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Espèces exotiques envahissantes

Myriophylle à épi

Le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum) est une plante aquatique envahissante originaire de l’Europe, de l’Asie et du Nord de l’Afrique. Il pousse sous l’eau et produit des épis de fleurs émergents. Il peut former des herbiers denses à des profondeurs allant de 1 à 10 mètres. Ses tiges atteignent la surface quand il pousse à moins de 5 mètres de profond. Il forme alors une canopée dense à la surface de l’eau.

Le myriophylle est présent au Québec depuis au moins 1927. Les lests des navires, puis les aquariophiles et les amateurs de jardins d’eau l’ont probablement introduit. La navigation de plaisance et les activités récréatives le propagent facilement. Sa répartition exhaustive est inconnue, mais il est toutefois présent dans près de 110 plans d’eau (PDF, 1,5 Mo).

Cette plante exotique envahissante tolère une grande variété de conditions de croissance et de substrats. Elle pousse dans les lacs, les étangs, les rivières, les milieux humides et les canaux et autres plans d’eau artificiels. Sa croissance est maximale dans les lacs à substrats fertiles et à texture fine, quand la luminosité est élevée et les eaux, riches en nutriments. Le myriophylle à épi affectionne les eaux alcalines, dont le pH est de 8 ou 9. Il peut pousser dans des zones initialement dépourvues de végétation.

Les stolons, les racines et les pousses basses de la plante persistent tout l’hiver et la croissance débute au printemps quand la température de l’eau atteint 15 ͦ C. La croissance du myriophylle à épi est rapide et hâtive, ce qui l’avantage par rapport aux plantes indigènes.


Azote vs phosphore

L’azote est l’élément important dans la croissance du myriophylle à épi. Il a besoin de peu de phosphore pour survivre et proliférer. L’abondance du phosphore dans un lac ne favorise  pas son développement, contrairement à ce que l’on pourrait penser. La plante peut se développer dans des eaux peu polluées et pauvres en nutriments. Les racines peuvent capter le phosphore et les nutriments des sédiments, qui sont libérés dans la colonne d’eau quand ses tiges meurent à l’automne.

Impacts

Le myriophylle à épi compétitionne avec les plantes indigènes pour la lumière et les nutriments quand il forme de grandes colonies mono spécifiques. Cela entraîne une perte de biodiversité dans les cours d’eau et les plans d’eau du Québec. Le myriophylle peut former une canopée dense qui bloque la pénétration des rayons lumineux en profondeur et nuit aux autres plantes submergées.

Les petits herbiers de myriophylle à épi peuvent servir d’abri à la faune aquatique. Par contre, les herbiers denses peuvent altérer les chaînes alimentaires et réduire l’oxygène dissous quand les tiges se décomposent. Ils peuvent obstruer des sites de frai et favoriser aussi la prolifération de moustiques et de parasites responsables de dermatites.

Les grandes colonies de myriophylle à épi nuisent aux activités récréatives telles que la navigation de plaisance, la pêche et la baignade.

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Propagation de la plante

Le myriophylle à épi se propage rapidement quand les moteurs des embarcations ou les usagers des cours d’eau fragmentent ses tiges. Un élagage naturel favorise aussi sa multiplication. Le courant, les embarcations, les remorques, le matériel et les animaux transportent ensuite les fragments. La plante produit également des stolons qui facilitent la croissance des colonies. Elle produit en outre des graines viables, mais la reproduction sexuée est beaucoup moins importante que la fragmentation des tiges.

La présence du myriophylle à épi dans un lac ne conduit pas toujours à un envahissement du plan d’eau. Les petits lacs eutrophes peu profonds sont parfois colonisés par plus de plantes indigènes que de myriophylle à épi.

Prévention

Prévenir l’introduction et la propagation du myriophylle à épi est le meilleur moyen pour lutter contre cette espèce envahissante dans les lacs et cours d’eau. Sinon, il peut être difficile et coûteux de le contrôler.

Des gestes simples, mais efficaces peuvent faire une différence pour protéger les plans d’eau du Québec : inspectez, nettoyez, éliminez et répétez! Informez-vous sur les bonnes pratiques :

Certains lacs sont dotés de stations de nettoyage. Assurez-vous de les utiliser pour nettoyer votre embarcation et votre matériel.

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Détection

La détection précoce des colonies de myriophylle à épi permet d’intervenir rapidement et efficacement. Cela réduit les coûts et les efforts de contrôle nécessaires pour limiter sa propagation, voire l’éliminer. Signalez la présence du myriophylle à épi ou de toute autre plante aquatique envahissante dans Sentinelle.

Le Ministère veut faciliter la détection rapide de ces envahisseurs, dont le myriophylle à épi. Vous disposez de plusieurs documents et outils pour appliquer le protocole de détection et de suivi des plantes aquatiques envahissantes.

Espèces similaires

Attention! Il est possible de confondre le myriophylle à épi (PDF, 516 ko) avec de nombreuses espèces, dont six myriophylles indigènes. Nous vous proposons donc des clés d’identification des plantes aquatiques envahissantes et des plantes indigènes similaires (PDF, 2 Mo).

Les principaux critères à retenir sont :

  • nombre de folioles par feuille, de 12 à 24 paires de folioles;
  • extrémité tronquée des feuilles formant une ligne droite;
  • feuilles flasques quand les tiges sont hors de l’eau; semblables à des plumeaux mouillés.

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Gestion et contrôle du myriophylle à épi

Voici 4 étapes pour un contrôle efficace du myriophylle à épi :

  1. Identification
  2. Répartition des colonies
  3. Plan d’intervention
  4. Détection et surveillance soutenues
1. Identification

Assurez-vous qu’il s’agit bien du myriophylle à épi avant d’entreprendre des efforts pour le contrôler. Consultez les outils d’identification ou un expert pour confirmer la présence de cette espèce exotique envahissante.

2. Répartition des colonies

Cartographiez la répartition des colonies de myriophylle à épi dans le plan d’eau touché, puis caractérisez leur taille et leur densité pour connaître l’ampleur de l’envahissement. Cette information vous permettra d’établir un plan d’intervention adapté à la situation.

3. Plan d’intervention

Il peut être utile d’établir un plan d’intervention adapté aux différentes colonies. Vous pouvez donc appliquer plus d’une méthode de contrôle dans un même lac.

Communiquez avec notre bureau régional pour mener à bien votre projet de contrôle. Nous desservons toutes les régions. Un analyste pourra vous conseiller et déterminer quelles sont les autorisations dont vous aurez besoin.

Le contrôle du myriophylle à épi nécessite des efforts soutenus durant plusieurs années. Assurez-vous d’avoir les ressources financières et humaines nécessaires aux activités de contrôle à moyen et long terme.

  • Méthodes mécaniques
     
    Les méthodes mécaniques peuvent favoriser la propagation des fragments de myriophylle à épi. Il est important de disposer de rideaux flottants ou d’équipes de surveillance pour les recueillir. Selon la méthode sélectionnée, il pourrait être nécessaire de répéter les interventions durant l’été afin d’attendre les objectifs fixés.

 

Méthode de contrôle Équipe ou matériel nécessaire Moyens Efficacité Risques et enjeux Certificat d’autorisation nécessaire

Faucardage
manuel

Râteaux, faux spécialisés

Rideaux flottants pour limiter la propagation des tiges

Pour de petites colonies
Arracher ou couper les tiges avec un râteau ou une faux

Permet le retour des usages du plan d’eau.

Doit être répété plusieurs fois dans l’année pour augmenter l’efficacité.

N’élimine pas la plante.

Dispersion des fragments pouvant former de nouvelles colonies

Retour à l’envahissement initial après 6 semaines, si une seule coupe est faite

Petites superficies : non

Grandes superficies : oui

Faucardage mécanique

Barques avec râteaux ou faucardeur (fauche à profondeur variable)

Bateau-faucardeur

Rideaux flottants pour limiter la propagation des tiges

Pour les infestations majeures
Couper le plus près possible des sédiments, à au moins 60 cm pour une efficacité optimale

Suivre le profil du fond du lac pour ne pas brasser les sédiments

Permet le retour des usages du plan d’eau

Doit être répété plusieurs fois dans l’année pour augmenter l’efficacité

N’élimine pas complètement la plante.

Dispersion des fragments pouvant former de nouvelles colonies

Retour à l’envahissement initial après 6 semaines si une seule coupe est faite

Réduction temporaire de la biomasse, si coupes répétées

Brassage des sédiments causant la turbidité de l’eau

Oui

Arrachage manuel par des plongeurs

Plongeurs, sacs de plongée

Arracher les tiges et enlever au maximum le système racinaire

Pour les petites colonies
Permet de n’arracher que le myriophylle à épi.

Réduit la densité des colonies.

Peut éliminer les petites colonies.

Fragmentation des tiges

Nécessité de répéter durant 2 ou 3 ans pour maximiser l’efficacité du contrôle

Petites superficies : non

Grandes superficies : oui

Arrachage avec aspiration

Plongeurs et embarcation dotée d’un système d’aspiration des tiges et d’opérateur

Rideaux flottants pour limiter la propagation des tiges

Aspirer les tiges et l’eau avec un aspirateur hydraulique et les rejeter dans un drain filtrant

Retourner l’eau dans le plan d’eau

Méthode efficace bien adaptée aux grandes infestations

Méthode peu sélective

Impact sur la flore indigène

Remise en suspension des sédiments

Visibilité réduite pour les plongeurs

Oui

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  • Méthodes physiques

    La disposition de bâches ne sert pas à bloquer la lumière, mais plutôt à empêcher la croissance verticale du myriophylle à épi. Il est très important de bien les plaquer et les maintenir près du fond du plan d’eau pour qu’elles bloquent efficacement la croissance et ne se déplacent pas. Vous devez laisser les bâches en place 8 semaines pour maximiser les résultats.
Méthode de contrôle Équipe ou matériel nécessaire Moyens Efficacité Risques et enjeux Certificat d’autorisation nécessaire

Bâchage - jute

Toile de jute : maille de 0,5 mm 300g/m2

Plongeurs et embarcations pour la disposer au fond de l’eau

Blocs ou briques pour la maintenir au fond

Coudre des sections de jute ensemble pour en augmenter la superficie

Mouiller la jute avant de la poser
Note
Elle se dégrade : il n’est pas nécessaire de l’enlever.

Inspection après l’installation et dans l’été.

Enlever les blocs et briques

Diminue grandement la densité des colonies : jusqu’à 95 % de la superficie occupée après 3 ans.

Permet la croissance de plantes indigènes sur la jute et au travers lors de sa dégradation.

Déchirure de la jute, laissant ainsi passer le myriophylle à épi

Le myriophylle peut s’installer sur la toile et s’y fixer.

Petites superficies : non

Grandes superficies : oui

Bâchage – géotextile ou Aquascreen

Bâche

Plongeurs et embarcations pour la disposer au fond de l’eau

Blocs ou briques pour la maintenir au fond de l’eau

Disposer la toile de l’embarcation ou avec des plongeurs

La plaquer au fond avec des blocs ou des briques temporaires

Les membranes à forte densité sont  plus efficaces et plus faciles à disposer au fond du plan d’eau.

Réduit la croissance du myriophylle de 75 à 100 % après 8 semaines de bâchage.

Les bâches peuvent être réutilisées.

Note
La membrane Aquascreen est perméable et laisse passer les gaz, ce qui évite le gonflement.

Méthode non sélective : élimine toute la végétation

Déchirure de la bâche : il faut la vérifier et la réparer au besoin.

Accumulation de sédiments sur les bâches après leur installation : il est préférable de les enlever pour éviter l’installation de plantes aquatiques, dont le myriophylle à épi

Suivi et efforts à long terme nécessaires pour éviter le retour du myriophylle à épi sur les sites traités

Petites superficies : non

Grandes superficies : oui

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4. Détection et surveillance soutenue

Il importe de surveiller les colonies traitées pour ajuster les méthodes de contrôle ou réparer les bâches si elles sont endommagées. Il est possible que des tiges de myriophylle à épi poussent en périphérie des zones traitées. Il faut donc planifier des inspections à une ou deux reprises lors de la saison de croissance. De plus, vous devrez répéter les interventions pendant plusieurs années pour diminuer significativement les envahissements. Il est important de poursuivre la détection de nouvelles colonies, passées inaperçues ou établies à la suite des interventions.

Consultez ces fiches pour obtenir plus d’information sur les autorisations à obtenir quant aux méthodes de contrôle :