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Communiqués de presse

QUALITÉ DES EAUX DES RIVIÈRES MASKINONGÉ ET DU LOUP - DES VARIATIONS SENSIBLES ENTRE L'AMONT ET L'AVAL

Louiseville, le 14 mars 1997 - C'est en présence des partenaires municipaux, industriels, agricoles, environnementaux et fauniques concernés que le ministre de l'Environnement et de la Faune, M. David Cliche, a rendu public aujourd'hui, à Louiseville, le rapport bilan Qualité des eaux des bassins des rivières Maskinongé et du Loup, 1979 à 1996.

Réalisée par la spécialiste en sciences de l'eau Patricia Robitaille, de la Direction des écosystèmes aquatiques, cette étude dresse un portrait de la qualité des eaux de surface des rivières Maskinongé et du Loup, deux tributaires du Saint-Laurent qui bordent à l'ouest et à l'est la frontière des régions de Lanaudière et de la Mauricie-Bois-Francs. Constitué à partir de données physico-chimiques et bactériologiques colligées de janvier 1979 à janvier 1996, ce bilan est le fruit de plus de 19 650 résultats d'analyse effectuées à partir de 1 400 échantillons prélevés à seize stations d'échantillonnage réparties dans les deux bassins. Cette étude est essentiellement basée sur la mesure de paramètres conventionnels de la qualité de l'eau tels la demande biochimique en oxygène, l'azote, le phosphore, les coliformes fécaux, les matières en suspension et la turbidité.

Le rapport contient des informations sur les facteurs socio-économiques et physiques qui peuvent expliquer les tendances ou les résultats mesurés. On y retrouve ainsi des renseignements concernant l'utilisation du sol, l'évolution démographique, les activités industrielles et agricoles, et les travaux d'assainissement réalisés dans le bassin.

De façon générale, y est confirmé le fait que plus on descend vers l'aval des bassins hydrographiques à l'étude, plus la qualité de l'eau des rivières Maskinongé et du Loup se dégrade.

Le bassin de la rivière Maskinongé

Pour la rivière Maskinongé, dans sa partie amont, l'eau y est de qualité tantôt douteuse à l'embouchure de la rivière Matambin dans le lac Maskinongé, tantôt de qualité satisfaisante à l'embouchure de la rivière Mastigouche dans le même lac, et enfin de bonne qualité au début même de la rivière Maskinongé, à l'aval du lac. En fait, plus les débits de ces rivières sont faibles, plus les pressions extérieures se font sentir sur les cours d'eau. Ainsi, pour des pressions municipales et agricoles comparables, les eaux des rivières Matambin et Mastigouche sont de qualité différente. Quant à la bonne qualité d'eau au début de la rivière Maskinongé, elle s'explique en raison de l'effluent de la station d'épuration de la municipalité de Saint-Gabriel qui est dirigé à l'aval de la station d'échantillonnage dans la rivière et par la présence du lac Maskinongé en amont, lequel agit comme élément d'épuration naturel du cours d'eau.

En aval toutefois, l'eau est de qualité satisfaisante tant que la rivière Maskinongé coule sur le plateau laurentien. Cependant, elle est douteuse ou très mauvaise aux stations d'échantillonnage situées dans les basses-terres, ainsi les rivières Maskinongé et l'Ormière à leur embouchure montrent-elles la plus forte dégradation. Par ailleurs, un point tournant se trouve en aval de la municipalité de Maskinongé. La qualité de l'eau y est très mauvaise en raison principalement des eaux usées non traitées provenant de l'entreprise Fromages Saputo ltée, ainsi que des rejets urbains de la municipalité de Maskinongé. La situation sur la rivière l'Ormière est similaire à celle des autres tributaires agricoles de l'un ou l'autre bassin; la qualité de l'eau y est gravement atteinte. Enfin, des baisses concernant certains descripteurs de l'eau - phosphore dissous et azote ammoniacal - ont aussi été observées à la station d'échantillonnage située à l'embouchure de la rivière Maskinongé. Les projets d'assainissement urbain sont en partie responsables de cette situation mais d'autres réalités socio-économiques sont possiblement en cause comme, par exemple, une diminution des activités agricoles, entre 1979 et 1991.

Le bassin de la rivière du Loup

Pour ce qui est du bassin de la rivière du Loup, dans sa partie amont, on y constate une qualité d'eau satisfaisante sauf au niveau de la rivière Saint-Louis, laquelle draine un territoire fortement utilisé pour l'agriculture, particulièrement par l'industrie porcine. L'eau y est de très mauvaise qualité. De plus, la municipalité de Saint-Paulin, établie dans la petite vallée où coule cette rivière, déverse les eaux usées de quelque 700 habitants raccordés à son réseau d'égouts municipal, à un kilomètre à peine en amont de la station d'échantillonnage. Le secteur aval de ce bassin, qui occupe presque essentiellement la zone couverte par les basses-terres du Saint-Laurent, montre une qualité d'eau très mauvaise, autant dans la petite rivière du Loup que dans le cours d'eau principal, en aval de Louiseville. Les causes sont variées : l'agriculture est pratiquée de manière intensive dans les basses-terres. De plus, au moment de l'échantillonnage ayant permis d'établir le portrait spatial de la qualité de l'eau, les eaux usées de Louiseville - la plus importante municipalité de ce bassin - n'étaient pas encore traitées, et les eaux usées de deux importantes entreprises industrielles étaient rejetées à la rivière, traitées partiellement dans le cas d'une de ces entreprises.

Au point de vue de l'évolution de la qualité de l'eau, l'analyse des données concernant certains descripteurs a permis de constater qu'il y a eu des baisses dans les concentrations de phosphore et d'azote à l'embouchure. Celles-ci sont toutefois difficilement attribuables aux projets d'assainissement urbain. Il est possible qu'elles soient dues à une baisse concomitante dans les activités agricoles et dans la production industrielle, quoique ces hypothèses n'aient pu être vérifiées.

Les interventions d'assainissement urbain, industriel et agricole :
des efforts concertés de plusieurs partenaires

Les partenaires du milieu ont consenti de nombreux efforts d'assainissement urbain, industriel et agricole durant les dernières années dans les bassins des rivières Maskinongé et du Loup.

Ainsi, en termes d'assainissement urbain, cinq des neuf municipalités du bassin maskinongeois disposent de réseaux d'égouts desservant quelque 73 % des 14 000 riverains. Dans le bassin voisin de la rivière du Loup, ce nombre de municipalités avec réseaux est de cinq sur sept pour 79 % de la population locale de 16 000 
habitants. Parmi toutes ces municipalités, quatre ont leurs eaux usées traitées par des stations d'épuration, soit Saint-Gabriel, depuis 1985, Saint-Justin, depuis 1994, Sainte-Ursule, depuis 1993 et plus récemment Louiseville, en opération depuis septembre 1996.

Du point de vue industriel, sur le bassin de la rivière Maskinongé, trois entreprises industrielles ont été identifiées comme étant polluantes pour le milieu aquatique. Une de celles-ci, l'agroalimentaire Fromages Saputo ltée, à Saint- Joseph-de-Maskinongé, quoiqu'ayant diminué sa production de 75 % en 1996, rejette toujours ses eaux usées dans la rivière. Une autre, Produits Louchel inc., active dans le traitement du bois, gère ses eaux usées en cuircuit fermé. La dernière, la manufacture de bijoux C. Lamond et fils ltée, envoie ses eaux usées à la station d'épuration municipale de Saint-Gabriel. Dans le bassin de la rivière du Loup, cinq des six usines manufacturières qui ont été retenues pour interventions d'assainissement, ont terminé leurs travaux. Les deux entreprises les plus importantes de ce bassin sont Les Cuirs Saltan inc. et Matériaux Cascades : la première acheminera au printemps 1997 ses eaux usées prétraitées au système de traitement municipal de Louiseville; la deuxième, le fait depuis la mise en service de la station d'épuration louisevilloise.

D'autre part, quelque 67 interventions d'assainissement agricole, pour un total de subventions de l'ordre de 1 398 212, 00 $, ont été réalisées dans l'ensemble des deux bassins versants dans le cadre du Programme d'aide à l'amélioration de la gestion des fumiers (PAAGF), programme relevant depuis 1993 du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.

Un suivi régulier

Pour l'avenir, le Ministère entend maintenir son programme de surveillance et les données obtenues serviront à mesurer le degré de récupération des bassins des rivières Maskinongé et du Loup au fur et à mesure que les travaux d'assainissement auront été finalisés, notamment avec la mise en service récente des équipements d'épuration de Louiseville.

Ce document s'inscrit dans le continuum des études que le ministère de l'Environnement et de la Faune publie depuis 1990 sur les différents suivis de l'état des cours d'eau dans les principaux bassins hydrographiques de la vallée du Saint-Laurent.

Le rapport bilan Qualité des eaux des bassins des rivières Maskinongé et du Loup, 1979 à 1996, ainsi que la brochure synthèse qui le vulgarise sont disponibles entre autres dans les bureaux des directions régionales du MEF à Repentigny et Trois Rivières, de même qu'au Centre de renseignement du ministère de l'Environnement et de la Faune au 1 800 561 1616.

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SOURCE :

Claude Beauchamp
Attaché de presse du ministre de
l’Environnement et de la Faune
(418) 643 8259
Guy Gagnon
Direction des affaires institutionnelles et
des communications
(418) 644 3257
Courrier électronique

POUR INFORMATION :

Patricia Robitaille
Direction des écosystèmes aquatiques
(418) 521 3820 poste 4701

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