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Répertoire des aires protégées et des aires de conservation gérées au Québec, 1999 (suite)

DEUXIÈME PARTIE : Aires protégées et désignations québécoises

2.1 Désignations québécoises des aires protégées 

  1. Habitat d'une espèce menacée ou vulnérable

  2. Habitat faunique

  3. Milieu marin protégé

  4. Milieu naturel protégé par une institution scolaire

  5. Parc de la Commission de la capitale nationale (Canada)

  6. Parc d'intérêt récréotouristique et de conservation

  7. Parc et lieu historique national

  8. Parc national et réserve de parc national

  9. Parc québécois

  10. Parc régional urbain

  11. Refuge d'oiseaux migrateurs

  12. Refuge faunique

  13. Réserve écologique

  14. Réserve nationale de faune

  15. Rivière à saumon (bande riveraine)

  16. Site protégé par la Fondation de la faune du Québec

  17. Site protégé par une charte d'organisme privé

2.2 Liste des aires protégées selon leur désignation québécoise

2.3 Synthèse de la répartition des aires protégées au Québec


2.1 Désignations québécoises des aires protégées

Quelque 1 100 aires protégées se répartissent dans 17 désignations québécoises. Les principales aires ont été nommées dans la section précédente selon la classification de l'UICN (1994). Cette section servira à dresser une liste complète des aires en fonction des expressions les plus utilisées au Québec. Nous ferons une brève description de ces désignations quant à leurs vocations, caractéristiques et activités qui y sont pratiquées.

1. Habitat d'une espèce menacée ou vulnérable

Les habitats d’espèces menacées ou vulnérables concernent tant les espèces désignées que les espèces susceptibles d’être désignées, en conformité avec la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables (L.R.Q., c.E-1201). Mentionnons qu’une espèce est considérée menacée lorsque sa disparition est appréhendée et vulnérable lorsque sa disparition n’est pas appréhendée.

À ce jour, 19 espèces floristiques ont été désignées menacées ou vulnérables. Pour 13 de ces espèces, 27 habitats sont identifiés au règlement. Des restrictions sévères s’appliquent aux activités pouvant être exercées dans ces habitats; sauf pour les exceptions prévues au règlement, toute activité d’exploitation des ressources (faunique, forestière, minière, énergétique) ou même d’exploration est interdite. Par conséquent, nous classons chacun de ces habitats dans la catégorie Ia. Toutefois, la majorité de ceux-ci se retrouvent déjà à l’intérieur d’aires protégées (parc national, parc québécois, réserve écologique) appartenant parfois à une autre catégorie de l’UICN; cela constitue ainsi une enclave de protection spécifique de sévérité plus grande.

Peuvent aussi être considérés comme habitats d’une espèce menacée ou vulnérable, les habitats qui abritent une espèce désignée ou susceptible de l’être, tels que : a) une aire administrée par une entente de conservation, et b) une aire incluse dans une autre aire protégée. Par exemple, on trouve de ces habitats dans plus de 150 aires protégées, tels des habitats fauniques, des refuges d’oiseaux migrateurs, des réserves écologiques et des parcs municipaux. Dans ces cas, les habitats situés à l’intérieur d’aires protégées se voient attribuer la même catégorie de l’UICN.

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2. Habitat faunique

On accorde à ce milieu une importance particulière puisqu'une ou plusieurs espèces y accomplissent une étape essentielle de leur cycle vital. Le Règlement sur les habitats fauniques de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., chapitre c-61.1), en vigueur depuis 1993, permet de conserver plusieurs milieux qui se trouvent sur les terres publiques en ayant le pouvoir d'autoriser ou non, au préalable, une activité. Près de 700 habitats ont été cartographiés à ce jour et ils bénéficient de mesures diverses de protection. Sur les 11 types d'habitats décrits au règlement, seuls l'habitat du poisson et l’habitat d'une espèce faunique menacée et vulnérable n'ont pas l’obligation d’être cartographiés.

La désignation d'un habitat faunique vise, généralement, à protéger l'habitat d'une espèce ou d'un groupe d'espèces particulier. Ainsi, selon les besoins vitaux de l'animal ou la vulnérabilité face au dérangement, la réglementation sera plus restreignante lors de certaines périodes critiques (nidification, hivernage). En dehors de ces périodes, on peut exercer, dans de nombreux cas, des activités liées à l'exploration des ressources naturelles ainsi que des activités d'aménagement forestier, dans la mesure où ces activités ne nuisent aucunement à l'espèce visée. Toutes ces activités sont assujetties à certaines conditions prévues par règlement sur les habitats fauniques. On peut également y exploiter la faune (chasse, pêche, piégeage).

A priori, nous convenons que toute forme d'exploitation du milieu à l'intérieur d'un habitat faunique ne doit pas contrevenir à l'objectif premier des aires protégées. Cette prémisse pourrait toutefois être réfutée à la suite d'une analyse plus fine de chacun des habitats fauniques. Pour les fins de ce travail, à l’exception de l’habitat du poisson, leur classement à l'intérieur des catégories de l'UICN s'est effectué par groupe d'habitats (aire de concentration d'oiseaux aquatiques, colonie d'oiseaux sur une île ou une presqu'île, héronnière, aire de confinement du cerf de Virginie, etc.). Par conséquent, en raison des activités de prélèvement possible des ressources, la plupart des types d'habitat faunique ont été classés dans la catégorie VI. Toutefois, pour les colonies d'oiseaux sur falaise, des conditions environnementales ou réglementaires particulières ont pour effet de les soustraire à toute intervention humaine; ainsi, la catégorie Ia leur a été attribuée. Les aires de confinement du cerf de Virginie ont pour leur part été classées dans la catégorie IV à cause de l'intervention humaine active (aménagement sylvicole) que doit nécessiter ce type d'habitat pour se maintenir.

Règle générale, l’habitat du poisson n’est pas considéré comme une aire protégée puisque les multiples activités qui s’y pratiquent ne rencontrent pas les critères de classement de l’UICN (1994). Par contre, l’habitat du poisson des lacs et cours d’eau à l’intérieur d’une aire protégée se voit attribuer la même catégorie de l’UICN que l’aire elle-même, à moins d’une exclusion formelle. En d’autres mots, les plans d’eau du Québec se voient habituellement accorder ou non un statut de protection selon l’affectation du territoire environnant.

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3. Milieu marin protégé

Les milieux marins protégés visent la conservation et la protection des ressources marines vivantes et de leur habitat. Au Québec, le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent est l’unique milieu marin protégé. Ce parc a été créé en vertu d’une entente Canada - Québec dont la mise en oeuvre a été confiée au ministère du Patrimoine canadien et de la Société de la faune et des parcs du Québec. Une loi québécoise spécifique a été adoptée pour la création de ce parc, comme ce fut aussi le cas pour le gouvernement du Canada.

La conservation des ressources naturelles et des écosystèmes marins constitue le principal objectif du parc marin du Saguenay—Saint-Laurent. Certaines activités comme l’exploitation minière sous-marine, l’exploration et l’exploitation du pétrole et du gaz, et le déversement en mer sont interdites. Par ailleurs, de nombreuses autres activités, consommatrices et non consommatrices, peuvent s’y pratiquer, telles que la pêche, la récolte de mollusques, la plongée sous-marine et la navigation de plaisance. A priori, ces activités sont jugées compatibles avec la dimension de conservation. Les objectifs de gestion du parc marin ont motivé le classement de ce site dans la catégorie II de l’UICN. Toutefois, des informations additionnelles sur les activités permises pourraient justifier, éventuellement, une révision de ce classement.

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4. Milieu naturel protégé par une institution scolaire

Le seul milieu naturel protégé par une institution scolaire qui puisse également être considéré comme une aire protégée est le Centre de conservation de la nature du Mont-Saint-Hilaire. Appartenant à l'Université McGill, ce site exceptionnel détient également les statuts de « Réserve de la biosphère » et de « Refuge d'oiseaux migrateurs ». Près de la moitié (5 km2) de ce site est dédiée exclusivement à la protection intégrale et à la recherche scientifique (catégorie Ia); l'autre portion est accessible aux visiteurs pour leurs loisirs, dont la randonnée pédestre (catégorie III).

5. Parc de la Commission de la capitale nationale (Canada)

La Commission de la capitale nationale (Canada) est un organisme paragouvernemental fédéral. Cet organisme administre, notamment, le parc de la Gatineau (catégorie II). Celui-ci s'est doté d'une triple vocation de conservation, d'interprétation et de récréation qui s'accompagne d'un plan de zonage divisant le territoire en cinq secteurs. La faune, la flore et les ressources géologiques y sont protégés. Ainsi, toute forme de chasse est interdite, de même que toute forme de cueillette, de prélèvement ou de modification de l'environnement naturel. Selon les secteurs désignés, le camping, la baignade, le cyclisme, la randonnée pédestre et les sports d'hiver sont permis.

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6. Parc d'intérêt récréotouristique et de conservation

Il existe une trentaine de ces parcs au Québec, généralement de très petite superficie (< 5 km2). Le tiers d'entre eux contient des éléments naturels exceptionnels du fait de leur qualité esthétique (chute d'eau, gorge). Les boisés naturels et les marécages situés à proximité des milieux urbanisés constituent cependant l'essentiel des parcs d'intérêt récréotouristique et de conservation. Les municipalités, principaux gestionnaires de ces parcs, veillent à leur conservation et à leur mise en valeur grâce à des activités éducatives et récréatives. Ils font partie de la catégorie III de l'UICN.

7. Parc et lieu historique national

Un lieu historique national est un endroit désigné à cause de son importance dans l'histoire du pays. Ces lieux historiques sont créés en vertu de lois fédérales, notamment, de la Loi sur les lieux et monuments historiques (S.R.C., ch. H.4). Cela n'en fait pas automatiquement une aire naturelle protégée puisque la vocation de conservation d'éléments naturels doit composer avec la vocation historique d'un tel site et représenter une superficie importante.

Au Québec, une île de l'archipel de Montmagny, nommée « La Grosse Île », est un bel exemple de lieu historique national. L'île est majoritairement boisée, représentative de l’érablière laurentienne. Elle est également riche d'un patrimoine historique car elle fut jadis l'île de la quarantaine pour les immigrants et, par la suite, pour les animaux domestiques.

Cette île a été acquise par Parcs Canada et est administrée par la Corporation de la mise en valeur de La Grosse Île. Les activités récréotouristiques sont contrôlées. Les espaces aménagés (cimetières et bâtiments) couvrent moins du tiers de l'île. Celle-ci fait partie de la catégorie III de l’UICN.

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8. Parc national et réserve de parc national

La constitution des parcs nationaux relève de l'autorité du gouvernement fédéral. Ceux-ci sont créés en vertu de la Loi sur les parcs nationaux (S.R.C., c.N-13). De plus, la Loi sur le parc Forillon et ses environs (L.R.Q. c.P-8), ainsi que la Loi sur le parc de la Mauricie et ses environs (L.R.Q., c.P-7), autorisent le gouvernement du Canada de la libre jouissance des lieux. La création de parcs nationaux vise à conserver des milieux naturels représentatifs de grandes régions naturelles canadiennes pour le bénéfice des générations actuelles et futures, et à favoriser des activités de plein air, d'éducation et d'interprétation de la nature. Cet objectif de gestion permet de classer ces aires protégées dans la catégorie II de l'UICN.

À l'exception de la pêche sportive, aucune forme d'exploitation et de prélèvement des ressources n'est permise à l'intérieur du périmètre d'un parc national. La préservation de l'intégrité écologique est donc un objectif prioritaire dans les parcs nationaux alors que l'aspect récréatif vient au second plan.

9. Parc québécois

Les parcs québécois sont sous l'autorité de la Société de la faune et des parcs du Québec et sont créés en vertu de la Loi sur les parcs (L.R.Q., c.P-9). Ils se partagent en deux grandes catégories : les parcs de conservation et les parcs de récréation. Les premiers sont voués à la conservation et la protection permanente de territoires représentatifs des régions naturelles du Québec ou de sites naturels à caractère exceptionnel (Miguasha, Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé), tout en les rendant accessibles au public à des fins d'éducation et de récréation extensive. Les parcs de récréation visent également à protéger des territoires représentatifs du patrimoine naturel québécois tout en favorisant la pratique d'une variété d'activités récréatives de plein air (ski de fond, ski alpin, randonnée pédestre, etc.); les aménagements récréatifs plus élaborés ne constituent qu'une petite portion de l'aire totale protégée.

Toute forme de prospection, d'utilisation et d'exploitation des ressources forestières, minières ou énergétiques, de même que la chasse et le piégeage sont prohibés à l'intérieur d'un parc québécois. Le passage d'oléoduc, de gazoduc et de ligne de transport d'énergie y est aussi interdit, à moins que ces équipements ne soient en place avant la constitution du parc. En matière de prélèvement des ressources, seules la pêche et la cueillette de produits végétaux comestibles sont autorisées. Ces deux activités sont toutefois assujetties de conditions et de restrictions d'utilisation.

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10. Parc régional urbain

Les parcs régionaux urbains, désignés à ce jour, sont des territoires protégés au sens de l'article 156 de la Loi sur la communauté urbaine de Montréal (L.R.Q., c.C-37.2). Situés sur l'île de Montréal, ils sont aussi connus sous l'expression de « parcs-nature ». Bien que la Communauté urbaine de Montréal possède neuf de ces parcs, uniquement sept d'entre eux sont qualifiés d'aires naturelles protégées (catégorie III); seuls ces parcs possèdent une aire naturelle prépondérante (boisé, marécage, cours d'eau) à l'intérieur de leur aire protégée.

Ces aires d'une importance exceptionnelle du fait de leur richesse en diversité biologique et de leur rareté en milieu urbain sont administrées aux fins de conservation et d'éducation. L'accès au public est libre mais les aménagements récréatifs sont restreints. La plupart de ces parcs sont situés en périphérie de l'Île de Montréal ; la pêche récréative est donc permise dans les eaux fluviales pour deux d'entre eux (de l’Anse-à-l'Orme et du Bois-de-l'Île-Bizard).

11. Refuge d'oiseaux migrateurs

Les refuges d'oiseaux migrateurs sont créés en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (S.R.C., c.M-7). Bien que les territoires appartiennent au gouvernement du Québec, ils sont administrés par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada et ont pour but de protéger les oiseaux migrateurs et les lieux importants de rassemblement durant la migration et la reproduction. La réglementation interdit la chasse et l'exercice d'une activité nuisible aux oiseaux migrateurs, à leurs œufs, à leurs nids ou à leur habitat, à moins de détenir un permis délivré à ces fins. Par activité nuisible, on entend notamment toute forme d'exploitation des ressources et d'occupation du sol. Les besoins de protection des oiseaux migrateurs peuvent conduire jusqu'à l’interdiction de l'accès aux refuges.

Vingt-sept refuges d'oiseaux migrateurs sont qualifiés d'aires naturelles protégées au Québec. Ils ont des superficies fort variables, allant de 0,17 à 113 km2. Mis à part les refuges de la Baie Boatswain, du Mont-Saint-Hilaire et de Philipsburg, tous sont situés le long du fleuve et du golfe du Saint-Laurent. Certains refuges d'oiseaux migrateurs bénéficient d'une protection supplémentaire du fait qu'ils sont rattachés à d'autres désignations québécoises (parc national, parc québécois, réserve nationale de faune). Ceci explique, en bonne partie, le classement non uniforme de ces refuges à l'intérieur des catégories de l'UICN puisque nous en retrouvons dans presque toutes les catégories, principalement dans les catégories I et III.

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12. Refuge faunique

Il s'agit d'une unité territoriale constituée en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c.C-61.1). Celle-ci vise à reconnaître la valeur exceptionnelle de certains habitats de qualité et à assurer leur conservation, en permettant notamment de fixer des conditions d'utilisation particulières et très spécifiques pour ces sites.

Ces refuges ont de petites dimensions et peuvent se retrouver dans des lieux tant publics que privés. Les activités récréatives liées à la faune y sont permises dans la mesure où elles sont compatibles avec les objectifs de création du refuge faunique.

À ce jour, le Québec a désigné cinq refuges fauniques, habitats de qualité uniques à l'échelle régionale ou provinciale et supportant une faune riche et diversifiée. Au-delà de la protection accordée à tout habitat faunique, le statut de refuge faunique permet, en outre, d'en préserver l'intégrité et de reconnaître sa grande valeur.

Après une étude cas par cas, ces cinq refuges furent classés dans trois catégories différentes de l'UICN. Seul celui du Barachois-de-Carleton n'est soumis à aucune exploitation de ressources ni d'activités récréotouristiques (catégorie III). Par ailleurs, on doit intervenir activement, par l'endiguement, pour préserver l'habitat du refuge faunique Marguerite-D'Youville (catégorie IV). Enfin, la chasse sportive à la sauvagine est permise, à l'automne, à l'intérieur du refuge faunique de la Grande-Île et de la Pointe-de-l’Est (catégorie VI).

13. Réserve écologique

Les réserves écologiques sont constituées par décret gouvernemental en vertu de la Loi sur les réserves écologiques (L.R.Q., c.R-26.1) du ministère de l'Environnement du gouvernement du Québec. On compte actuellement 58 réserves et l'objectif principal est la conservation intégrale et permanente d'échantillons de milieux terrestres et de milieux humides représentant la diversité de la richesse écologique et génétique de notre patrimoine naturel. En plus de garantir la protection de milieux naturels, les réserves écologiques visent des objectifs de recherche scientifique, d'éducation et de sauvegarde des espèces menacées ou vulnérables de la flore et de la faune.

De tous les territoires protégés, le statut de réserve écologique est certes celui qui présente les restrictions et les prohibitions les plus sévères. Les réserves écologiques sont soustraites à toute forme d'exploration, d'exploitation des ressources naturelles et d'occupation du sol. L'accès aux réserves écologiques est limité aux activités de gestion, de recherche ou d'éducation et doit faire l'objet d'autorisations spéciales qui visent à assurer l'intégrité écologique de ces sites.

Les réserves écologiques constituent, de plus, un point de référence pour évaluer les effets sur l'environnement des activités humaines sur le territoire québécois. Dans un objectif de développement durable, cet outil de connaissance est essentiel pour une meilleure utilisation du territoire régional et de ses ressources.

Ces réserves ont une superficie ne dépassant généralement pas 10 km2. Elles présentent toutes des caractéristiques écologiques distinctives : une île, un marécage, une tourbière, une forêt, un bassin hydrographique, etc. Toutes ces réserves sont classées dans la catégorie Ia de l'UICN.

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14. Réserve nationale de faune

Une réserve nationale de faune est créée par le gouvernement fédéral pour protéger un habitat spécial considéré comme essentiel à la survie de diverses espèces d'oiseaux migrateurs, d'animaux et de plantes du Canada. Ces réserves sont administrées par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada et sont protégées en vertu de la Loi sur les espèces sauvages du Canada (L.R. (1985) ch W/9).

Ces réserves sont constituées en grande partie de milieux humides diversifiés (marais, marécages, lagunes, plaine côtière) et très productifs. Des espèces tels la grande oie des neiges, le canard noir, le canard chipeau, l'eider à duvet, le tournepierre à collier et même des espèces rares tels le pluvier siffleur et le grèbe cornu trouvent en ces milieux des habitats essentiels à leur survie. Évidemment, elles abritent nombre de plantes susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables.

Pour l'ensemble des réserves nationales de faune - on en compte huit au Québec - l'exploitation forestière et énergétique n'est pas permise. Toutefois, l'utilisation récréative de la faune (chasse sportive) et l'utilisation récréotouristique varient d'une réserve à une autre. Les réserves où la chasse aux oiseaux migrateurs est autorisée, soit la majorité, ont été classées dans la catégorie VI de l'UICN. Par ailleurs, les réserves des Îles-de-la-Paix et de Pointe-au-Père connaissent une activité récréotouristique plus importante (catégorie III) que la réserve nationale de faune des Îles-de-l'Estuaire (catégorie Ia). À noter que les réserves nationales de faune de l'Isle-Verte, des Îles-de-la-Paix et des Îles-de-l'Estuaire sont, en partie ou en totalité, incluses dans des refuges d'oiseaux migrateurs.

15. Rivière à saumon (bande riveraine)

Au Québec, il existe 162 rivières, auxquelles s’ajoutent une trentaine de lacs et de ruisseaux, qui ont été désignées rivières à saumon en vertu du Règlement de pêche du Québec (1990). Ce statut s’applique à la portion de rivière ou de ses tributaires accessible au saumon, soit jusqu’à un obstacle infranchissable connu. Près de 75 % des rivières à saumon se trouvent sur la Côte-Nord (incluant l’Île d’Anticosti) et en Gaspésie. L’exploitation de cette ressource fait l’objet d’un contrôle et d’un suivi par la Société de la faune et des parcs du Québec. De plus, afin de préserver la qualité de cet habitat, les bandes riveraines sont habituellement protégées sur une largeur de 60 mètres de chaque côté de la rivière en vertu de la Loi sur les forêts (L.R.Q., c.F-4.1, art. 28.2). Notamment, on ne peut y effectuer d'activités d'aménagement forestier sans l’autorisation du ministre des Ressources naturelles du Québec. La superficie estimée de ces bandes riveraines a été comptabilisée parmi les superficies protégées.

Puisque l'utilisation des autres ressources, notamment fauniques, est permise à l'intérieur d’une rivière à saumon, nous avons classé cette aire protégée dans la catégorie VI de l'UICN.

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16. Site protégé par la Fondation de la faune du Québec

La Fondation de la faune du Québec est un organisme sans but lucratif qui relève du ministre responsable de la Faune et des Parcs. La majeure partie des revenus de la Fondation provient de la vente des permis de chasse et de pêche. Celle-ci procède à l'achat de terres à des fins de protection et contribue à des projets d'aménagement pour remettre en bon état des sites dégradés.

La Fondation contribue également au financement de plusieurs projets réalisés par des sociétés de conservation privées. À ce titre, plus de la moitié des 27 sites protégés font l'objet d'une entente conclue avec les propriétaires concernés.

Les sites protégés par la Fondation sont soustraits à l'exploitation forestière, minière, gazière et énergétique (incluant la tourbe). Toutefois, la chasse est permise sur la majorité des sites, ce qui justifie leur classement dans la catégorie VI de l'UICN. Par ailleurs, certains marais nécessitent une intervention active telle que l'endiguement ou l'ensemencement de terres agricoles afin de maintenir leur productivité; il en va ainsi pour Baie-du-Febvre, Marguerite-D'Youville et le marais Léon-Provancher. Ces derniers sont classés dans la catégorie IV de l'UICN.

17. Site protégé par une charte d'organisme privé

Les organismes privés sont constitués de sociétés et de fiducies foncières vouées à la conservation de milieux naturels. Ces milieux, majoritairement des petites îles dans le bassin du Saint-Laurent, sont protégés en vertu d'ententes signées garantissant leur vocation de conservation à perpétuité. Pour 60 % de ces aires, leur protection est telle (aucune exploitation de ressources, aucune activité récréotouristique) qu'il est justifié de les classer dans la catégorie Ia de l'UICN. De plus, quelques sites jouissent d'une protection supplémentaire assurée, soit par la Fondation de la faune du Québec, soit par le Service canadien de la faune (refuge d'oiseaux migrateurs) ou encore par la Société de la faune et des parcs du Québec (refuge faunique).

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