (taïga et toundra). Dans ce document, il sera assumé /tenu pour acquis/ que les écosystèmes supposés être présents au moment de l'établissement des Européens au Québec (XVIIe siècle) – et que l'on retrouve sensiblement pareils de nos jours – représentent des écosystèmes « naturels ».

Les critères de classement

L'aire protégée, quelle que soit sa nature, doit souscrire à l'objectif premier de protection et de maintien de la diversité biologique. Cela implique que toute activité ayant cours sur le territoire ou sur une portion de ce territoire ne doit pas altérer le caractère biologique essentiel de l'aire. Parmi les activités jugées incompatibles avec l'objectif premier, l’UICN mentionne la coupe à blanc, les grandes plantations forestières, l'exploitation minière, l'utilisation du territoire à des fins hydroélectriques et le prélèvement de ressources (chasse, pêche) non durables.

Au Québec, les pratiques d’exploitation faunique se font selon des critères de durabilité qui, a priori, n’interfèrent pas avec les autres critères de classement d’une aire protégée.

L'aire doit également être administrée selon des moyens efficaces (juridiques ou autres) pour l'atteinte des objectifs de gestion visés par la catégorie à laquelle elle appartient. En voici des exemples :

ç une aire de tenure publique dont la protection est assurée par une loi et une réglementation ;

ç une aire de tenure privée dont la protection est assurée par une entente à long terme avec un organisme non gouvernemental voué à la conservation.

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Responsabilité de la gestion

La responsabilité effective de la gestion d'une aire protégée peut incomber au gouvernement fédéral ou québécois, aux municipalités, à des organisations non gouvernementales (ONG), au secteur privé ou à une communauté locale ; l'essentiel étant que l'autorité désignée soit capable d'atteindre les objectifs spécifiés pour assurer la protection de l'aire.

Superficie des aires protégées

Une aire protégée doit comprendre une superficie de terre ou d'eau suffisamment grande pour atteindre les objectifs de gestion. Cette considération implique que les autorités sont tenues de veiller à ce que la gestion de l'aire ne soit pas entravée par des pressions indues venant des zones adjacentes. Parfois, il pourra se révéler nécessaire de prendre des mesures de gestion supplémentaires et même de réaliser des ententes avec les autorités responsables du zonage extérieur.

Utilisation durable des ressources

Conformément aux lignes directrices de l'UICN (1994), l'utilisation durable des ressources à des fins autres que de subsistance est permise, selon certaines modalités, dans les aires protégées appartenant aux catégories IV, V et VI. Toutefois, cette utilisation ne doit jamais entrer en conflit avec l'objectif premier de protection et de maintien de la diversité biologique, ni avec les objectifs de gestion propres à chaque catégorie.

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Catégories de l’UICN (1994)

Le système de classement des aires protégées de l'UICN a notamment pour objet d'offrir une base de comparaison internationale.

Les catégories I à VI y sont considérées comme des aires naturelles protégées. Le numéro assigné à une catégorie ne reflète pas son importance. En effet, toutes les catégories retenues sont nécessaires à la conservation du milieu naturel.

Il importe de souligner que le classement des aires protégées à l'intérieur des catégories, selon l’UICN, est davantage basé sur les objectifs de gestion eux-mêmes plutôt que sur l'efficacité dans l'atteinte des objectifs. Par ailleurs, pour établir la catégorie qui convient, il est essentiel que la plus grande partie de l'aire – si possible la totalité – soit administrée en fonction de l'objectif premier; ainsi, toute activité réalisée à l'intérieur de l'aire ne doit pas être incompatible avec cet objectif.

CATÉGORIE Ia. Réserve naturelle intégrale.
Aire protégée, administrée principalement aux fins d’étude scientifique.

Il s'agit d'un espace terrestre ou marin, comportant des écosystèmes, des éléments géologiques ou physiographiques ou encore des espèces remarquables ou représentatives, administré principalement à des fins de recherche scientifique et de surveillance continue de l'environnement.

Les objectifs de gestion sont de :

ç préserver des biotopes, des écosystèmes et des espèces dans les conditions les plus naturelles ou les moins modifiées qui soient ;

ç maintenir des ressources génétiques dans un état dynamique et évolutif;

ç maintenir des processus écologiques établis ;

ç sauvegarder des éléments structurels du paysage ou des formations rocheuses ;

ç conserver des milieux naturels exemplaires à des fins d'étude scientifique, de surveillance continue de l'environnement et d'éducation y compris des aires de référence, en excluant tout accès qui puisse être évité ;

ç réduire au minimum les perturbations, en planifiant et en menant avec circonspection les activités autorisées, de recherches et autres ;

ç limiter l'accès au public.

Au Québec, cette catégorie d'aires protégées est principalement représentée par les réserves écologiques. Ces dernières souscrivent parfaitement aux objectifs de gestion énumérés ci-dessus.

Par ailleurs, nous avons considéré que quelques autres aires protégées au Québec affichaient un niveau de protection comparable à celui des réserves écologiques et les avons donc incluses dans cette catégorie. Il s'agit, notamment, de sites protégés par une charte d'organisme privé, lesquels sont exempts de toute exploitation des ressources, d'accès libre au public à des fins de pratique d’activités récréotouristiques et d'habitation permanente ou importante.

De plus, quelques habitats fauniques, dont les colonies d'oiseaux sur falaise, ont été inclus dans cette catégorie en raison du caractère inaccessible du site leur assurant une protection intégrale.

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CATÉGORIE Ib. Zone de nature sauvage
Aire protégée, administrée principalement aux fins de protection des ressources sauvages.

Cette zone comporte un vaste espace terrestre ou marin, intact ou peu modifié, ayant conservé son caractère naturel, dépourvu d'habitation permanente ou importante, protégé et géré dans le but de préserver son état naturel. Les objectifs de gestion sont de :

ç garantir aux générations futures la possibilité de jouir de régions demeurées largement à l'abri des activités humaines pendant une longue période ;

ç conserver à long terme les qualités et les éléments naturels essentiels de l'environnement ;

ç autoriser un accès non motorisé au public, dans des limites compatibles avec le bien-être physique et spirituel des visiteurs, tout en conservant les qualités naturelles sauvages de la région ;

ç permettre à des communautés indigènes, de faible densité et vivant en harmonie avec les ressources disponibles, de conserver leur mode de vie.

À ce jour, aucune aire protégée de cette catégorie n’a été reconnue pour le Québec.

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CATÉGORIE II Parc national
Aire protégée, administrée principalement dans le but de préserver les écosystèmes et aux fins de récréation.

Cette catégorie comprend une zone naturelle, terrestre ou marine, désignée :

a) pour protéger l'intégrité écologique dans un ou plusieurs écosystèmes pour le bien des générations actuelles et futures ;

b) pour exclure toute exploitation ou occupation incompatible avec les objectifs de la désignation ;

c) pour offrir des possibilités de visite, à des fins scientifiques, éducatives, spirituelles, récréatives ou touristiques, tout en respectant le milieu naturel et la culture des communautés locales.

Les objectifs de gestion sont les suivants :

ç protéger des régions naturelles et des paysages d'importance nationale et internationale, pour leur utilisation à des fins scientifiques, éducatives, spirituelles, récréatives ou touristiques ;

ç perpétuer, dans des conditions aussi naturelles que possible, des exemples représentatifs de régions physiographiques, de communautés biologiques, de ressources génétiques et d'espèces, tout en garantissant une stabilité et une diversité écologique ;

ç limiter le nombre de visiteurs, afin que l'aire reste dans un état naturel ou quasi naturel ;

ç éliminer et, ultérieurement, prévenir toute forme d'exploitation ou d'occupation incompatible avec les objectifs du statut de conservation; garantir le respect des éléments écologiques, géomorphologiques, sacrés ou esthétiques justifiant le statut ;

ç tenir compte des besoins des populations indigènes, y compris l'utilisation des ressources aux fins de subsistance, dans la mesure où ceux-ci n'ont aucune incidence négative sur les autres objectifs de gestion.

Les parcs nationaux et les parcs québécois figurent dans cette catégorie, cela dans la mesure où ils ont une superficie suffisamment vaste pour contenir plusieurs écosystèmes entiers. Un léger assouplissement a été apporté dans l'interprétation de cette catégorie afin de pouvoir y insérer tous les grands parcs. En effet, nous estimons que la pêche récréative et la cueillette extensive de petits fruits sauvages ont peu d’impacts négatifs sur l'intégrité écologique des écosystèmes.

Il est à noter qu'à l'intérieur de cette catégorie se trouvent également un habitat faunique (aire de fréquentation du caribou au sud du 52e parallèle) ainsi qu'un refuge d'oiseaux migrateurs (des Betchouanes).

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CATÉGORIE III Monument naturel / élément naturel marquant
Aire protégée, administrée principalement dans le but de préserver des éléments naturels spécifiques.

Cette catégorie désigne une aire contenant un ou plusieurs éléments naturels ou naturels et culturels particuliers d'importance exceptionnelle ou unique, méritant d'être protégée du fait de sa rareté, de sa représentativité, de ses qualités esthétiques ou de son importance culturelle intrinsèque. Les objectifs de gestion sont les suivants :

ç protéger ou préserver, à jamais, des éléments naturels particuliers, exceptionnels du fait de leur importance naturelle, leur caractère unique ou représentatif, ou de leur connotation spirituelle ;

ç dans une mesure compatible avec l'objectif susmentionné, offrir des possibilités de recherche, d'éducation, d'interprétation et de loisir ;

ç éliminer et, ultérieurement, prévenir toute forme d'exploitation ou d'occupation incompatible avec l'objectif du statut de conservation ;

ç offrir à la population résidante des avantages compatibles avec les autres objectifs de gestion (ex. : activité récréative, telle que la spéléologie, ou culturelle, telle qu’une cérémonie traditionnelle chez les peuples autochtones).

Au Québec, bon nombre de sites appartenant à de multiples désignations sont classés dans cette catégorie. Ce sont des aires de petite superficie dont les caractéristiques naturelles, esthétiques et parfois uniques sont mises en valeur par une utilisation exclusivement récréotouristique. Plus particulièrement, nous y trouvons diverses chutes d'eau, de nombreuses îles du Saint-Laurent et les parcs régionaux urbains, lesquels sont souvent des vestiges de forêt ayant échappé à l'urbanisation.

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CATÉGORIE IV Aire gérée pour l'habitat et les espèces
Aire protégée, administrée principalement aux fins de conservation, avec intervention en ce qui concerne la gestion.

Ce type d'aire terrestre ou marine fait l'objet d'une intervention active quant à sa gestion, de façon à garantir le maintien des habitats ou à satisfaire aux exigences d'espèces particulières. Les objectifs de gestion sont les suivants :

ç garantir et maintenir les conditions d'habitat nécessaires à la préservation d'espèces, de groupes d'espèces, de communautés biologiques ou d'éléments physiques importants du milieu naturel, lorsqu'une intervention humaine s'impose pour optimiser la gestion ;

ç privilégier les activités de recherche et de surveillance continue de l'environnement, parallèlement à la gestion durable des ressources ;

ç consacrer des secteurs limités à l'éducation du public, afin de le sensibiliser aux caractéristiques des habitats concernés et au travail de gestion des espèces sauvages ;

ç éliminer et, ultérieurement, prévenir toute exploitation ou occupation incompatible avec les objectifs du statut de conservation ;

ç offrir aux communautés vivant à l'intérieur de l'aire des possibilités d'activités compatibles avec les autres objectifs de gestion.

Cette catégorie se distingue des autres par la nécessité d'une intervention active afin d'assurer la conservation des habitats et des espèces. L'intervention visée ne doit pas altérer l'état naturel original, particulièrement lorsque cette intervention favorise des espèces particulières ou un habitat. Lorsqu'elle comporte une manipulation de l'habitat, cela implique l'altération de la structure ou de la fonction existante de cet habitat naturel ou modifié, afin d'atteindre un objectif de gestion particulier.

Par ailleurs, une exploitation extensive à caractère durable des ressources fauniques est permise dans l'aire, mais celle-ci ne doit pas en altérer le caractère biologique essentiel.

Au Québec, les aires qui nécessitent une intervention active afin de préserver la qualité de l'habitat pour nombre d'espèces végétales ou animales sont de deux types :

a) les aires de confinement du cerf de Virginie (ravages), aux abords ou à l'intérieur desquelles des aménagements sylvicoles sont permis ou requis afin de suppléer aux besoins vitaux (alimentation, couvert) de cette espèce ;

b) les marais, aux abords ou à l’intérieur desquels des aménagements sont requis afin de maintenir un habitat de qualité pour la faune aquatique et semi-aquatique.

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CATÉGORIE V Paysage terrestre ou marin protégé
Aire protégée, administrée principalement dans le but d'assurer la conservation de paysages terrestres ou marins et aux fins récréatives.

Il s'agit d'une zone terrestre englobant parfois la côte et la mer, dont le paysage possède des qualités esthétiques, écologiques ou culturelles particulières, résultant de l'interaction ancienne de l'homme et de la nature, et présentant souvent une grande diversité biologique. Le maintien de l'intégrité de cette interaction traditionnelle est essentielle à la protection, au maintien et à l'évolution d'une telle aire. Les objectifs de gestion sont les suivants :

ç maintenir l'interaction harmonieuse de la nature et de la culture, en protégeant le paysage terrestre ou marin et en garantissant le maintien des formes traditionnelles d'occupation du sol et de construction, ainsi que les manifestations sociales et culturelles ;

ç encourager les modes de vie et les activités économiques en harmonie avec la nature, ainsi que la préservation du tissu socioculturel des communautés concernées ;

ç maintenir la diversité du paysage et de l'habitat, ainsi que des espèces et écosystèmes associés ;

ç éliminer (si nécessaire) et, ultérieurement, prévenir toute forme d'occupation du sol et toute activité incompatible avec les objectifs visés, du fait de leur ampleur ou de leur particularité ;

ç offrir au public toute une gamme de loisirs de plein air respectant les qualités essentielles de l'aire ;

ç encourager les activités scientifiques et éducatives contribuant au bien-être à long terme des communautés résidantes, tout en sensibilisant le public à la protection de leurs paysages ;

ç offrir des avantages à la communauté locale et contribuer à son bien-être sous forme de produits naturels (par exemple forestiers ou de la pêche) et de services (eau potable ou revenus tirés de formes durables du tourisme).

La catégorie V fait référence aux paysages modifiés ou façonnés par l'homme au fil du temps, c'est-à-dire là où la présence de l'homme dans la nature s'est toujours exprimée par des pratiques traditionnelles (et non modernes). L'objectif premier est de maintenir une interaction harmonieuse ayant favorisé depuis longtemps une diversité de paysages, d'habitats ou d'espèces. Soulignons qu'une utilisation durable et traditionnelle des ressources, de façon locale, est permise dans ce type d'aire.

Selon la connaissance que nous avons des aires déjà répertoriées, cette catégorie d'aires protégées ne semble pas s'appliquer au Québec.

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CATÉGORIE VI Aire protégée de ressources naturelles gérées
Aire protégée, administrée principalement aux fins d'utilisation durable des écosystèmes naturels.

C'est une aire contenant des systèmes naturels, en grande partie non modifiés, gérée de façon à assurer la protection et le maintien à long terme de la diversité biologique, tout en garantissant la durabilité des fonctions et des produits naturels nécessaires au bien-être de la communauté. Les objectifs de gestion sont les suivants :

ç assurer la protection et le maintien à long terme de la diversité biologique et des autres valeurs naturelles du site ;

ç promouvoir des pratiques rationnelles de gestion afin d'assurer une productivité durable ;

ç protéger le capital de ressources naturelles contre toute aliénation engendrée par d'autres formes d'utilisation du sol susceptibles de porter préjudice à la diversité biologique de la région ;

ç contribuer au développement régional et national.

Cette sixième catégorie a été ajoutée en 1994 par l’UICN pour englober les aires à prédominance naturelle « gérées aux fins de protéger leur diversité biologique, de telle sorte qu'elles assurent un flux durable de biens et services à la communauté ». L'essentiel est d'assurer une gestion garantissant, à long terme, la protection et le maintien de la diversité biologique de l'aire. Celle-ci doit, en particulier, répondre aux quatre conditions suivantes pour être rangée dans cette catégorie :

ç elle doit être compatible avec la définition générale des aires protégées ;

ç les deux tiers au moins de sa superficie doivent se trouver dans des conditions naturelles et le rester ;

ç elle ne peut pas comporter de grandes plantations commerciales ;

ç une autorité de gestion doit être en place.

L'interprétation de ces lignes directrices suggère que l'utilisation de la ressource, même à des fins récréatives ou commerciales, peut avoir lieu dans l’aire tout en assurant la viabilité à long terme des objectifs de protection et de maintien de la diversité biologique. Cette viabilité « à long terme » n'implique pas qu'il soit acceptable de sacrifier le « court terme », particulièrement si une utilisation de la ressource devait entrer en conflit avec l'objectif premier des aires protégées.

Toute utilisation des ressources à l'intérieur d'une aire protégée doit évidemment être durable ; aussi, elle ne doit causer aucun tort aux conditions naturelles qui prédominent sur les deux tiers de sa superficie. Les aires de catégorie VI devraient être suffisamment grandes pour absorber l'utilisation durable de la ressource, sans compromettre le maintien à long terme des valeurs naturelles du site.

La prédominance naturelle des aires de catégorie VI les situe entre les catégories III et IV, selon le niveau d'intervention humaine qui leur est reconnu. Sur la base de ce classement et selon l'objectif premier des aires protégées, il ressort que les espaces voués en bonne partie à une exploitation forestière commerciale ne constituent pas véritablement des aires protégées. Pour répondre aux critères de classement de la catégorie VI, l'aire doit demeurer dans sa majeure partie (aux deux tiers) à son état naturel et ne comporter, notamment, aucune coupe ou reboisement massif. Par conséquent, l'exploitation forestière ne pourra s'effectuer que sur une portion mineure de l'aire et selon des modalités d'intervention écologiquement durables, voire plutôt extensives. Une étude plus poussée pourrait éventuellement nous permettre d'inclure dans cette catégorie quelques territoires fauniques actuellement considérés comme des aires de conservation gérées.

En contrepartie, nous apportons un certain assouplissement dans l'interprétation des lignes directrices de l'UICN (1994) quant à l'étendue où l’on pratique une chasse sportive. En cela, la catégorie VI se distingue des catégories II et III par l'inclusion des aires où l'on exploite la ressource faunique. Telle que pratiquée au Québec, cette activité n'altérerait pas le caractère biologique essentiel de l'aire protégée. La chasse sportive (et le piégeage) est contingentée et régie par une loi (Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, L.R.Q., c. C-61.1); elle entraîne des retombées économiques appréciables pour les régions. Outre la pêche sportive, la chasse est la seule activité de prélèvement d'une ressource permise sur l’ensemble de l'étendue de l'aire protégée, alors que toute autre forme d'exploitation du milieu est soit restreinte, interdite ou non applicable.

À l'intérieur de la catégorie VI se trouvent de nombreux habitats insulaires et côtiers fréquentés par les colonies d'oiseaux, les oiseaux migrateurs et la sauvagine en général. Cette catégorie recèle également de nombreux habitats fauniques sur des terres publiques, telles que les aires de mise bas du caribou du nord du 52e parallèle, les héronnières, les vasières ainsi que l'habitat du rat musqué.

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