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Répertoire des aires protégées et des aires de conservation gérées au Québec, 1999 (suite)

TROISIÈME PARTIE : Aires de conservation gérées et désignations québécoises

3.1 Définition d'une aire de conservation gérée 
3.2 Désignations québécoises des aires de conservation gérées in situ

  1. Aire faunique communautaire

  2. Forêt d'enseignement et de recherche (FER)

  3. Forêt d'expérimentation

  4. Pourvoirie avec droits exclusifs

  5. Réserve faunique

  6. Station forestière

  7. Zone d'exploitation contrôlée (ZEC)

  8. Zone d'interdiction de chasse (ZIC)

3.2.1 - Liste des aires de conservation gérées in situ selon leur désignation Québec
3.2.2 - Synthèse de la répartition des aires de conservation gérées in situ au Québec

3.3 Désignations québécoises des aires de conservation gérées ex situ


3.1 Définition d'une aire de conservation gérée

Les aires de conservation gérées sont des territoires délimités (in situ) ou même des établissements (ex situ) dont la vocation particulière contribue à la conservation de la diversité biologique au Québec. En général, l'affectation première du territoire est destinée à une utilisation intensive des ressources naturelles. Toutefois, on y fait une gestion plus fine d'un ou de plusieurs éléments de la biodiversité, en particulier pour les espèces fauniques exploitées; il en va ainsi pour les zones d’exploitation contrôlée et les réserves fauniques. Ces aires ne peuvent être qualifiées d'aires protégées puisqu'elles ne sont pas vouées prioritairement à la protection et au maintien de la diversité biologique.

La contribution à la conservation de la diversité biologique se présente sous différentes formes. La recherche afin d'augmenter nos connaissances sur la diversité biologique dans une réserve faunique, l'expérimentation et l'enseignement de pratiques forestières plus durables dans une station forestière et l'éducation du public dans les jardins botaniques et zoologiques sont autant de moyens déployés pour aider à la conservation de la diversité biologique.

3.2 Désignations québécoises des aires de conservation gérées in situ

1. Aire faunique communautaire

L'aire faunique communautaire se définit comme étant un plan d'eau public (lac ou rivière) faisant l'objet d'un bail de droits exclusifs de pêche à des fins communautaires, dont la gestion est confiée à une corporation sans but lucratif. Ces droits exclusifs sont donnés par la Société de la faune et des parcs du Québec, en vertu de l'article 86 de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Le territoire visé par le bail nécessite des mesures particulières de gestion afin d'y assurer la conservation et la mise en valeur de la faune aquatique. Ainsi, les gens du milieu, notamment les utilisateurs pêcheurs du plan d'eau, participent à la remise en état des populations d'espèces sportives ou de leur habitat, ou à la préservation du milieu. Ce concept de gestion vise l'adoption de mesures de conservation tout en permettant une grande accessibilité au plan d'eau.

Relativement nouveau, ce mode de gestion est actuellement appliqué à seulement deux vastes plans d'eau au Québec, soit le Lac Saint-Jean et le Réservoir Baskatong, totalisant ainsi 1 414 km² de territoire.

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2. Forêt d'enseignement et de recherche (FER)

Une forêt d'enseignement et de recherche est constituée par le ministre des Ressources naturelles à même les réserves forestières. Elle a pour vocation de favoriser l'enseignement pratique et la recherche appliquée en foresterie. La gestion d'une forêt d'enseignement et de recherche est généralement confiée à une institution d'enseignement. Ainsi, au Québec, on dénombre 16 forêts d'enseignement et de recherche. Leur superficie individuelle dépasse rarement 40 km².

3. Forêt d'expérimentation

Une forêt d'expérimentation est constituée par le ministre des Ressources naturelles dans le but de favoriser le progrès des sciences forestières. Celle-ci ne doit pas excéder 500 hectares (5 km²) et elle peut, avec l'accord du bénéficiaire du contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF), être constituée à l'intérieur d'une unité d'aménagement. Sur le territoire d'une forêt d'expérimentation, les seules activités d'aménagement forestier permises sont des activités reliées à la recherche et à l'expérimentation.

On dénombre au Québec plus de 600 forêts d'expérimentation dont la superficie cumulée n'excède pas 300 km². Les sujets d'expérimentation et de recherche portent notamment sur des plantations, des études de régénération, des améliorations génétiques, des pratiques forestières, les pluies acides et autres stress environnementaux comme les épidémies de tordeuses, etc.

4. Pourvoirie avec droits exclusifs

Les pourvoiries sont des entreprises qui offrent, contre rémunération, de l'hébergement et des services ou de l'équipement pour la pratique récréative de la chasse, de la pêche ou du piégeage. Les pourvoiries avec droits exclusifs sont celles qui ont l'exclusivité de l'exploitation de la faune sur un territoire donné en vertu d'un bail de droits exclusifs de chasse, de pêche ou de piégeage signé avec la Société de la faune et des parcs du Québec. Les territoires qui leur sont accordés font l'objet d'une affectation faunique particulière, au même titre que les réserves fauniques et les zones d'exploitation contrôlée (ZEC).

On compte au Québec quelque 190 pourvoiries avec droits exclusifs. Celles-ci couvrent près de 24 000 km² de territoire et environ 1 100 km linéaires de rivières à saumon. La plupart d'entre elles ont une superficie de moins de 200 km², les plus petites se situant généralement près des centres urbains. Ces dernières diversifient de plus en plus leur produit pour l’adapter aux besoins des familles en offrant, notamment, des activités de plein air.

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5. Réserve faunique

Les réserves fauniques sont des territoires voués à la conservation, à la mise en valeur et à l'utilisation de la faune. Ces territoires sont sous la responsabilité de la Société de la faune et des parcs du Québec, en vertu de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune (L.R.Q., c.C-61.1). Toutefois, l'offre des activités et des services commerciaux est principalement assurée par la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), sauf dans le cas des réserves fauniques situées sur des rivières à saumon, où des organismes du milieu voient à l'offre de ces activités et des services. La Société de la faune et des parcs du Québec doit approuver les plans de gestion spécifique de l'utilisation de la faune réalisés par les délégataires et assurer un suivi et un contrôle des prélèvements de cette ressource pour chacune des réserves fauniques.

Au nombre de 22, les réserves fauniques couvrent une superficie totalisant près de 68 000 km² et renferment près de 500 km linéaires de rivières à saumon. On y pratique principalement des activités de chasse et de pêche, de même que d'autres activités de plein air comme le ski de randonnée et le canot-camping. Elles se prêtent à l'occasion à des expérimentations en matière de foresterie ainsi qu'à des recherches sur la faune et ses habitats. Les réserves fauniques sont des territoires du domaine public où s'effectuent également des activités d'exploitation de ressources forestières, minières ou hydroélectriques.

6. Station forestière

La station forestière de Duchesnay est l'unique station forestière au Québec. Elle couvre une superficie de 90 km². Cette station est constituée par le ministre des Ressources naturelles du Québec à même les réserves forestières. Une réserve forestière est une aire forestière où ne s'exerce aucun contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF), mais qui peut néanmoins faire l'objet d'aménagements forestiers par le ministre des Ressources naturelles. Une station forestière est créée dans le but de regrouper sur un même territoire l'exercice de plusieurs des fonctions liées aux forêts d'enseignement et de recherche (FER) et aux forêts d'expérimentation. Effectivement, on compte plus de 20 forêts d'expérimentation à la station forestière de Duchesnay. Ensemble, elles totalisent près de 15 km² de territoire, soit 1/6 de la superficie de cette station. Les activités d'aménagement forestier qui s'exercent dans une station forestière comme dans toute autre réserve forestière doivent respecter la possibilité annuelle de coupe à rendement soutenu.

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7. Zone d'exploitation contrôlée (ZEC)

Une zone d'exploitation contrôlée (ZEC) est créée, par arrêté ministériel (article 104 de la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune). Ce statut est accordé lorsqu’un organisme désire s’impliquer dans la mise en valeur et la conservation de la faune. Le potentiel faunique doit être suffisant pour permettre la pratique de la chasse et de la pêche. Ainsi, une ZEC fait l'objet d'un contrôle supplémentaire en matière d'exploitation de la faune (plan de gestion, quotas de prélèvement). De plus, elle est gérée bénévolement par des associations à but non lucratif, grâce à une délégation de gestion par le biais d'un protocole d’entente signé avec la Société de la faune et des parcs du Québec.

Ce territoire est dédié à des fins d'aménagement, d'exploitation ou de conservation de la faune ou d'une espèce faunique (ex.: le saumon). Les gestionnaires (membres usagers et organismes du milieu) voient à assurer le suivi et le contrôle de l'exploitation de la faune et à permettre l'utilisation récréative de la faune de façon équitable à tous les usagers. Ils doivent aussi assurer l'autofinancement de leurs activités par l'émission de droits d'accès journaliers, par la vente de cartes de membre et de forfaits.

Le territoire québécois comprend actuellement 84 ZEC dont 62 de chasse et de pêche, 21 ZEC de pêche au saumon et une ZEC de chasse à la sauvagine. Ces ZEC totalisent près de 48 000 km² et quelque 1 600 km linéaires de rivières à saumon.

8. Zone d'interdiction de chasse (ZIC)

Les zones d'interdiction de chasse sont des sites de repos et d'alimentation pour la sauvagine et autres oiseaux aquatiques. Ces zones sont constituées en vertu de la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs. La chasse y est prohibée pendant toute la saison officielle de chasse en vertu de la réglementation en vigueur. En d'autres temps, aucun statut de protection n'est appliqué par le Service canadien de la faune. Toute autre forme d'exploitation est possible dans ces habitats.

La pertinence de maintenir cette interdiction ou de l'appliquer à d'autres zones est régulièrement révisée par le Service canadien de la faune. Les zones d'interdiction de chasse n'ont donc pas le caractère permanent des refuges d'oiseaux migrateurs.

Au Québec, il y a actuellement 14 ZIC. Elles sont toutes situées dans le fleuve et le golfe du Saint-Laurent, sauf trois qui se trouvent en Montérégie et en Estrie.

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