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Communiqués de presse

L'ÉCOSYSTÈME AQUATIQUE DU BASSIN DE LA RIVIÈRE SAINT­FRANÇOIS :

UN PREMIER « BILAN DE SANTÉ » PUBLIÉ.

Orford, le 17 septembre 1996 - C'est en présence des partenaires municipaux, industriels, agricoles, environnementaux et fauniques concernés que le ministre de l'Environnement et de la Faune, monsieur David Cliche, a rendu publics aujourd'hui, à Orford, cinq rapports scientifiques illustrant l'état de l'écosystème aquatique du bassin de la rivière Saint­François. Le ministre s'est dit particulièrement heureux de présenter à la population les résultants encourageants de ce premier « bilan de santé » complet diagnostiquant un bassin majeur de la vallée du Saint­Laurent.

Réalisée entre 1991 et 1995 par une équipe de professionnels de la Direction des écosystèmes aquatiques, cette étude dresse un portrait des rivières Saint­François et Magog en ce qui a trait à l'abondance, à la diversité des communautés ichtyologiques (­poissons­) et benthiques (­invertébrés vivant au fond des cours d'eau­). On y traite aussi de l'état de santé des poissons et de la contamination de la chair de plusieurs espèces d'intérêt sportif telles le grand brochet, le doré et l'achigan. Également, relativement à certains contaminants industriels, on y présente la qualité de l'eau, à l'aide de traceurs. Enfin, pour ce qui est des polluants conventionnels tels l'azote, le phosphore, la conductivité et les coliformes fécaux, on y actualise les données déjà livrées dans un précédent rapport paru en 1992 en y présentant certaines améliorations constatées depuis.

Les faits saillants de cette étude :

Dans la rivière Saint­François, sur les 188 kilomètres de rivière étudiés, les résultats sur la communauté de poissons démontrent que l'intégrité de l'écosystème est faible sur 37 km (20 %), moyenne sur 79 km (42 %), bonne sur 69 km (36 %) et excellente sur 3 km (2 %). En bon état dans sa partie amont, le cours d'eau subit des impacts importants à East Angus, sur le tronçon Lennoxville­Richmond et à Drummondville. En aval de ces municipalités, les impacts se font ressentir sur plusieurs kilomètres de cours d'eau. Entre l'amont et l'aval des municipalités de East Angus et de Drummondville, le nombre d'espèces de poissons diminue de 50 % et entre 14 % et 18 % des poissons restants présentent des anomalies pathologiques diverses.

Les résultats concernant la communauté benthique confirment ceux obtenus avec le poisson : on observe des impacts sur l'écosystème en aval des rejets de East Angus, Sherbrooke et Drummondville. Il y a des familles d'organismes qui disparaissent et, à Drummondville, il y a une chute de biomasse totale d'organismes.

Ces impacts sur l'écosystème aquatique sont dus à des rejets d'eaux usées d'origine urbaine et industrielle qui n'étaient pas traités au moment où se réalisait l'étude. L'étude révèle qu'en plus des polluants usuels associés à ce type de rejets (matière organique, azote, phosphore, matières en suspension, bactéries, etc.), les agglomérations en cause rejetaient des substances toxiques telles que des BPC, des métaux, des HAP et des acides gras et résiniques.

Les meuniers noirs entiers capturés en aval de Windsor, où se trouve la papetière Domtar inc., contiennent deux fois plus de BPC que ceux pêchés en amont et, pour les dioxines et furannes, la concentration en équivalents toxique passe du simple au quadruple.

La chair des poissons capturés dans le bassin versant de la rivière Saint­François est relativement peu contaminée. La contamination par le mercure est, dans l'ensemble, identique à ce que l'on observe ailleurs au Québec. Les seuls dépassements de la limite administrative d'un demi­ milligramme de mercure par kilo de chair sont observés dans les lacs. Pour les BPC, il n'y a pas de dépassement de la limite administrative de 2 000 microgrammes par kilo dans la chair du poisson.

Quant à l'écosystème aquatique de la rivière Magog, il est en assez bon état. La communauté de poissons y est équilibrée. Au lac Magog, il y a cependant un problème évident de contamination du poisson par les BPC. En collaboration avec la firme magogoise directement concernée par la présence importante de ces BPC, la compagnie de textiles CS Brooks Canada inc., le MEF a entrepris en 1995 des investigations afin de mieux documenter le phénomène et explorer diverses mesures correctrices appropriées.

Les travaux d'assainissement des eaux effectués dans le bassin versant de la rivière Saint­François rapportent leurs dividendes. Après quelques années, on constate des améliorations importantes de la qualité de l'eau en ce qui a trait aux paramètres conventionnels. Ainsi, pour le phosphore total, on note des diminutions des concentrations de 40 %, alors que pour les coliformes fécaux, cette baisse est de l'ordre de 20 % à 40 %, que pour l'azote total cette tendance varie de 0 % à 24 %, et enfin pour la turbidité, uniquement pour la rivière Saint­François, la réduction se chiffre à 25 %.

La régénération qui graduellement se manifeste :
la conclusion des efforts concertés de plusieurs partenaires

Dans l'agglomération de Sherbrooke, la station d'épuration a été mise en service en juin 1991. L'échantillonnage s'est donc réalisé durant les toutes premières phases d'essai de la station, c'est­à­dire avant qu'il y ait vraiment diminution des apports au cours d'eau. À Est Angus, les travaux d'assainissement conjoints de la municipalité et des industries du groupe Cascades sont maintenant complétés et les eaux usées sont traitées depuis 1995. À Bromptonville, la compagnie Kruger effectue aussi le traitement secondaire de ses effluents depuis 1995, tandis qu'à Drummondville, on prévoit commencer à traiter les eaux usées en décembre 1996. Ces travaux s'ajoutent à ceux complétés à Magog en 1985, à la Domtar de Windsor, ainsi que dans de nombreuses petites municipalités du bassin versant au cours des quinze dernières années.

Les investissements en assainissement portent fruit. On constate présentement, tant dans la rivière Magog que dans la rivière Saint­François, une nette amélioration de la qualité de l'eau en ce qui a trait aux paramètres conventionnels. Pour ce qui est des substances toxiques, le problème de contamination du poisson par les BPC au lac Magog demeure celui qui doit mériter une attention plus particulière.

Même si plusieurs structures d'assainissement existent depuis peu, il est encourageant de constater que déjà certains usages comme la baignade et le canotage peuvent tirer profit de cette récupération. À ce propos, outre de saluer en ces gains les fruits des efforts concertés des divers partenaires du milieu, le ministre Cliche a conclu en soulignant que cette amélioration de l'écosystème aquatique était particulièrement gratifiante eu égard aux engagements pris par le Québec en 1992, au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, pour la préservation de la biodiversité.

Un suivi régulier

C'est d'ailleurs dans cette même perspective que le Ministère entend maintenir son programme de surveillance et les données obtenues serviront à mesurer le degré de récupération du bassin de la rivière Saint­François au fur et à mesure que les travaux d'assainissement auront été finalisés.

Ces cinq nouveaux documents s'inscrivent dans le continuum des études que le ministère de l'Environnement et de la Faune publie depuis 1990 sur les différents suivis de l'état des cours d'eau dans les principaux bassins hydrographiques de la vallée du Saint­Laurent.

Les rapports Le bassin versant de la rivière Saint­François : contamination de l'eau par les métaux et certaines substances toxiques organiques, Le bassin versant de la rivière Saint­François : contamination du poisson par les métaux et certaines substances toxiques organiques, Le bassin versant de la rivière Saint­François : les communautés ichtyologiques et l'intégrité biotique du milieu, Le bassin versant de la rivière Saint­François : les communautés benthiques et l'intégrité biotique du milieu, le rapport­synthèse Le bassin versant de la rivière Saint­François : état de l'écosystème aquatique et contamination par les substances toxiques ainsi que la brochure État de l'écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Saint-François 1991-1995 qui les vulgarise sont disponibles entre autres dans les directions régionales du MEF pour l'Estrie et pour la Mauricie-Bois­Francs, de même qu'à la direction des communications et du marketing du ministère de l'Environnement et de la Faune au 1 800 561­1616.

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Source :

Guy Gagnon
Direction des communications et du marketing
(418) 644-3257
Adresse électronique : dcm@mef.gouv.qc.ca

France Amyot
Attachée de presse du ministre de l'Environnement
et de la Faune
(418) 643-8259

Information :

David Berryman
Direction des écosystèmes aquatiques
(418) 521­3820 poste 4725

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