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Communiqués de presse

Qualité des eaux de la rivière des Outaouais

UN DIAGNOSTIC GÉNÉRAL DE BONNE SANTÉ

Hull, le 28 mars 1996 - C'est en présence des partenaires municipaux, industriels, agricoles, environnementaux et fauniques concernés que le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche, a rendu public aujourd'hui, à Hull, le rapport-bilan Qualité des eaux du bassin de la rivière des Outaouais, 1979 à 1994.

Réalisée par le biologiste Sylvain Primeau de la Direction des écosystèmes aquatiques, cette étude dresse un portrait de la qualité des eaux de surface de la rivière des Outaouais, dans sa portion québécoise. Constitué à partir de données physico-chimiques et bactériologiques colligées de janvier 1979 à décembre 1994, ce bilan est le fruit de plus de 80 000 résultats d'analyse effectuées à partir de 6 000 échantillons prélevés à 36 stations d'échantillonnage au Québec. À ces chiffres s'ajoutent également des données fournies par le ministère de l'Environnement et de l'Énergie de l'Ontario, soit quelque 22 000 analyses effectuées à partir de 1 100 échantillons. Cette étude est essentiellement basée sur la mesure de paramètres conventionnels de la qualité de l'eau, tels la demande biochimique en oxygène, l'azote, le phosphore, les coliformes fécaux, les matières en suspension et la turbidité.

Le rapport contient des informations sur les facteurs socio-économiques et physiques qui peuvent expliquer les tendances ou les résultats mesurés. On y retrouve ainsi des renseignements concernant l'utilisation du sol, l'évolution démographique, les activités industrielles et agricoles, et les travaux d'assainissement réalisés dans le bassin.

L'amélioration constatée sur la rivière des Outaouais:
une résultante d'abord des efforts d'assainissement.

Avec une diminution notoire des concentrations d'azote, de phosphore et de coliformes fécaux, le bilan démontre que la qualité de l'eau de la rivière des Outaouais est bonne dans son ensemble. Cette qualité de l'eau s'explique en partie par l'importance même du débit de la rivière des Outaouais, qui voit ainsi passer au barrage de Carillon une moyenne annuelle de quelque 2 000 mètres cubes d'eau à la seconde. Ce qui fait de ce cours d'eau le plus important tributaire du fleuve Saint-Laurent. Autre facteur positif: la mise en opération au cours principalement de la dernière décennie, de 35 stations québécoises d'épuration des eaux usées. Ces stations sont venues s'ajouter à une quinzaine de stations ontariennes et desservaient, en 1995, près de 249 000 personnes, soit 70 pour cent de la population totale et près de 90 pour cent des personnes raccordées à des réseaux d'égouts. Ces stations ont nettement contribué à réduire les problèmes locaux de salubrité et à bonifier la qualité de l'eau dans l'ensemble du bassin versant de la rivière des Outaouais.

Les problèmes résiduels de la qualité de l'eau sont de fait de nature locale. Ainsi dans la région d'Aylmer-Gatineau-Hull, l'absence de désinfection de l'effluent de la station d'épuration de ces trois municipalités de la Communauté urbaine de l'Outaouais explique-t-elle principalement la contamination bactériologique décelée à la station de Masson. La fréquence des débordements ainsi que de mauvais raccordements ont aussi été évoqués comme pouvant contribuer à cette contamination. De plus, en était-il de même, en 1990 et 1991, pour deux petits tributaires du lac Témiscamingue: une situation que la mise en opération des stations d'épuration de Saint-Édouard-de-Fabre et de Saint-Bruno-de-Guigues s'efforce maintenant de corriger.

Des tributaires qui, eux aussi, se régénèrent.

À ce portrait généralement bon du cours principal s'ajoute également celui des grands tributaires. Ainsi, les rivières Gatineau et Coulonge montrent une bonne qualité de l'eau, en constante amélioration. Ceci est d'autant plus marquant que le flottage du bois a cessé progressivement au début des années 1980 sur la Coulonge, avec un arrêt complet depuis 1992 sur la rivière Gatineau. Certains problèmes affectent encore localement la qualité de l'eau, comme à Maniwaki et à Bouchette. On peut néanmoins croire aux possibilités de plein usage des rivières Du Moine, Noire, Coulonge et Gatineau à très court terme.

La situation était par contre nettement moins bonne dans certains tronçons des rivières du Lièvre et Rouge. Deux zones de pollution affectaient la qualité de la rivière du Lièvre. Des travaux correctifs du réseau d'égouts de Mont-Laurier réalisés en 1994 devraient permettre de redresser la situation en aval de cette ville. Dans la région de Buckingham, la qualité de l'eau est douteuse en raison de la pollution bactériologique et de celle par les substances nutritives causées par les rejets d'eaux usées non traitées. La mise en service de la station d'épuration municipale conjointe de Buckingham-Masson-Angers devrait permettre une restauration de la situation dans le secteur de l'embouchure de la rivière du Lièvre. De plus, la mise en service du système de boues activées à la fabrique de MacLaren, à Masson-Angers, réduira la pollution toxique et la pollution organique.

Grâce aux mises en service de douze stations d'épuration, entre 1986 et 1994, la qualité de l'eau de la rivière Rouge continuera de s'améliorer au cours des prochaines années. Ces interventions devraient réduire nettement les problèmes de pollution bactériologique constatés dans cette rivière. Elles vont permettre la récupération d'une qualité de l'eau propice aux usages comme la baignade et le canoë-kayak.

Les interventions d'assainissement industriel et agricole:
des investissements qui rapporteront.

On compte plusieurs centaines d'établissements industriels dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Parmi ceux-ci, il y en a 59 qui ont été retenus dans le cadre du Programme d'assainissement des eaux du Québec: quatre ont déjà complété leurs travaux et près de la moitié ont encore un dossier à l'étude pour évaluer le meilleur type de traitement à apporter à leurs rejets.

Par ailleurs, dans le cas particulier des six importantes fabriques de pâtes et papiers sises dans le bassin, il est à souligner qu'au 30 septembre 1995, cinq d'entre elles avaient mis en service les installations nécessaires pour se conformer aux exigences du Règlement sur les fabriques de pâtes et papiers découlant de la Loi sur la qualité de l'environnement. La seule exception est la papetière Tembec. Cette fabrique possède un système de traitement secondaire, qui ne traite toutefois pas tous ses rejets industriels. Ces interventions permettent d'espérer une amélioration supplémentaire de la qualité de l'eau au cours des prochaines années.

D'autre part, sauf dans sa partie aval, l'agriculture est une activité secondaire dans le bassin versant de la rivière des Outaouais. Toutefois, quelque 99 interventions d'assainissement agricole ont été réalisées dans l'ensemble du bassin versant dans le cadre du Programme d'aide à l'amélioration de la gestion des fumiers (PAAGF), programme relevant depuis 1993 du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. Il est à noter toutefois que la pollution diffuse d'origine agricole est surtout perceptible à la confluence avec la rivière des Outaouais du sous-bassin ontarien de la rivière South Nation.

Une cote somme toute encourageante

Sur l'ensemble du bassin versant de la rivière des Outaouais, la série d'améliorations en voie de parachèvement continuera d'augmenter le potentiel d'usages et fournira un milieu plus favorable aux nombreux organismes vivants dans et aux abords des cours d'eau. Cela aura un effet sur les zones marécageuses importantes pour la vie aquatique, la sauvagine et plusieurs autres espèces ripariennes. Enfin, cela facilitera encore davantage la réappropriation des plans d'eau par les riverains pour la pratique d'activités de contact direct avec l'eau, comme la baignade, le canotage, le nautisme.

Un suivi régulier

Pour sa part, le Ministère entend maintenir son programme de surveillance et les données obtenues serviront à mesurer le degré de récupération du bassin de la rivière des Outaouais au fur et à mesure que les travaux seront réalisés.

Ce document est le dix-septième d'une série de rapports d'étapes que le ministère de l'Environnement et de la Faune publie depuis 1990 sur le suivi du Programme d'assainissement des eaux du Québec (PAEQ) dans les principaux bassins hydrographiques de la vallée du Saint-Laurent.

Le rapport-bilan Qualité des eaux du bassin de la rivière des Outaouais, 1979 à 1994, ainsi que la brochure synthèse qui le vulgarise sont disponibles entre autres dans les directions régionales du MEF pour l'Outaouais, l'Abitibi-Témiscamingue et les Laurentides, de même qu'à la Direction des communications et du marketing du ministère de l'Environnement et de la Faune au 1 800 561-1616.

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Source :
France Amyot
Attachée de presse
(418) 643-8259

Guy Gagnon
Direction des communications et du marketing
(418) 644-3257

Information:
Sylvain Primeau
Direction des écosystèmes aquatiques
(514) 873-9078

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