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Communiqués de presse

À MOINS QUE DES FAITS NOUVEAUX NE SOIENT PORTÉS À SON ATTENTION :

DAVID CLICHE NE RECOMMANDERA PAS AU CONSEIL DES MINISTRES D’AUTORISER LA CONSTRUCTION D’UNE CENTRALE HYDRO-ÉLECTRIQUE AUX CHUTES DE LA CHAUDIÈRE

Québec, le 12 mai 1997 - À moins que des faits nouveaux ne soient portés à son attention d’ici le 23 mai, le ministre de l’Environnement et de la Faune, monsieur David Cliche, ne recommandera pas au Conseil des ministres d’autoriser le projet de construction d’une centrale hydro-électrique aux chutes de la Chaudière sur la rive-sud de Québec. Dans une lettre qu’il vient de faire parvenir au promoteur et dont il rend le contenu public, le ministre informe le président d’Innergex, monsieur Gilles Lefrançois, des raisons et des faits qui motivent sa décision.

Monsieur Gilles Lefrançois
Président
Innergex
770, rue Sherbrooke Ouest
Bureau 1430
Montréal (Québec) H3A 1G1

Monsieur,

Je vous informe de la recommandation que j’ai l’intention d’acheminer au Conseil des ministres concernant votre projet de construction d’une centrale hydro-électrique aux chutes de la Chaudière. Celle-ci est négative et ce, pour plusieurs raisons et faits que je résume ici.

La Commission du bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) conclut que le projet serait acceptable sur les plans environnemental et social, uniquement à certaines conditions.

Ainsi, la Commission recommande l’augmentation du débit écologique réservé au niveau de 12,5 m3/sec pour garder intact l’habitat des poissons car, selon les experts du MEF qui ont comparu devant la Commission, ceci est « un minimum pour garantir la protection des habitats ». Vous avez indiqué que vous n’avez pas l’intention d’accepter cette condition, mais plutôt l’intention de limiter le débit écologique réservé à 5 m3/sec, ce que vous m’avez confirmé par écrit, le 7 mai dernier. Toujours selon vous, le débit réservé de 12,5 m3/sec ferait en sorte que votre projet ne serait pas rentable.

Le BAPE recommande une modulation du débit esthétique de façon à concilier le rythme naturel de la rivière, les attentes des résidents et des visiteurs, ainsi que la rentabilité de la centrale.

Vous seriez prêt à accepter un débit minimum de 37 m3/sec, de 7h30 le matin au coucher du soleil durant les mois de juillet et août seulement. Toute autre exigence aurait pour conséquence de rendre votre projet non rentable. Ce qui veut dire que la chute serait complètement asséchée, à l’exception d’un petit débit de 5 m3/sec situé à l’extrémité ouest de la chute, pour pratiquement tout le mois de juin, tout le mois de septembre et une majorité des jours du mois d’octobre.

Il en va de même pour les mois de janvier et de février où la chute serait à sec. Pour le mois de novembre, le débit dans la chute serait réduit, en moyenne, de 110 m3/sec à 32 m3/sec, alors qu’en décembre il serait réduit de 93,6 m3/sec à 15,6 m3/sec. Cet assèchement complet ou partiel de la chute aurait un impact significatif sur les attentes des visiteurs du parc des chutes de la Chaudière qui, au nombre de 702,486 en 1990, la visitent à l’année et y viennent pour voir une chute.

De plus, les milliers d’automobilistes qui passent sur la route 20 et qui voient dans les chutes de la Chaudière une expression visuelle de l’humeur de la nature seront, à tout le moins, étonnés de leur assèchement complet ou partiel.

Il nous apparaît donc impossible de concilier le rythme naturel de la rivière, les attentes des visiteurs et la rentabilité de la centrale. C’était pourtant une recommandation fondamentale et essentielle du BAPE afin de favoriser l’acceptation sociale du projet.

Quant à la justification énergétique et économique de ce projet, le BAPE ne s’est pas prononcé sur cette question, s’en remettant aux conclusions de la Commission d’enquête sur la politique d’achat d’électricité produite par des petites centrales appartenant à des tiers (commission Doyon).

Or, les commissaires soulignent, dans les conclusions de leur rapport, en page 589: « La Commission n’est pas convaincue du bien-fondé des raisons avancées à l’époque pour justifier la pertinence du programme d’achat de production privée ». Puis ils ajoutent, en page 594: « La Commission estime qu’il serait utile que le Gouvernement s’interroge sur l’opportunité de poursuivre un programme dont les retombées économiques se limitent à la courte période de construction, mais dont un nombre grandissant de citoyens pourraient, à long terme, continuer à subir les effets pervers ».

Dans cette même veine, le président d’Hydro-Québec déclarait, lors de sa comparution récente devant une commission parlementaire, qu’il n’avait pas besoin de nouvelle puissance installée avant l’an 2004 et que tout achat d’électricité à plus de 3,5 cents/kwh représenterait une perte pour la société d’État. Lors d’une rencontre récente, le président d’Hydro-Québec nous a reconfirmé ces affirmations. Or, les termes de votre contrat avec Hydro-Québec font état d’un coût de transaction à 5,35 cents/kwh, constituant ainsi une perte annuelle d’environ 2 millions $ pour Hydro-Québec.

Je base ma décision sur les faits que je viens de résumer ici. Je voulais vous en informer afin que, si vous vouliez apporter des faits nouveaux à mon attention, vous puissiez le faire. Ainsi, j’aimerais pouvoir vous lire, le cas échéant, avant le 23 mai.

En ce qui concerne le financement du parc des chutes de la Chaudière qui aurait pu bénéficier de votre projet, je serais prêt à intégrer la problématique de ce parc dans la politique de consolidation et de relance des parcs québécois que j’espère mettre en place cette année.

Je vous prie de recevoir, Monsieur, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

DAVID CLICHE

- 30 -

SOURCE :

Claude Beauchamp
Attaché de presse du ministre de l’Environnement et
de la Faune du Québec
Tél. :(418) 643-8259

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