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Communiqués de presse

LEVAGE DE L'IRVING WHALE: LE RAPPORT DE LA FIRME NAVTECH SOULÈVE DES QUESTIONS PRÉOCCUPANTES

Québec, le 1er mai 1996 -

  • Une étude à la base du projet fédéral utiliserait 45 pieds au lieu de 200 pieds dans son évaluation de la colonne d'eau au-dessus de la barge, ce qui peut avoir des conséquences significatives sur l'opération;
  • L'absence de prise en compte des courants de fond sur l'équilibre d'un équipement de levage situé à la surface;
  • La sous-estimation potentielle de la capacité du sabot arrière (soudé près d'une accumulation importante de BPC et pouvant provoquer une perforation);
  • La présence possible de gaz comprimés à l'intérieur de la barge pouvant provoquer sa rupture lors du levage.

Voilà quelques-uns des points majeurs soulevés par la firme NAVTECH dans l'analyse qu'elle a réalisée pour le compte du ministère de l'Environnement et de la Faune. Cette analyse complète le rapport du Comité interministériel québécois chargé de faire l'évaluation du projet proposé par le gouvernement fédéral de renflouement de l'Irving Whale.

Après avoir pris connaissance des conclusions de la firme NAVTECH quant à la pertinence technique des travaux de renflouage de l'Irving Whale et compte tenu de l'importance des points soulevés, le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche a désiré, sans plus tarder, faire part au ministre Marchi de certaines considérations qui traduisent l'essentiel de ses préoccupations dans ce dossier. En voici la teneur:

  • Une certaine confusion dans les documents transmis par le fédéral quant à la profondeur d'immersion de la barge ne permet pas d'apprécier précisément la fraction de la charge hydrostatique applicable à l'effet de succion ainsi qu'aux contraintes imposées à la structure lors du levage. Une sous-estimation de cette valeur, si elle est significative, pourrait compromettre le succès même de l'opération. Il faudrait alors revoir et, le cas échéant, modifier la méthode de travail. Une vérification des calculs et des hypothèses de travail s'avère capitale puisqu'ils influent sur plusieurs autres points ainsi que sur la sécurité de toute l'opération;
  • Il apparaît très probable que des BPC se soient accumulés dans le fond arrière de la barge à proximité du point d'appui de l'élingue arrière. Un des seuls moyens de réduire les risques de fuite, lors du levage, serait de s'assurer que la conception, la construction et l'installation du sabot arrière soient des plus judicieuses. Les efforts transmis par les sabots sur la coque pourraient être plus importants que prévus et, potentiellement, provoquer une perforation ponctuelle du bordé de coque par cisaillement. Ceci entraînerait à l'arrière la dispersion partielle ou totale d'une quantité pouvant atteindre jusqu'à environ 1,060 gallons de liquide de chauffage contenant des BPC. Le facteur de sécurité intégré au concept de ce sabot n'est pas traité dans les documents reçus;
  • Si les équipements de levage semblent adéquats, leur stabilité et leur capacité devraient être vérifiées en prenant en considération les efforts latéraux provoqués par les courants agissant sur la barge lors de la remontée. Aucune analyse n'est disponible à ce sujet. Les courants latéraux pourraient provoquer un effet de bascule sur un des équipements de levage situé à la surface;
  • La présence d'évents extérieurs non obturés pourrait entraîner des turbulences lors de la remontée. Ces turbulences dans la salle des machines seraient susceptibles d'entraîner une dispersion des BPC pouvant se trouver dans la barge. Aucune mesure relative à cet aspect n'est évoquée dans les documents reçus;
  • Il est possible que de l'air ou des mélanges gazeux soient encore emprisonnés dans les réservoirs. La diminution de la pression ambiante autour des réservoirs et de la coque lors de la remontée pourrait provoquer des contraintes qui, combinées à celles des tensions résultant de la flexion de la coque au levage, deviendraient intolérables. De telles contraintes pourraient amener la rupture de la barge, d'où la nécessité, le cas échéant, de prendre les moyens appropriés afin d'éliminer ou de minimiser ce risque. Rien n'indique dans les documents que cette possibilité a été prise en compte;
  • Le plan d'action relatif à l'opération de levage n'apparaît pas dans les documents reçus. La structure organisationnelle et les procédures d'opération de surveillance et de décision sont des éléments majeurs dans la réussite du projet d'autant plus qu'il doit se réaliser dans un court laps de temps. La sécurité de l'opération et la nature du risque étant directement liées à ce plan d'action, son parachèvement dans les meilleurs délais s'avère nécessaire.

Le ministre Cliche a tenu à réitérer que cette intervention auprès de son homologue fédéral avait pour seul objectif de minimiser les risques de l'opération de renflouement afin d'assurer la protection de la population québécoise, de ses écosystèmes ainsi que de l'économie qui en dépend.

À la lumière de ces nouvelles données et des nombreuses questions qu'elles soulèvent, le ministre de l'Environnement et de la Faune, David Cliche, demande au gouvernement fédéral des réponses claires à ces questions et le cas échéant, d'apporter les correctifs nécessaires. «La barge doit être soulevée de la façon la plus sécuritaire possible. Aujourd'hui, j'ai de sérieuses réserves sur le projet fédéral de renflouement tel que proposé. Je m'attends à ce que le gouvernement fédéral complète le dossier avant le début des opérations.»

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Source:
Renée Lebrun
Direction des communications
et du marketing
Tél.: (418) 643-7495

Pour information:
France Amyot
Attachée de presse du ministre
de l'Environnement et de la Faune
Tél.: (418) 643-8259

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