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Communiqués de presse

L’ÉCOSYSTÈME AQUATIQUE DU BASSIN DE LA RIVIÈRE RICHELIEU : SON PREMIER « BILAN DE SANTÉ » EST PUBLIÉ

Beloeil, le 9 juin 1998 - C’est en présence des partenaires municipaux, industriels, agricoles, environnementaux et fauniques concernés que le directeur des Écosystèmes aquatiques, monsieur Guy Demers, et la directrice régionale de la Montérégie, madame Francine Émond, ont rendu publics aujourd’hui à Beloeil le rapport Le bassin de la rivière Richelieu : l’état de l’écosystème aquatique — 1995 ainsi que la brochure de vulgarisation État de l’écosystème aquatique du bassin de la rivière Richelieu — Synthèse 1998 qui lui est afférente.

Les résultats présentés démontrent que le Richelieu se trouve actuellement dans une situation que l’on peut qualifier de « moyenne », une situation dont on ne peut encore se satisfaire. Bien que le Richelieu soit en bonne condition à certains endroits, il subit néanmoins des agressions tout au long de son parcours, ce qui en altère la qualité. Globalement, selon que l’on se base sur le poisson ou le benthos, de 56% à 65% de la rivière se trouve dans une classe de qualité identifiée comme moyenne, environ 30% est en bon état et 15% est en mauvais état.

Réalisé principalement lors d’une campagne d’échantillonnage tenue à l’été 1995 par une équipe de professionnels du ministère de l’Environnement et de la Faune, ce « bilan de santé » dresse un portrait du bassin hydrographique de la rivière Richelieu en ce qui a trait à l’abondance, à la diversité des communautés ichtyologiques (poissons) et benthiques (invertébrés vivant au fond des cours d’eau). Également, relativement à certains contaminants industriels, on y présente la qualité de l’eau, à l’aide de traceurs. On y traite aussi des polluants conventionnels tels l’azote, le phosphore, les matières en suspension et les coliformes fécaux, en y contextualisant les principales données au regard du suivi du Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ) et en actualisant celles déjà livrées dans un premier rapport sur ce sujet paru en 1993. Enfin, on y aborde la contamination de la chair des poissons.

Les faits saillants de cette étude sont livrés en annexe.

Ce portrait des connaissances sur l’état de l’environnement permet d’évaluer les efforts consentis dans l’assainissement et permet surtout d’appuyer les interventions à venir sur des données fiables et documentées.

C’est d’ailleurs dans cette perspective que le Ministère entend maintenir son programme de surveillance et les données obtenues serviront à mesurer le degré de récupération du bassin de la rivière Richelieu au fur et à mesure que les travaux d’assainissement auront été finalisés.

Cette étude s’inscrit dans le cadre des contributions du MEF à l’entente canado-québécoise Saint-Laurent Vision 2000 et se veut un outil de taille fourni à tous ceux et celles qui, dans le milieu, sont engagés déjà ou s’engageront dans ce projet d’envergure qu’est la sauvegarde du bassin du Richelieu.

Le rapport Le bassin de la rivière Richelieu : l’état de l’écosystème aquatique — 1995 ainsi que sa brochure de vulgarisation État de l’écosystème aquatique du bassin de la rivière Richelieu — Synthèse 1998 sont disponibles au bureau de la direction régionale du MEF à Longueuil, au numéro (450) 928-7607 de même qu’au Service d’accueil et de renseignements du MEF, au numéro (418) 521-3830 ou sans frais 1 800 561-1616 (pour l’extérieur de la région de Québec). Les internautes pourront aussi prendre connaissance de la brochure en rejoignant l’adresse suivante :
http://www.menv.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/richelieu/index.htm

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SOURCE :

Guy Gagnon, conseiller en communication
Direction des Affaires institutionnelles et des Communications
(418) 521-3823, poste 4915
Courriel : guy.gagnon@mef.gouv.qc.ca
Marielle Marchand, conseillère en communication
Direction régionale de la Montérégie
(450) 928-7607, poste 223
Courriel : marielle.marchand@mef.gouv.qc.ca

POUR INFORMATION :

Isabelle Piché, biologiste
Direction des écosystèmes aquatiques
(514) 873-8878, poste 304
Courriel : isabelle.piche@mef.gouv.qc.ca

 

ANNEXE

FAITS SAILLANTS DU RAPPORT LE BASSIN DE LA RIVIÈRE RICHELIEU : L’ÉTAT DE L’ÉCOSYSTÈME AQUATIQUE - 1995

La pollution d’origine urbaine sur le Richelieu : en 1995, on partait de loin

En 1995, contrairement à plusieurs autres bassins versants du Québec, l’état d’avancement du Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ) dans le bassin de la rivière Richelieu révélait que seulement 30 % de la population raccordée à des réseaux d’égouts était desservie par des stations d’épuration. Les résultats obtenus il y a trois ans sur la qualité de l’eau sont synthétisés à l’aide d’un indice de qualité bactériologique et physico-chimique (IQBP), basé sur des paramètres conventionnels. Celui-ci indique que la qualité de l’eau est satisfaisante à Lacolle, près de la frontière américaine. Plus en aval sur le bassin, l’IQBP signale des problèmes de pollution microbienne, d’enrichissement en phosphore et même parfois de turbidité en aval des villes dont les eaux usées n’étaient pas traitées. Ainsi, la qualité de l’eau est jugée très mauvaise en aval de Saint-Jean-sur-Richelieu et des agglomérations avoisinantes, de même qu’en aval des municipalités de Beloeil et des environs et de Saint-Charles-sur-Richelieu. Les stations situées en aval des tributaires agricoles importants que sont les rivières du Sud, des Hurons et l’Acadie affichent des valeurs d’IQBP qui correspondent à des eaux de qualité douteuse. Dans le cas des rivières des Hurons et de l’Acadie, l’IQBP indique respectivement des eaux de très mauvaise qualité et de mauvaise qualité qui témoignent de l’impact des activités agricoles dans ces sous-bassins. En raison des nombreux rejets urbains et industriels non traités et de la pollution diffuse d’origine agricole, la rivière Richelieu termine son parcours en affichant une qualité d’eau douteuse.

La contamination par les substances toxiques : une préoccupation réelle

La situation du Richelieu est préoccupante en ce qui a trait à sa contamination par les substances toxiques. À l’aide des mousses aquatiques et des cellules à dialyse, on y a décelé une grande diversité de substances toxiques qui se compare à celle des rivières Saint-Maurice et Yamaska et qui surpasse celle des rivières Chaudière et Châteauguay. C’est par le nombre élevé de substances toxiques détectées à plusieurs endroits, plutôt que par les concentrations mesurées, que la rivière Richelieu se démarque des autres rivières étudiées jusqu’à présent. Saint-Jean-sur-Richelieu avec ses 12 entreprises susceptibles de déverser des toxiques et ses nombreux endroits où le sol est contaminé par les activités industrielles se révèle un point chaud. Un total de 43 substances toxiques différentes, dont plusieurs congénères de BPC, présentent des concentrations plus élevées en aval de cette municipalité qu’en amont. Chambly se signale par une pollution aux HAP et à l’octachlorodioxine. Les rivières des Hurons et L’Acadie sont des sources de pesticides et, dans le deuxième cas, de HAP. McMasterville s’est révélé une source de BPC, d’hexachlorobenzène et de toluènes. Le ruisseau Beloeil déverse notamment dans le Richelieu des BPC et certains composés organiques semi-volatils. Tous ces contaminants sont rejetés dans un tronçon de rivière relativement court (moins de 40 km), directement dans l’habitat du chevalier cuivré : une espèce de poisson unique au Québec et menacée d’extinction, dont les seules frayères connues se situent dans le Richelieu et dont la reproduction semble compromise par des substances toxiques.

Dans la chair des poissons, 15 % des spécimens des trois espèces capturés ont des teneurs en mercure supérieures à 0,50 milligrammes par kilogramme (directive de Santé Canada), soit 27 % des dorés jaunes, 15 % des grands brochets et près de 7 % des achigans à petite bouche. Des BPC ont été détectés dans ces trois espèces, mais les teneurs sont bien au-dessous de la directive de Santé Canada (2000 microgrammes par kilogramme) et même sous le seuil des valeurs jugées faibles (100 microgrammes par kilo). Dans le bassin de Chambly, l’apparition de BPC moins persistants dans la chair des poissons signale la proximité d’une source possiblement encore active. Les teneurs en plomb dans le poisson entier révèle une contamination importante (plus de 0,50 milligrammes par kilogramme) dans les secteurs de la rive gauche du bassin de Chambly, dans la rivière L’Acadie et à Beloeil. Enfin, l’atrophie inexpliquée du foie des meuniers noirs capturés à Lacolle constitue une situation anormale.

Les organismes aquatiques : des témoins de premier plan

Sur les 117,8 km de rivière Richelieu qui ont été échantillonnés, l’indice biologique global normalisé (IBGN), qui permet d’évaluer l’intégrité de l’écosystème aquatique à partir des communautés benthiques, montre une cote excellente sur 7 km de rivière (6 % de son parcours), bonne sur 24,5 km (21 %), moyenne sur 76,3 km (65 % ) et faible sur 10 km (8 %). La station située à Lacolle, près de la frontière américaine, affiche une intégrité biotique moyenne ; une situation qui pourrait s’expliquer par les pressions de pollution exercées dans la partie américaine du bassin qui totalise 84 % du territoire. Les rejets urbains non traités dans les secteurs de Saint-Jean-sur-Richelieu et Beloeil nuisent aux communautés benthiques. On observe une baisse du nombre d’espèces polluosensibles et l’IBGN montre pour ces secteurs une cote moyenne et faible respectivement. En aval des tributaires agricoles des Hurons et L’Acadie, on enregistre aussi une diminution de l’intégrité biotique et une perte notable des espèces dont tous les polluosensibles. De Saint-Marc-sur-Richelieu jusqu’à l’embouchure, l’intégrité biotique demeure moyenne en raison des pressions agricoles, urbaines et industrielles qui persistent dans ce secteur.

L’indice d’intégrité biotique (IIB), basé sur les communautés de poissons, est bon sur 34 km de rivière (28 % de son parcours), moyen sur 66 km (56 % ) et faible sur 18,5 km (16 %). Le pourcentage des poissons affectés par des anomalies externes est particulièrement alarmant dans la rivière Richelieu. Les secteurs les plus touchés se situent entre Lacolle et Chambly ainsi qu’en aval de Saint-Denis et de Saint-Ours où 10 % à 26 % des poissons sont atteints. Au delà d’une proportion de 5 % d’anomalies, la santé de la communauté est jugée précaire. L’érosion des nageoires domine ces anomalies chez les poissons capturés entre Lacolle et Chambly, tandis que les poissons pêchés dans le secteur aval présentent une plus grande variété d’anomalies (déformations, érosions des nageoires, lésions et tumeurs). L’état de la communauté des poissons se dégrade en aval de Saint-Jean-sur-Richelieu ; zone de rejet des eaux usées non traitées de 61 000 personnes. L’IIB atteint une cote faible. À Beloeil, l’IIB chute encore une fois et ce jusqu’en aval de Saint-Ours. En aval de Saint-Denis et Saint-Ours, l’intégrité biotique est comparable à celle observée à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les récentes et imminentes entrées en service de stations d‘épuration : des bénéfices environnementaux escomptés

En 1998, l’assainissement urbain a grandement progressé avec la mise en service de la station d’épuration de la vallée du Richelieu (Beloeil, Mont Saint-Hilaire, Otterburn Park et McMasterville) et de celle de la Régie d’assainissement des eaux du Haut-Richelieu (Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Luc, Iberville, Saint-Athanase et L’Acadie). Ce sont maintenant les eaux usées de plus de 75 % de la population raccordée à un réseau d’égouts qui sont traitées. Trois autres projets majeurs d’assainissement, soit ceux de Saint-Mathias, Carignan et Saint-Bruno-de-Montarville–Saint-Basile-le-Grand, sont prévus pour 1998 et 1999, ce qui fera passer ce pourcentage à 98 %.

La détection de plusieurs substances toxiques à plusieurs endroits le long de la rivière Richelieu vient souligner l’impact des rejets industriels dans le bassin. Même si plusieurs des entreprises industrielles susceptibles de déverser des contaminants dans le milieu aquatique sont raccordées à des réseaux d’égouts et que leurs eaux usées sont présentement traitées ou le seront prochainement avec les rejets domestiques, il faut souligner que les stations d’épuration municipales ne sont pas conçues pour traiter ce type de pollution. Compte tenu de l’importance du problème, il faudra identifier la source des substances toxiques décelées dans le milieu aquatique et s’assurer que la pollution résiduelle, en aval des municipalités qui reçoivent des rejets industriels, sera tolérable. Il en est de même pour les entreprises qui déversent directement leurs effluents à la rivière.

La mauvaise qualité de l’eau des rivières du Sud, des Hurons et L’Acadie et, en particulier, l’impact des deux derniers tributaires sur les communautés benthiques de la rivière Richelieu démontrent que les activités agricoles contribuent à la dégradation de l’écosystème aquatique. Par conséquent, il faudra poursuivre et intensifier les efforts déployés jusqu’à présent en vue d’adopter des pratiques agro-environnementales qui permettent de diminuer les apports d’éléments nutritifs, de matières en suspension et de pesticides dans les cours d’eau.

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