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Communiqués de presse

RELANCE DES PARCS QUÉBÉCOIS
DÉPÔT DU RAPPORT DU COMITÉ CONSEIL

Québec, le 19 décembre 1996 - C'est avec satisfaction que le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche, a accueilli le rapport final du Comité conseil sur la relance des parcs québécois.

Rappelons que ce comité avait été mis en place en juin dernier à la suite de la décision de M. Cliche de suspendre l'implantation d'une tarification d'accès aux parcs du Québec. Par cette décision, le Ministre souhaitait revoir l'ensemble du développement du réseau des parcs, notamment la gestion, la planification et le financement à long terme.

Présidé par M. Denis de Belleval, ce comité était formé de Mme Nathalie Zinger, de Messieurs Bernard Beaudin et Michel Cadrin. Au cours de l'été, les membres du comité ont rencontré plusieurs organismes privés et publics concernés par les parcs québécois avant de procéder à la rédaction de leur rapport.

Le rapport du Comité conseil aborde six grands thèmes soit : la mission des parcs, la gestion du réseau, la consolidation du réseau, le financement des parcs, la notoriété du réseau et les relations du ministère de l'Environnement et de la Faune avec le milieu. Le comité propose diverses recommandations visant à assurer la relance des parcs québécois dans le contexte de l'ensemble des aires protégées.

En recevant ce rapport, le Ministre s'est montré heureux du travail effectué par le Comité conseil et a souligné les nombreuses heures consacrées bénévolement aux rencontres avec les délégataires et différents partenaires, aux visites dans les parcs québécois, à la recherche de données et à la rédaction du rapport. Il souhaite toutefois se donner quelque temps pour procéder à l'analyse des recommandations qui y sont formulées. M. Cliche entend par la suite, proposer un plan d'action pour l'avenir du réseau des parcs québécois.

On pourra se procurer une copie du rapport auprès de Mme Francine B. Lapointe au numéro de téléphone (418) 643-3732.

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Source :
France Amyot, attachée de presse du ministre
de l'Environnement et de la Faune
Tél. : (418) 643-8259

Information :
Mme Nathalie Zinger
Membre du Comité conseil
sur la relance des parcs
(514) 866-7800

Monsieur Bernard Beaudin
Membre du Comité conseil
sur la relance des parcs
(418) 644-7926

RÉSUMÉ DU RAPPORT DU COMITÉ CONSEIL SUR LA RELANCE DES PARCS QUÉBÉCOIS

En février 1996, afin d'améliorer le financement et de poursuivre le développement de son réseau de parcs, le gouvernement publiait à la Gazette officielle un projet de règlement visant à implanter une tarification d'accès qui s'appliquerait à tous les usagers des parcs. Plusieurs commentaires furent alors exprimés. Généralement favorables à une tarification d'accès, les organismes qui se sont exprimés étaient inquiets quant à l'impact d'une telle mesure sur l'économie régionale et sur les revenus des entreprises oeuvrant dans les parcs. Toutefois, les propriétaires de centres récréatifs détenteurs de baux avec droit de superficie s'opposaient à cette tarification.

Au printemps 1996, tenant compte de l'ensemble des commentaires reçus, le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche, reportait l'application de cette mesure. Il formait alors un comité conseil pour faire le point sur cette situation et pour revoir le financement du réseau de parcs et ce, dans une perspective d'ensemble des aires protégées du Québec. Ce Comité devait également analyser les relations du Ministère avec ses partenaires.

Six grands thèmes sont abordés dans le rapport : la mission des parcs, la gestion du réseau, la consolidation du réseau, le financement des parcs, la notoriété du réseau et les relations du Ministère avec le milieu.

D'abord la mission. Lors de l'adoption de la loi-cadre sur les parcs en 1977, le gouvernement visait à doter le Québec d'un réseau de parcs selon les critères internationaux, notamment en y excluant toute forme d'exploitation commerciale des ressources naturelles. La Loi prévoyait des parcs de conservation et des parcs de récréation. Ces deniers parcs contenaient certains équipements lourds (golf, ski alpin) dont la vocation est davantage commerciale. De plus, un golf a été aménagé dans un parc, celui des Îles-de-Boucherville. Un parc de conservation, celui du Mont-Saint-Bruno, comprend même une station de ski alpin. Si bien qu'aujourd'hui la distinction entre les deux catégories de parc n'est plus claire et traduit mal la réalité, d'autant plus que les deux visent la protection de la nature.

Par ailleurs, la Loi, et surtout la Politique sur les parcs, force le Ministère à aménager le territoire lorsqu'il crée un parc. De plus, la Loi ne contient aucune mesure permettant de réserver des territoires, privés ou publics, où le Ministère pourrait créer un parc. La Loi devrait aussi mieux circonscrire la notion de récréation intensive et prévoir que les équipements lourds soient installés de préférence en périphérie. Enfin, afin de mieux protéger les parcs, des mesures législatives devraient prévoir la création de zones tampons lorsqu'il y a lieu.

Le comité recommande donc que la Loi et la Politique sur les parcs soient amendées afin qu'il n'y ait dorénavant qu'une seule classification, celle de parcs de conservation, et que la classification et la réglementation des parcs actuels de récréation soient revues en conséquence. Il recommande aussi que la Loi et la Politique prévoient des dispositions pour mettre en réserve, sans obligation d'aménager, des territoires, privés ou publics, aux fins d'y créer des parcs et qu'elles confient au ministre de l'Environnement et de la Faune le pouvoir d'y établir des mesures intérimaires de gestion. Le comité propose enfin que des dispositions permettent d'établir des zones tampons en périphérie des parcs pour lesquelles des modalités particulières de gestion s'appliqueraient.

Au chapitre de la gestion, le comité considère que le Ministère ne possède pas une structure administrative pour gérer efficacement son réseau de parcs. Cinq directions centrales et dix directions régionales interviennent à différentes étapes du processus de gestion. De plus, le développement du réseau se réalise sans tenir compte d'une perspective d'ensemble des aires protégées. Ainsi le comité propose deux regroupements administratifs. L'un pour la planification de l'ensemble des aires protégées et l'autre pour la gestion du réseau des parcs.

Ainsi, le comité recommande que le Ministère regroupe dans une même unité administrative les responsabilités d'acquisition et de diffusion de connaissances relatives aux écosystèmes du Québec de même que de planification d'ensemble d'un réseau d'aires protégées dont les parcs constituent un des moyens privilégiés. Il recommande également la mise en place d'une nouvelle entité chargée de la gestion du réseau des parcs. La structure de cette nouvelle entité devrait se rapprocher le plus possible de celle d'une société d'État et relever du ministre responsable de l'application de la Loi sur les parcs.

Quant à la délégation à des entreprises privées de l'offre d'activités ou de services, le comité est d'avis que le Ministère doive adopter une approche plus pragmatique qui favorisera davantage la concurrence ainsi qu'une gestion plus économe et plus efficace. Le Ministère devrait également se doter de meilleurs moyens de suivi et d'évaluation de la délégation.

En ce qui concerne la consolidation du réseau, le Ministère devra centrer son action sur la mission fondamentale des parcs. À ce jour, ses efforts ont davantage été consacrés à recevoir une clientèle croissante et ce, parfois au détriment de la conservation du milieu. Il devra à l'avenir favoriser les activités journalières et de courte durée qui sont plus compatibles avec cette mission. Enfin, la vétusté de certains équipements et infrastructures routières devrait être corrigée car elle constitue un frein à l'accessibilité en particulier pour les familles.

Le comité recommande donc que la nouvelle entité de gestion des parcs recentre sa mission sur la conservation et sur les activités d'éducation et d'accueil; qu'elle développe en priorité des activités journalières ou de courte durée; enfin, qu'elle développe un programme d'amélioration des infrastructures routières des parcs et de leur accès.

Les ressources consacrées par le Ministère à l'égard du financement ont chuté au fil des ans et ce, malgré l'augmentation du nombre de parcs. Pour maintenir ses actifs, restaurer les milieux dégradés et éventuellement développer de nouveaux secteurs ou de nouveaux parcs, il devra redresser la situation financière en augmentant ses revenus et en améliorant sa productivité.

En recourant à la délégation des activités et services à caractère commercial, le Ministère a pu maintenir et même développer des services de qualité dans les parcs. Cependant, ses revenus de redevances demeurent modestes. Celles-ci devront être revues, à l'échéance des ententes, afin qu'elles reflètent davantage un juste prix compte tenu des conditions du marché et de la valeur des actifs mis à la disposition des partenaires.

Pour leur part, tous les usagers devront contribuer financièrement au développement des parcs. Ce n'est pas le cas actuellement. Le comité est donc d'avis que l'on devrait instaurer une tarification d'accès. Celle-ci devrait être mise en place de façon pragmatique et tenir compte des situations propres à chacun des parcs. Enfin, d'autres sources de financement devront aussi être explorées.

À cet effet, le comité recommande que le Ministère maintienne et, éventuellement, augmente sa contribution financière pour rencontrer ses objectifs à l'égard des parcs. Il recommande aussi que la nouvelle entité de gestion dispose d'un budget gouvernemental stable et réparti sur une base pluriannuelle; qu'elle instaure une tarification d'accès basée sur le principe de l'utilisateur-payeur et tenant compte de la situation propre à chaque parc; qu'elle puisse conserver tous ses revenus et les réinvestir dans les parcs; enfin, que cette entité profite de son autonomie de gestion pour accroître les revenus d'autres sources compatibles avec la mission des parcs.

Les parcs québécois sont méconnus du public. Leur rôle et les caractéristiques uniques de chacun devront faire l'objet d'une stratégie de mise en marché visant à faire connaître davantage ces joyaux naturels. Ainsi, le comité recommande que la nouvelle identité de gestion mette en oeuvre dans les meilleurs délais une stratégie de marketing axée notamment sur la mission fondamentale des parcs et sur les attraits propres à chacun d'entre eux.

La participation du milieu régional à l'orientation du développement des parcs et à leur gestion constitue un des points forts du réseau. Sous diverses formes, elle permet aux parcs de s'intégrer à la dynamique socio-économique des régions du Québec. Le comité souhaite que cette caractéristique soit maintenue et encouragée. Il recommande donc que l'entité de gestion maintienne des relations étroites avec le milieu régional selon des mécanismes propres à la situation particulière de chaque parc.

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