Développement durable, Environnement, Faune et Parcs Bandeau du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs
Accueil Plan du site Pour nous joindre Portail gouvernemental A propos du site Recherche English

Communiqués de presse

L'ÉCOSYSTÈME AQUATIQUE DU BASSIN DE LA RIVIÈRE CHÂTEAUGUAY :

SON PREMIER « BILAN DE SANTÉ » EST PUBLIÉ.

Allan's Corners, le 17 octobre 1996 ­ C'est dans le cadre de la 4e Conférence internationale sur l'environnement du bassin de la rivière Châteauguay organisée par la Société de conservation et d'aménagement du bassin de la rivière Châteauguay (SCABRIC) et en présence des partenaires municipaux, industriels, agricoles, environnementaux et fauniques concernés que le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche, a rendu publics aujourd'hui, à Allan's Corners, six rapports scientifiques illustrant l'état de l'écosystème aquatique du bassin de la rivière Châteauguay, entre les années 1979 et 1994. Un mois après avoir livré semblable diagnostic pour le bassin de la rivière Saint­François, le ministre s'est dit particulièrement heureux de présenter à la population et plus particulièrement, aux intervenants régionaux des parties québécoise comme new­yorkaise du bassin de la Châteauguay assemblés pour l'occasion, les résultats révélateurs de ce second « bilan de santé » complet d'un des tributaires majeurs du Saint­Laurent.

Réalisée ces dernières années par une équipe de professionnels de la Direction des écosystèmes aquatiques, cette étude dresse un portrait de la portion québécoise du bassin hydrographique de la rivière Châteauguay en ce qui a trait à l'abondance, à la diversité des communautés ichtyologiques (poissons) et benthiques (invertébrés vivant au fond des cours d'eau). On y traite aussi de l'état de santé des poissons et de la contamination de la chair de plusieurs espèces d'intérêt sportif telles le grand brochet, le doré jaune et l'achigan à petite bouche. Également, relativement à certains contaminants industriels, on y présente la qualité de l'eau, à l'aide de traceurs. Enfin, pour ce qui est des polluants conventionnels tels l'azote, le phosphore, les matières en suspension et les coliformes fécaux, on y contextualise les principales données au regard du suivi effectué du Programme d'assainissement des eaux du Québec (PAEQ).

Une étude aux résultats somme toute encourageants:

Dans la rivière Châteauguay, sur les 69 kilomètres de rivière étudiés, les résultats sur la communauté de poissons démontrent que l'intégrité de l'écosystème est faible sur 11 km (16 %), moyenne sur 13 km (19 %), bonne sur 36 km (52 %) et excellente sur 9 km (13 %). Bien que le nombre d'espèces demeure relativement stable sur tout le cours d'eau, on observe une diminution en aval de l'endroit où sont rejetées les eaux usées non traitées de Mercier, ce qui pourrait signifier qu'il y a dégradation de l'environnement. Le pourcentage de poissons affectés par des anomalies externes dépasse le seuil de 5 %, au­dessus duquel la santé des communautés est considérée comme précaire, en aval de la rivière aux Outardes et d'Ormstown, de même que dans le secteur de Sainte­Martine, et atteint 5 % en aval de Mercier. Des pics d'abondance d'espèces tolérantes à la pollution ont été observées en aval de Huntingdon, de la rivière aux Outardes, d'Ormstown, de Mercier et dans le secteur de Sainte­Martine. L'indice de dégradation des communautés montre qu'à partir de Sainte­Martine, les communautés de poissons sont fortement dégradées. Les poissons sont affectés par une certaine contamination au mercure, particulièrement en aval des agglomérations. Toutefois, les niveaux relativement élevés obtenus dans les sections les moins exposées à des sources de contamination s'expliquent par la géologie particulière du bassin versant. La comparaison avec les résultats de 1983 ne montre pas d'évolution à ce niveau.

Les résultats concernant la communauté benthique confirment ceux obtenus avec le poisson. Les cotes qualificatives de l'indice biologique global (IBG) révèlent que, sur les mêmes 69 kilomètres de rivière étudiés, l'intégrité de l'écosystème était jugée bonne sur 32 km (46%) et moyenne sur les 37 autres (54%). Le secteur compris entre l'amont de la municipalité de Huntingdon et Allan's Corners est en bon état. En aval d'Allan's Corners s'amorce une dégradation du milieu qui se prolonge jusqu'à l'embouchure de la rivière, la perte des espèces intolérantes à la pollution et la faible diversité révèlent la présence de pollution.

De façon générale, la composition physico­chimique des eaux du bassin de la rivière Châteauguay a peu évolué entre 1979 et 1994. Cependant, la mise en service, en 1991, des stations de traitement des eaux usées de Châteauguay et de Sainte­Martine a permis d'améliorer la qualité bactériologique et de réduire les charges de phosphore, de matières en suspension et de matières organiques déversées directement dans le cours d'eau. La présence de rejets domestiques non traités et de rejets industriels se faisait toujours sentir en 1993. De fortes concentrations en éléments nutritifs, notamment de phosphore, montrent bien la vocation agricole du bassin et le changement des pratiques agraires qui y est survenu. Durant les périodes estivales de 1990, 1992 et 1993, l'eau de la rivière Châteauguay était qualifiée de douteuse à mauvaise dans sa partie sud et de mauvaise par la suite.

Pour leur part, les eaux du tributaire qu'est la rivière Trout affichaient une qualité satisfaisante, tandis que celles de deux autres tributaires, les rivières des Anglais et de l'Esturgeon, variaient de mauvaise à très mauvaise. Cela signifie donc qu'à l'exception de la rivière Trout, l'ensemble des usages risquent d'être compromis pour la majorité des cours d'eau du bassin.

L'agglomération de Huntingdon, la rivière de l'Esturgeon et, dans une moindre mesure les municipalités de Sainte­Martine et de Châteauguay rejetaient, en plus des contaminants usuels (matière organique, azote, phosphore, matières en suspension, bactéries, etc.), des substances toxiques. On a ainsi noté des hausses marquées des concentrations de métaux, de HAP et d'acides gras. De la même façon, la pollution agricole se fait sentir par la présence, en aval des tributaires drainant des bassins à forte vocation agricole, de quelques pesticides, dont notoirement un produit de dégradation du DDT, banni depuis 25 ans. Toutefois, dans l'ensemble les concentrations de substances toxiques ainsi mesurées ne sont très élevées.

La chair des poissons capturés dans le bassin versant de la rivière Châteauguay est souvent contaminée par le mercure. En plus d'être le reflet de la géologie, cette contamination est plus marquée en aval de quelques municipalités. Toutefois, ces concentrations sont du même ordre de grandeur que ce qu'on observe ailleurs au Québec et à cet égard, les pêcheurs sont invités à consulter le Guide de consommation des poissons de pêche sportive au Québec publié conjointement par le ministère de l'Environnement et de la Faune et le ministère de la Santé et des Services sociaux. En ce qui a trait à la contamination par les BPC, il n'y a qu'avec la chair des anguilles d'Amérique que l'on note parfois un dépassement du critère de 100 microgrammes par kilogramme dans la chair, critère établi pour les oiseaux et autres animaux qui consomment des poissons. La forte teneur en gras de cette chair permet d'expliquer ces dépassements.

L'assainissement qui peu à peu porte fruit :
la résultante d'une appropriation partagée des responsabilités et des enjeux

Peu à peu, les investissements en assainissement portent fruit. On constate présentement dans la rivière Châteauguay, une amélioration sensible de la qualité visuelle et bactériologique de l'eau. De fait, le Programme d'assainissement des eaux du Québec (PAEQ) avait permis de traiter, de 1979 à 1994, les eaux usées d'une proportion de 76% de la population du bassin raccordée à des réseaux d'égouts, soit les municipalités de Châteauguay, Sainte­Martine, Saint­Chrysostome et Saint­Jean­Chrysostome. L'addition de trois nouvelles stations d'épuration en 1995 a permis de traiter les eaux usées de six autres municipalités, soit Huntingdon, Godmanchester, Hinchinbrooke, Ormstown, Saint­Malachie­d'Ormstown et Saint­Rémi, portant ainsi, à la fin de 1995, la proportion du bassin desservie à près de 90%. Et avec la mise en service de la station d'épuration de Mercier, prévue à l'automne 1997, on peut considérer que le volet urbain du programme d'assainissement sera presque terminé, puisque la municipalité de Howick sera la seule à déverser des eaux usées dans un cours d'eau. Autre effet positif de ces efforts d'assainissement: la diminution des quantités de matières organiques et en suspension et le meilleur contrôle des charges de phosphore déversées directement dans les cours d'eau.

Le volet industriel du PAEQ a, pour sa part, permis d'assainir ou d'amorcer l'assainissement des eaux usées de 20 des 25 entreprises considérées comme polluantes. Malgré cette statistique encourageante, la persistance de certaines substances toxiques et leurs effets marquants sur l'intégrité biotique du milieu commandent le maintien d'une vigilance pour leur détection et leur contrôle.

Les interventions d'assainissement ayant surtout visé les sources ponctuelles de pollution, il va sans dire que l'amélioration subséquente de la qualité des eaux et éventuellement, des composantes biotiques de l'écosystème du bassin versant de la rivière Châteauguay reposera de plus en plus sur le traitement des sources diffuses de pollution, c'est­à­dire celles associées aux phénomènes de ruissellement et d'érosion.

Avec près de 70% de son territoire consacré aux activités agricoles, l'amélioration de la qualité des eaux de la portion québécoise du bassin nécessitera l'adoption de nouvelles pratiques agricoles en ce qui a trait notamment à l'usage des engrais et des pesticides.

Outre de saluer les efforts concertés des divers partenaires du milieu, et au premier chef ceux qui sont réunis sous les auspices de la SCABRIC, le ministre Cliche a conclu en exhortant tout le milieu à continuer à faire preuve de persévérance pour la régénération optimale et la mise en valeur de ce magnifique écosystème qu'est le bassin de la rivière Châteauguay. Dans la même foulée, le ministre considère comme particulièrement gratifiants les résultats déjà obtenus eu égard aux engagements pris par le Québec en 1992, au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro, pour la préservation de la biodiversité.

Un suivi régulier

C'est d'ailleurs dans cette même perspective que le Ministère entend maintenir son programme de surveillance et les données obtenues serviront à mesurer le degré de récupération du bassin de la rivière Châteauguay au fur et à mesure que les travaux d'assainissement auront été finalisés.

Ces six nouveaux documents s'inscrivent dans le continuum des études que le ministère de l'Environnement et de la Faune publie depuis 1990 sur les différents suivis de l'état des cours d'eau dans les principaux bassins hydrographiques de la vallée du Saint­Laurent.

Les rapports Qualité des eaux du bassin de la rivière Châteauguay, 1979 à 1994, Le bassin de la rivière Châteauguay : contamination de l'eau par les métaux et certaines substances toxiques organiques, Le bassin de la rivière Châteauguay : teneurs en mercure et en BPC des poissons capturés en 1983 et 1993, Le bassin de la rivière Châteauguay : les communautés ichtyologiques et l'intégrité biotique du milieu, Le bassin de la rivière Châteauguay : les communautés benthiques et l'intégrité biotique du milieu, le rapport­synthèse Le bassin de la rivière Châteauguay : état de l'écosystème aquatique ainsi que les brochures État de l'écosystème aquatique du bassin de la rivière Châteauguay 1979­1994 et The State of the Aquatic Ecosystem of the Châteauguay River and Its Watershed 1979­1994 qui les vulgarisent sont disponibles entre autres dans les bureaux de la direction régionale du MEF pour la Montérégie, de même qu'au Centre de renseignements du ministère de l'Environnement et de la Faune au 1 800 561­1616.

­30­

Source :
Guy Gagnon
Conseiller en communication
(418) 644­3257
Adresse électronique : dcm@mef.gouv.qc.ca

France Amyot
Attachée de presse du ministre de l'Environnement
et de la Faune
(418) 643­8259

Information :
Marc Simoneau, biologiste
Direction des écosystèmes aquatiques
(418) 521­3820 poste 4707

Retour aux communiqués


Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017