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Développement du concept d’aires protégées polyvalentes

Foire aux questions



Qu’est-ce qu’une aire protégée polyvalente?

L’aire protégée polyvalente est un territoire constitué aux fins de protection et de maintien de la biodiversité dont le but est de rendre hautement compatibles, voire mutuellement bénéfiques, la conservation et l’utilisation durable du territoire, dans le respect des valeurs associées.

Qu’est-ce qu’une aire protégée?
Une aire protégée se définit comme « un territoire, en milieu terrestre ou aquatique, géographiquement délimité, dont l'encadrement juridique et l'administration visent spécifiquement à assurer la protection et le maintien de la diversité biologique et des ressources naturelles et culturelles associées » (Loi sur la conservation du patrimoine naturel, chapitre C-61.01).

Qu’entend-on par la « conservation »?
La conservation de la biodiversité inclut sa préservation – sa protection – sa restauration – et l’utilisation durable des ressources naturelles. 

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Qu’est-ce qu’on veut dire par des activités « mutuellement bénéfiques »?

L’aire protégée polyvalente a pour mission de rendre « mutuellement bénéfiques » les activités de conservation et d’utilisation durable des ressources naturelles. Elle assure que l’ensemble des intervenants du territoire retirent des avantages matériels ou moraux de ces activités. L’aire protégée polyvalente contribue ainsi à conserver la biodiversité tout en mettant en valeur les écosystèmes et les éléments socioculturels caractérisant le territoire sur lequel elle est établie.

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À quoi servent les aires protégées polyvalentes?

Grands complexes d’aires protégées
Les aires protégées polyvalentes visent notamment à consolider le réseau d’aires protégées québécois, composé à la base d’aires protégées strictes comme les parcs nationaux et les réserves de biodiversité. L’utilisation combinée des différentes catégories d’aires protégées, strictes et polyvalentes, permettrait de créer des aires protégées dites « multicatégories » pour conserver de vastes écosystèmes. Afin de conserver efficacement la biodiversité, la superficie de ces zones de conservation devrait être de 2 000 à 5 000 km2. Les aires protégées polyvalentes favoriseraient, avec des notions d’aménagement écosystémique, la connectivité entre les habitats et l’adaptation des espèces aux changements climatiques.

La stratégie de gradient de conservation pour renforcer la résilience écologique d'une région forestière

Tiré de Bélanger et al. (2013a). Adaptation aux changements climatiques du design et de la gestion du réseau d’aires protégées au Québec, 110 p. [Rapport scientifique présenté au Consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques dans le cadre du Programme d’action sur les changements climatiques du gouvernement du Québec].

Création de valeurs économiques
Les aires protégées polyvalentes visent la création de valeurs économiques en misant sur la synergie entre la protection et la mise en valeur des ressources naturelles. Elles permettent de reconnaître le potentiel des activités de conservation et des activités d’utilisation durable des ressources naturelles à être « mutuellement bénéfiques ».

Société et patrimoine
Les aires protégées polyvalentes permettent de tenir compte de l’histoire, de la culture et des aspirations des collectivités locales et autochtones.

Cohabitation et gouvernance
Les aires protégées polyvalentes ont pour mission de favoriser une cohabitation harmonieuse sur le territoire qui implique un partage des responsabilités de gestion. L’adaptation de la gouvernance aux différentes réalités régionales s’avère aussi essentielle. Un plan directeur, incluant la stratégie de conservation, permet d’encadrer la gestion du territoire et d’établir les modes de cohabitation souhaités.

Innovation et démonstration
Les aires protégées polyvalentes sont des lieux d’innovation et de démonstration de pratiques exemplaires. Elles agissent comme une vitrine exposant les meilleures pratiques pour le bénéfice à la fois de l’écologie, de l’économie et de la société.

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Quelles sont les activités permises ou interdites dans une aire protégée polyvalente?

La gestion d’une aire protégée polyvalente ne repose pas sur des normes décrivant les activités permises ou interdites. Elle est plutôt basée sur une approche par enjeux-solutions qui permet d’identifier les pratiques dont les impacts sont susceptibles de porter atteinte aux objectifs de l’aire protégée polyvalente, notamment celui de maintenir ou de restaurer un haut degré de naturalité. La recherche d’activités « mutuellement bénéfiques » à la conservation et à la mise en valeur des ressources naturelles est au cœur des préoccupations dans une APP.
L’exemplarité en développement durable et la minimisation des risques sont également au cœur de la gestion d’une APP.

Qu’en est-il des activités industrielles dans les aires protégées polyvalentes?

La gestion d’une APP permet de mettre en œuvre une approche par enjeux-solutions qui s’adapte à chaque contexte. A priori, elle n’interdit pas les activités industrielles. Elle considère plutôt comme un enjeu les activités dont les impacts sont jugés critiques au regard de l’atteinte des objectifs de conservation de son territoire. Ainsi, les activités industrielles dont les impacts peuvent nuire à l’atteinte des objectifs de conservation seront modifiées ou interdites, alors que celles dont les impacts sont compatibles, voire mutuellement bénéfiques à d’autres activités, constitueront des moyens d’atteindre les objectifs de l’aire protégée.

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L’exploitation des ressources naturelles non renouvelables est-elle possible dans une APP?

Une aire protégée polyvalente vise à restaurer ou à maintenir un haut degré de naturalité du territoire. Elle vise également à favoriser la résilience des écosystèmes, c’est-à-dire leur capacité à s’adapter au changement. Si les conséquences d’une activité d’exploitation des ressources naturelles (renouvelables ou non) sont irréversibles et susceptibles de mettre en péril la résilience des écosystèmes, cette activité serait jugée incompatible avec les objectifs d’une aire protégée polyvalente. Un dialogue serait alors amorcé avec le promoteur afin de trouver des alternatives plus acceptables. Dans le cas où une solution serait trouvée, cette activité pourrait se réaliser à l’intérieur des limites de l’APP, dans le cas contraire, elle pourrait être exclue des limites.

Qu’advient-il en cas de conflit entre conservation et utilisation des ressources naturelles?

Les aires protégées visent prioritairement la conservation de la nature, sans exclure toutefois d’autres objectifs de même importance. En cas de conflit entre conservation et utilisation des ressources naturelles, la compatibilité avec les objectifs de conservation de l’aire protégée polyvalente prime.

Qu’est-ce que le statut d’APP implique pour un territoire?

Pour être officielle, l’aire protégée polyvalente doit d’abord être reconnue par le MDDELCC. Ceci implique alors un engagement à long terme à rechercher l’atteinte d’objectifs de conservation des ressources naturelles et du territoire. La réalisation d’un plan directeur pour le territoire en aire protégée polyvalente permet d’encadrer cette démarche de conservation.

L’APP peut aussi constituer une marque de distinction, soit une sorte de « label », qui garantit que des pratiques écologiques et responsables sont mises en œuvre sur un territoire à long terme. Cette étiquette peut représenter un attrait important pour les différents utilisateurs du territoire.

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Une APP peut-elle remplacer une aire protégée stricte (ex. un parc national ou une réserve de biodiversité)?

L’APP n’a pas la fonction de se substituer à une aire protégée stricte puisque ces deux types d’aires protégées remplissent des rôles à la fois distincts et complémentaires.

L’aire protégée stricte joue un rôle témoin de conservation d’un ensemble d’écosystèmes naturels représentatifs du Québec.

L’APP permettrait de consolider le réseau d’aires protégées en améliorant son efficacité par la constitution de zones de transition entre les aires protégées strictes et le reste du territoire public aménagé. Ces zones de transition créent en même temps une gradation dans le niveau de conservation et d’utilisation des ressources naturelles.

De plus, la juxtaposition d’aires protégées strictes et d’APP favorise la création de vastes ensembles d’aires protégées composées de différentes catégories d’aires protégées, dont les rôles sont complémentaires, qui sont aussi appelées « aires protégées multicatégories ».

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L’APP joue-t-elle son rôle au regard de ses objectifs de conservation?

La gestion d’une aire protégée polyvalente est basée sur une approche de résolution de problème dite par « enjeux-solutions ». Elle repose donc sur l’identification des problèmes et des opportunités de conservation et d’utilisation des ressources naturelles d’un territoire afin de leur trouver des solutions ou bien de souligner les occasions à saisir.

Par exemple, une activité dont les répercussions peuvent nuire aux objectifs de conservation de l’APP comme celui d’atteindre un haut degré de naturalité devra faire l’objet d’une recherche d’alternatives ou de mesures de mitigation.

La reddition de comptes exigée dans le cadre de la gestion de l’APP permettra aussi de vérifier si les activités permises répondent aux objectifs fixés dans le plan directeur. Dans le cas où les activités réalisées ne respectent pas ces objectifs, une révision de la désignation pourrait entraîner le retrait de la reconnaissance d’APP sur le territoire en question. 

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