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BASSIN VERSANT DE LA RIVIÈRE L'ASSOMPTION : L'ACTIVITÉ AGRICOLE ET SES EFFETS SUR LA QUALITÉ DE L'EAU

Joliette, le 4 avril 1998 — C'est dans le contexte du forum régional « Le développement durable en agriculture dans Lanaudière : les aspects agro-environnementaux et les aspects sociaux » que les deux coprésidents du volet Assainissement agricole de Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), M. Henri Durocher, du ministère de l’Environnement et de la Faune du Québec (MEF), et Mme Esther Côté, d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, ont rendu public aujourd'hui le rapport Bassin versant de la rivière L'Assomption : l'activité agricole et ses effets sur la qualité de l'eau et la brochure afférente.

C’est en présence de plusieurs intervenants du milieu provenant des secteurs municipal, industriel, agricole et environnemental que M. Stéphane Gariépy, de la Direction des politiques des secteurs agricole et naturel au MEF, a livré les résultats de l’étude portant sur les aspects agro-environnementaux du bassin de la rivière L'Assomption. Cette étude, effectuée selon le modèle pression - état - réponse préconisé par l'OCDE, met l'accent sur les activités agricoles et sur leur rôle dans la dégradation de la qualité des eaux de surface et souterraines, tout en cherchant à situer leur importance par rapport aux sources urbaines et industrielles de pollution.

Aux fins de l’étude, le bassin, d'une superficie de 4 220 km2, a été divisé en neuf sous-bassins principaux, soit ceux des rivières de l'Achigan, Ouareau, L'Assomption, Noire, Saint-Esprit et des ruisseaux Saint-Pierre, Vacher, Saint-Georges et du Point du Jour. La forêt occupe la majeure partie du territoire (68 %), tandis que l'agriculture et les zones urbaines en occupent respectivement 21 % et 5 %. Près de 155 000 personnes habitent dans le bassin, dont 110 000 dans le secteur inférieur situé dans la plaine du Saint-Laurent. On dénombre 43 municipalités situées entièrement dans le bassin ainsi que 35 autres qui le touchent en partie. En 1994, 27 municipalités possédaient un réseau d'égouts qui desservait près de 85 000 personnes. En outre, la mise en fonction du système de traitement des eaux usées avant rejet des villes de Charlemagne et Le Gardeur, en 1997, a permis à 58 % des résidents de profiter de ce service. En ce qui a trait au secteur industriel, 42 établissements, sur un total de 378, ont été classés au rang d'entreprises polluantes ou susceptibles de l'être. Fortement agricole dans sa partie sud, le bassin comptait, en 1995, 1 305 producteurs agricoles possédant 60 221 hectares de terre en culture et 73 563 unités animales.

De la tête à l'embouchure, une eau qui se détériore

L'analyse de la qualité de l'eau démontre que l'eau de la rivière et de ses tributaires se dégrade au fur et à mesure qu'elle descend vers l'embouchure du bassin. Dans le secteur supérieur du bassin, au coeur de la zone forestière et naturelle du territoire, la qualité de l'eau de surface est bonne ou satisfaisante, permettant une diversité d'usages dont la baignade, le canotage et la pêche sportive. Ce sont les eaux de la portion nord des rivières L'Assomption et Ouareau qui affichent la meilleure qualité de tout le bassin. Le secteur inférieur, là où se concentrent les activités socioéconomiques du bassin, présente une eau de mauvaise qualité tant sur le plan de la qualité physicochimique (phosphore, azote, matières en suspension) que bactériologique. Les rejets urbains et industriels ne peuvent à eux seuls expliquer le degré de pollution de la rivière L'Assomption; les sources de pollution agricole, tantôt ponctuelles, tantôt diffuses, contribuent dans une large part à la contamination du milieu.

L'état des eaux souterraines témoigne également des fortes pressions qu'exercent les activités humaines, surtout agricoles. La présence de divers pesticides ainsi que de concentrations en nitrates dépassant le critère de qualité pour l'eau potable, est détectée occasionnellement dans des échantillons d'eau souterraine. Sur presque le quart du bassin, les eaux souterraines sont d'ailleurs considérées comme vulnérables à la pollution, compte tenu des caractéristiques des sols de la région.

Voici, avec quelques chiffres à l'appui, la façon dont la production agricole exerce une importante pression sur la qualité de l'eau du bassin versant de la rivière L'Assomption.

Pesticides : une valeur plus élevée que la moyenne provinciale

La production de plantes fourragères, de céréales et de grandes cultures, comme le maïs et le soya, dominent le secteur des productions végétales (54 200 hectares). Exception faite de la culture fourragère, tant les grandes cultures que la culture maraîchère font un usage important de pesticides. Cette utilisation des pesticides se traduit pour l’ensemble des superficies cultivées sur le bassin par un taux d’application moyen annuel d’ingrédients actifs de 2,2 kg/ha, alors que la moyenne québécoise se chiffre à 1,3 kg/ha. Les sous-bassins du Point du Jour et L'Assomption subissent des pressions plus grandes, avec respectivement 5,3 et 3,7 kg/ha annuellement. La situation de ces sous-bassins s'explique en majeure partie par les plus grandes superficies consacrées aux cultures de pommes de terre et du tabac pour lesquelles il y a un usage intensif de pesticides. Des pesticides ont par ailleurs été décelés dans des puits de surface à Crabtree, Saint-Roch-de-l'Achigan et Sainte-Sophie.

Productions animales : des fertilisants en abondance

Le bassin versant de la rivière L'Assomption accueille un important cheptel dont la densité s'élève, en moyenne, à 1,2 unité animale par hectare cultivé. Le cheptel porcin représente plus de 50 % des unités animales du bassin, tandis que le bovin laitier et la volaille représentent 20 %. La production porcine se concentre dans le sous-bassin de l'Achigan et, dans une moindre mesure, dans les sous-bassins Saint-Esprit et Ouareau. L'élevage de la volaille se pratique surtout dans le sous-bassin de l'Achigan et le tronçon principal de la rivière L'Assomption.

Ces différents élevages sont à l'origine d'une production importante d'engrais de ferme, auxquels s'ajoutent près de 8 millions de dollars de fertilisants minéraux. L'indice-azote et l'indice-phosphore (qui reposent sur un bilan annuel des entrées de fertilisants et des sorties d'éléments nutritifs prélevés par les végétaux) révèlent des excédents importants d'azote et de phosphore susceptibles d'exercer une pression sur l'eau de l'ensemble des sous-bassins. À l'échelle du bassin, l'indice-azote est de 82,3 kg/ha et l'indice-phosphore, 23,2 kg/ha. Dans les faits, les engrais de ferme sont épandus sur environ 30 % des superficies cultivées, ce qui laisse entrevoir des pressions locales par les nutriments des fumiers beaucoup plus grandes ; celles-ci atteignent près de 400 kg/ha d'azote et plus de 100 kg/ha de phosphore pour le sous-bassin de l'Achigan. À l'exception du sous-bassin de la rivière Noire, tous les sous-bassins présentent des excédents appréciables d'azote et de phosphore.

Si l'on utilise un autre mode de mesure, les fumiers et les lisiers produits dans le bassin représentent 5 400 tonnes d'azote et 1 250 tonnes de phosphore, et les 8 millions de dollars en fertilisants minéraux constituent plus de 4 000 tonnes d'azote et plus de 1 200 tonnes de phosphore. Ces pressions agroenvironnementales se répercutent inévitablement sur la qualité des cours d’eau du bassin versant.

Des interventions d'assainissement qui concernent tout le monde

À ce jour, les interventions d'assainissement ont porté surtout sur les sources ponctuelles de pollution tant urbaine, industrielle qu'agricole. Ainsi, la totalité des 27 municipalités desservies par un réseau d'égouts dont l'émissaire est localisé dans le bassin versant de la rivière L'Assomption, sera dotée d'une station de traitement des eaux usées lorsque la station qui desservira la ville de Joliette et des municipalités avoisinantes, sera mise en fonction en 1999. De plus, les travaux correctifs de plus de 60 % des 42 entreprises classées polluantes ou susceptibles de l'être sont complétés ou en voie de l'être. Sur le plan des sources ponctuelles d'origine agricole, la construction de structures étanches d'entreposage des déjections animales, le contrôle des épandages et l'imposition d'un moratoire sur le développement de nouvelles porcheries au début des années 80 ont eu pour effet de diminuer substantiellement les concentrations en azote ammoniacal et en phosphore dans les rivières de l'Achigan, Saint-Esprit et L'Assomption, sans toutefois permettre le respect de plusieurs critères de qualité de l’eau. Aujourd'hui, environ 95 % des entreprises porcines et 40 % des fermes laitières possèdent des structures d'entreposage conformes à la réglementation québécoise.

Les principales sources ponctuelles de pollution de l'eau étant maîtrisées, les sources diffuses dues aux activités agricoles dans la portion inférieure du bassin représentent une cause de contamination dont l'importance relative croît sans cesse. Dorénavant, tout en complétant le contrôle des rejets ponctuels majeurs (ex. : le traitement des eaux de Joliette, les lieux d'entreposage des fumiers des exploitations laitières), les efforts d'assainissement des eaux devront être orientés vers la réduction de la pollution diffuse d'origine agricole, particulièrement la surfertilisation des cultures.

Le contrôle de la pollution diffuse exige la mise en oeuvre d'une nouvelle approche d'intervention qui prenne en compte la réalité du bassin versant et ses multiples dimensions environnementale, économique, sociale, culturelle et politique. Selon une telle approche, l'ensemble des intervenants du milieu sont appelés à jouer un rôle majeur dans les grand enjeux de l'assainissement et de la protection des ressources en eau du bassin versant de la rivière L'Assomption. La mise sur pied de la Coopérative de gestion des engrais organiques de Lanaudière (COGENOR Lanaudière) et la participation d'une trentaine de producteurs sur une base volontaire au projet pilote de gestion de l'eau dans le bassin du ruisseau Saint-Esprit en sont de bons exemples.

Le rapport agroenvironnemental Bassin versant de la rivière L'Assomption : l'activité agricole et ses effets sur la qualité de l'eau ainsi que la brochure synthèse vulgarisée Bassin versant de la rivière L'Assomption : modifier nos pratiques agricoles... la priorité sont disponibles au bureau de la direction régionale du MEF à Repentigny, au numéro (450) 654-4355 de même qu'au Service d'accueil et de renseignements du MEF, au numéro (418) 521-3830 ou au numéro sans frais 1 800 561-1616 (pour l'extérieur de la région de Québec).

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SOURCE :

Rachel Beaulieu
Direction des affaires institutionnelles et des communications
Ministère de l'Environnement et de la Faune
Tél. : (418) 521-3823, poste 4911
Télécopieur : (418) 643-3358
Courriel : rachel.beaulieu@mef.gouv.qc.ca

POUR INFORMATION :

Stéphane Gariépy
Direction des politiques des secteurs agricole et naturel
Ministère de l'Environnement et de la Faune
Tél. : (418) 521-3829, poste 4832
Télécopieur : (418) 528-1035
Courriel : stephane.gariepy@mef.gouv.qc.ca

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