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Communiqués de presse

PUBLICATION D'UN NOUVEAU BILAN SUR LES PRÉCIPITATIONS ACIDES AU QUÉBEC

Malgré des réductions considérables d'émissions, le Québec est toujours affecté par les dépôts acides

Québec, le 23 avril 1996 - Le ministre de l'Environnement et de la Faune, David Cliche, a rendu public aujourd'hui, à Montréal, le rapport-bilan Les précipitations acides au Québec: état de la situation (1996). Le rapport rend compte de réductions d'émissions encourageantes mais constate que le Québec demeure exposé à des dépôts acides importants. Cette situation préoccupante appelle au maintien d'une grande vigilance. Le ministre a dévoilé ces nouveaux résultats quelques jours avant qu'il ne préside la délégation québécoise à la Conférence internationale sur l'assainissement de l'air au Nord-Est, à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Réalisée par une équipe de cinq scientifiques du MEF auxquels s'étaient joints deux collègues du ministère des Ressources naturelles, cette étude multisectorielle atteste que, bien que depuis un peu plus d'une décennie, les émissions québécoises de dioxyde de soufre aient connu une diminution considérable, passant d'un peu plus de 1 million de tonnes en 1980 à moins de 400 000 tonnes actuellement, le phénomène des précipitations acides constitue encore chez nous un problème de pollution majeur.

Le territoire du Québec demeure en effet exposé à des dépôts acides importants, lesquels varient, dans le Québec méridional, de 11 à 31 kilogrammes/par hectare/par an, tandis que ceux des nitrates sont de 7 à 25 kg/ha/an. De 1990 à 1993, environ 100 700 kilomètres carrés de territoire recevaient un dépôt annuel de sulfates supérieur au dépôt cible établi à 20 kg/ha/an, valeur permettant la protection d'écosystèmes modérément sensibles. Le pH annuel moyen des précipitations est de l'ordre de 4,35, ce qui correspond à une précipitation 18 fois plus acide qu'une précipitation en équilibre avec le CO2 atmosphérique. Cependant, l'acidité des précipitations demeure à un niveau très préoccupant, puisque 68 % des précipitations hebdomadaires ont un pH inférieur à 4,6, un indice qui malheureusement n'a pas varié au cours de la dernière décennie. En 2003, malgré les programmes de réduction prévus, on s'attend à ce que tout le sud du Québec (i.e. au sud du Lac-Saint-Jean et de l'Abitibi) reçoive des dépôts de sulfates supérieurs à 12 à 15 kg/ha/an.

Des effets marquants sur nos lacs et nos forêts

Sur le plan biologique, l'acidification des eaux de surface est responsable de dommages directs et indirects aux organismes aquatiques. Au Québec, on extrapole qu'environ un lac sur cinq est actuellement acide et que plus de la moitié de tous les lacs ont un pH inférieur à la valeur de 6. À ce propos, il est à souligner que la communauté scientifique considère qu'un lac devient acide lorsque son pH atteint 5,5, seuil sous lequel les dommages aux organismes aquatiques deviennent très marqués. Une large proportion de ces lacs du sud-ouest québécois a été acidifiée par les dépôts acides depuis les débuts du siècle. Cette acidification est également responsable d'effets directs et indirects sur les organismes aquatiques comme en attestent, entre autres, la baisse de diversité spécifique et les mortalités de poisson. Toutefois, l'effet des réductions d'émissions annoncées devrait permettre de récupérer, à plus ou moins long terme, 64 % des 29 000 lacs acides et de ramener le pH à plus de 6,0 pour 40 000 des 81 000 autres plans d'eau en voie d'acidification. Par ailleurs, le seuil de saturation en nitrates des eaux de surface qui, pour le nord-est américain, devrait être atteint d'ici 25 à 75 ans, demeure un sérieux sujet de préoccupation et, de fait, pourrait encore accroître la proportion de lacs acides.

En milieu forestier, les travaux effectués démontrent bien l'importance qu'ont les précipitations acides sur le cycle des éléments nutritifs et sur la dynamique du soufre et de l'azote dans les écosystèmes forestiers québécois. Les effets des polluants atmosphériques sont souvent très subtils, graduels et cumulatifs. Dans les érablières en dépérissement dans les Appalaches, on a démontré que les carences foliaires sont associées à un déséquilibre entre le calcium, le potassium et le magnésium et entre le calcium et l'acidité échangeable du sol; ce déséquilibre pouvant être causé par les dépôts acides.

Le rapport Les précipitations acides au Québec: état de la situation (1996), dans ses versions française et anglaise, ainsi que la brochure L'acidité des eaux au Québec, déjà publiée en 1994, sont disponibles à la Direction des communications et du marketing du ministère de l'Environnement et de la Faune au 1 800 561-1616.

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Source:
France Amyot
Attachée de presse
Tél.: (418) 643-8259

Guy Gagnon
Direction des communications et du marketing
Tél.: (418) 644-3257

Information:
Richard Leduc
Direction du milieu atmosphérique
Tél.: (418) 644-3479

Jean Lavergne
Service de la qualité de l'atmosphère
Tél.: (418) 644-3630

Jacques Dupont
Direction des écosystèmes aquatiques
Tél.: (418) 644-3297

Informations supplémentaires:
Précipitations acides au Québec -- communiqué de presse
Les précipitations acides au Québec: État de la situation (1996)

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