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Communiqués de presse

L'ÉTAT DE L'ÉCOSYSTÈME DE LA RIVIÈRE BOYER FACE AUX PRESSIONS PRINCIPALEMENT AGRICOLES

Saint-Charles, le 15 octobre 1998 - Le ministère de l'Environnement et de la Faune (MEF) rend public aujourd'hui, en collaboration avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ), Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000) et le Groupe d'intervention pour la restauration de la Boyer (GIRB), le rapport technique Situation environnementale du bassin de la rivière Boyer ainsi que la brochure de vulgarisation Le bassin versant de la rivière Boyer : la pollution agricole... il faut y voir sérieusement.

Ce rapport, lancé en présence de plusieurs intervenants du milieu, dresse un portrait des pressions environnementales dans le bassin, de l'état de la qualité des eaux, des communautés benthiques et de la faune aquatique ainsi que des activités d'assainissement réalisées à ce jour. On y apprend que la qualité de l'eau de surface du bassin Boyer est mauvaise dans l'ensemble du bassin, compromettant sérieusement les usages de l'eau. Cette situation est due à un enrichissement excessif par les substances nutritives et à une contamination microbienne importante reliés aux activités agricoles, puisque les charges urbaines sont marginales dans le bassin. Les excédents annuels en phosphore et en azote se chiffrent, respectivement, à 317 tonnes et à 630 tonnes, après le prélèvement par les plantes. Ces excédents sont responsables de pertes annuelles de 20 tonnes de phosphore et de 365 tonnes d'azote au fleuve, ce qui représente une valeur de 360 000 $ pour les agriculteurs. Pour les pertes de sol, celles-ci varient de 1 à 11 tonnes à l'hectare par année, bien que la limite acceptable se situe à 4 tonnes.

L'eau souterraine, qui représente l'alimentation en eau potable du territoire, semble aussi s'altérer. Par exemple, à la source Labrecque, principal site d'alimentation de la municipalité de Saint-Charles, un suivi annuel en 1994-1995 a permis de mesurer à deux reprises des teneurs en nitrates qui s'approchaient ou dépassaient la norme de 10 mg/L d'azote. Liée aux activités agricoles, cette contamination pourrait toucher de plus grandes zones et altérer la qualité de l'eau de puits privés.

D'importantes perturbations de l'écosystème aquatique sont également notées à divers endroits dans le bassin. Le suivi des organismes benthiques (vers, larves, etc.) a permis de constater la disparition des espèces sensibles à la pollution, démontrant ainsi le mauvais état de santé de la rivière. De plus, au moins 13 espèces de poissons ont déserté la rivière entre 1971 et 1992, passant de 33 à 20 espèces. Le grand brochet et l'éperlan arc-en-ciel du Saint-Laurent font partie des espèces qui ne fréquentent plus la rivière. Rappelons que pour l'éperlan arc-en-ciel, la rivière Boyer représentait dans le passé le principal lieu de reproduction dans le moyen estuaire. Les populations abondantes en faisaient une espèce très courue par les pêcheurs sportifs et les pêcheurs commerciaux.

Un bassin principalement agricole

Le bassin de la rivière Boyer, situé à 30 Km à l'est de Québec, se caractérise par sa vocation nettement agricole. Celle-ci est l'affaire d'environ 275 agriculteurs qui occupent 60 % du territoire. On compte seulement huit municipalités localisées en totalité ou en partie à l'intérieur des limites du bassin et une seule entreprise susceptible de polluer l'environnement avec des rejets liquides.

Le porc est la production la plus importante du bassin avec 55 % des 23 055 unités animales (u.a.) recensées, suivi de la production bovine avec 38 %. La densité animale moyenne est de 1,8 u.a./ha de terre en culture, et grimpe à 2,5 dans le sous-bassin de la Boyer Sud. La production de légumineuses et de graminées fourragères occupe près des trois quarts des hectares cultivés (72 %), suivi des céréales à paille (20 %).

Travaux d'assainissement réalisés

À ce jour, plusieurs interventions d'assainissement ont été mises en place dans le bassin. La municipalité de Saint-Charles, qui traite ses eaux sanitaires depuis 1987, a reçu son avis de conformité du ministère des Affaires municipales en 1995. La municipalité de Honfleur s'est, pour sa part, inscrite en 1994 au Programme d'assainissement des eaux usées municipales. Du côté de l'activité industrielle, il n'y a pas d'irritant majeur puisque la seule entreprise susceptible d'être polluante, le Groupe Premier Chef inc., achemine ses eaux usées et ses eaux de lavage à la station d'épuration de Saint-Charles. Pour le volet agricole, environ 80 agriculteurs ont bénéficié de subventions gouvernementales pour l'entreposage de leurs déjections animales. De plus, depuis 1994, grâce à l'aide financière de divers partenaires (Saint-Laurent Vision 2000, etc.), d'autres projets visant à diminuer les impacts de certaines activités agricoles ont été réalisés : l'aménagement de 105 aires d'abreuvement du bétail en retrait des cours d'eau, la végétalisation de bandes riveraines sur 80 kilomètres de rivière, la préparation de 140 plans de ferme en sont des exemples. Des activités de sensibilisation ont été menées auprès des agriculteurs sur la problématique agricole du bassin. Le GIRB, qui agit comme maître d'oeuvre dans le projet de restauration de la rivière Boyer, regroupe des intervenants concernés par le bassin versant provenant des secteurs municipal, agricole, social, environnemental et faunique ainsi que de deux ministères (MEF et MAPAQ).

Naturellement, il reste beaucoup à faire pour redonner à la population du bassin les usages de l'eau. Le défi réside dans la réduction de la pollution agricole d'origine diffuse. Les interventions à venir devront donc être orientées vers la réduction des excédents de substances nutritives et la réduction de la contamination microbienne aux cours d'eau. Dans le bassin, 70 % des surplus de fumiers et de lisiers proviennent de la production porcine. La phase III de l'entente Saint-Laurent Vision 2000 offre aux producteurs du bassin la possibilité de participer à des clubs-conseils en agroenvironnement ; il est à souhaiter que les producteurs saisissent en grand nombre cette occasion de participer à la restauration de la rivière Boyer.

Cette étude s'inscrit dans le cadre de l'entente fédérale-provinciale Saint-Laurent Vision 2000 et se veut un outil important d'aide à la prise de décision pour ceux et celles qui, dans le milieu, sont engagés ou s'engageront dans ce projet de dépollution des cours d'eau du bassin de la rivière Boyer et auront à définir les objectifs de qualité à atteindre et les usages à conserver ou à restaurer.

Pour obtenir des copies du rapport Situation environnementale du bassin de la rivière Boyer ainsi que de la brochure de vulgarisation Le bassin versant de la rivière Boyer : la pollution agricole... il faut y voir sérieusement, il faut s'adresser au bureau de la direction régionale du MEF à Sainte-Marie, au numéro (418) 386-8000 de même qu'au Service d'accueil et de renseignements du MEF, au numéro (418) 521-3830 ou au numéro sans frais 1 800 561-1616. Pour commander par Internet : info@menv.gouv.qc.ca

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SOURCE :

Rachel Beaulieu
Direction des affaires institutionnelles
et des communications
Ministère de l'Environnement et de la Faune
Tél. : (418) 521-3823, poste 4911
Courriel : rachel.beaulieu@mef.gouv.qc.ca

POUR INFORMATION :

Denis Laflamme
Direction des écosystèmes aquatiques
Ministère de l'Environnement et de la Faune
Tél. : (418) 521-3829, poste 4703
Courriel : denis.laflamme@mef.gouv.qc.ca

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