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La conservation de la biodiversité en changement

Photo : Amélie Denoncourt
 Photo : Sophie Hamel-Dufour
Au Québec, la conservation de la biodiversité est en pleine évolution. La variété des enjeux au nord comme au sud, les changements climatiques, le milieu marin ainsi que l’occupation du territoire posent de nouveaux défis pour la création d’aires protégées. La conciliation des différentes activités d’utilisation des ressources du territoire avec la conservation de la nature est au cœur de ces défis. C’est pourquoi le Québec expérimente actuellement de nouveaux outils de conservation.

Diversifier les approches

Quatre objectifs sont visés :

  • Contribuer davantage à l’efficacité des mesures de conservation prises à l’échelle de vastes écosystèmes, comme la gestion de parcs nationaux, l’aménagement écosystémique ou la planification écologique;
  • Adapter les moyens de conservation de la biodiversité aux enjeux régionaux. Par exemple, en milieu agroforestier, privilégier une aire protégée avec utilisation durable des ressources naturelles;
  • Consolider la protection des territoires en périphérie des aires protégées existantes;
  • Offrir aux collectivités locales des possibilités de protéger leur territoire tout en continuant de pratiquer des activités essentielles au maintien et au développement de leurs localités.

Une nouvelle génération d’aires protégées

Photo : Amélie Denoncourt
 Photo : Amélie Denoncourt
En 2016, l’essentiel du réseau d’aires protégées du Québec est constitué d’aires protégées qui forment ce qu’on appelle des « noyaux de conservation ». Il s’agit, par exemple, de parcs nationaux, de réserves écologiques, de réserves de biodiversité ou de réserves aquatiques. Leur fonction est d’assurer la présence de zones témoins de l’évolution naturelle des différents écosystèmes et espèces sur le territoire. Les activités qu’il est possible d’y pratiquer sont limitées.

Ces noyaux de conservation sont essentiels au maintien des espèces et des processus dynamiques des écosystèmes. Cependant, au sud du Québec, leurs superficies souvent inférieures à 100 km2 limitent leur capacité à protéger des écosystèmes entiers. Pour cette raison, ils ne peuvent être aussi efficaces qu’on le voudrait pour conserver complètement la biodiversité d’un territoire, particulièrement dans les zones fortement habitées ou dans les régions et localités qui vivent principalement de l’exploitation des ressources naturelles.

Pour améliorer la conservation de la nature dans des zones plus utilisées par les communautés, on peut se tourner vers certains types d’aires protégées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En effet, l’UICN a prévu des formes d’aires protégées qui contiennent des zones habitées permettant à des communautés locales de continuer de se développer et d’utiliser de façon durable les ressources naturelles de leur territoire.

Au Québec, la Loi sur la conservation du patrimoine naturel prévoit le statut de paysage humanisé qui peut s’appliquer aux zones habitées où l’on cherche à maintenir et à restaurer la biodiversité naturelle et la biodiversité associée à l’utilisation humaine du territoire.

Ailleurs que dans les zones habitées, il n’existe pas de statut d’aire protégée qui permette de concilier l’utilisation durable des ressources naturelles avec la conservation de la biodiversité sur un même territoire protégé. Le Ministère mène actuellement des travaux de recherche et de développement sur le concept d’« aire protégée polyvalente » en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) et la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq).

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Développement du concept d’aires protégées polyvalentes

Le Québec cherche actuellement à développer de nouveaux outils de conservation. Un de ces outils serait un nouveau type d’aire protégée, soit l’aire protégée polyvalente (APP).

Initiée en 2008, la réflexion entourant le concept d’aire protégée polyvalente avait rejoint de nombreux acteurs des milieux environnementaux, fauniques, forestiers et autochtones, dans le cadre des travaux du groupe de travail sur l’aire protégée de catégorie VI. Présidé par Nature Québec, ce groupe avait pour mandat de déterminer la pertinence de l’aire protégée polyvalente à répondre aux objectifs de conservation et d’utilisation durable des ressources naturelles dans les territoires fauniques structurés du Québec. Le rapport (PDF, 2,4 Mo) publié en 2010 présente des recommandations à l’égard de ce nouvel outil en conservation.

Les orientations stratégiques du Québec (PDF, 1,7 Mo) en matière d’aires protégées adoptées en 2011 ouvrent la porte à une utilisation complémentaire de ce type d’aires protégées qui incluent l’utilisation durable des ressources naturelles. Cette expérimentation s’inscrit dans le contexte où le Québec participe aux travaux de la Convention sur la diversité biologique. Lors de la Conférence des Parties tenue à Nagoya en 2010, les pays membres ont convenu d’augmenter respectivement à 10 % et à 17 % d’ici 2020 la superficie des zones marines et terrestres qui devront faire l’objet de mesures de protection.

Dans le but de mieux définir le concept d’aire protégée polyvalente, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN) et la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) ont initié deux projets pilotes en 2011, chacun dans une réserve faunique (Matane et Mastigouche).

  • Le MDDELCC coordonne cette expérimentation qui s’inscrit dans sa volonté de diversifier les moyens de conserver des territoires.
  • Le MFFP collabore au développement du réseau québécois d’aires protégées. Il contribue, entre autres, à définir de nouveaux statuts d’aires protégées en milieu forestier.
  • Le MERN contribue à enrichir la réflexion quant à la compatibilité des activités d’exploration et d’exploitation des ressources minérales et géologiques avec les objectifs visés par le concept d’aire protégée polyvalente. Il s’intéresse ainsi à l’encadrement de ces activités dans les APP, dans une perspective d’innovation.
  • La Sépaq, pour sa part, souhaite accroître la protection de la faune et des écosystèmes dans les réserves fauniques.

Ces projets pilotes visaient à simuler les changements induits par la création d’aires protégées polyvalentes. Ils ont permis d’évaluer l’applicabilité du concept et de formuler des recommandations quant à l’utilisation de ce nouveau mode de conservation. Un cahier des charges a servi à définir les bases de l’expérimentation du concept d’aire protégée polyvalente dans ces deux réserves fauniques.

Photo : Projet de l’Estran en Gaspésie
Photo : Estran Paysage Humanisé (Gaspésie)

Le concept d’aire protégée polyvalente

Un concept qui soulève de l’intérêt ici et ailleurs

Le concept d’aire protégée polyvalente  Un concept qui soulève de l’intérêt ici et ailleurs