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Communiqués de presse

LE BILAN ENVIRONNEMENTAL DU SECTEUR DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE EST REMIS AU COMITÉ ZIP DES ÎLES-DE-LA-MADELEINE

Îles-de-la-Madeleine, le 7 mai 1999 - Les partenaires gouvernementaux du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 ont rendu public aujourd’hui le bilan environnemental du secteur des Îles-de-la-Madeleine. Mme Lucie D’Amours, présidente du Comité Zone d’intervention prioritaire (ZIP) des Îles-de-la-Madeleine, a accepté le document au nom des nombreux partenaires et citoyens du milieu impliqués dans la conservation du Saint-Laurent.

Ce bilan présente la synthèse des connaissances de cette partie de l’écosystème du Saint-Laurent. Le secteur couvert par ce bilan comprend les Îles-de-la-Madeleine ainsi que les eaux et les fonds marins situés dans un rayon d’environ 100 km autour de cet archipel. Il correspond au territoire de la MRC Les Îles-de-la-Maleleine dont la population totalise, en 1996, 13 802 habitants.

Ce bilan a été réalisé à partir de quatre rapports techniques qui font ressortir les éléments caractéristiques de cette partie du golfe Saint-Laurent, insistant sur les sources de contamination, les ressources biologiques, les usages et les potentiels de mise en valeur de même que sur les risques pour la santé humaine associés aux différents usages du Saint-Laurent. Cette synthèse des connaissances existantes a pour but de fournir aux divers intervenants un portrait de l’état environnemental de ce territoire.

L’ensemble des rapports techniques qui couvre le secteur plus large du golfe du Saint-Laurent et de la baie des Chaleurs, a été préparé à partir de données disponibles. Ces données ont notamment été obtenues auprès de différents ministères des gouvernements du Canada et du Québec partenaires du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000. Les ministères concernés sont : Environnement Canada ; Pêches et Océans Canada ; Patrimoine Canadien ; Santé Canada et les ministères québécois de l’Environnement ; de la Santé et des Services sociaux ; des Affaires municipales ainsi que le secteur Faune et Parcs du Québec.

Ce bilan constitue un outil d’aide à la prise de décision visant à aider les communautés locales à déterminer des priorités communes de conservation et de réhabilitation écologique du secteur des Îles-de-la-Madeleine. Il est destiné aux citoyens, aux industries et aux organismes non gouvernementaux régionaux désireux d’intervenir dans la conservation de leur patrimoine naturel.

Ce document servira de base de discussion lors de la consultation publique régionale que tiendra le Comité ZIP Îles-de-la-Madeleine, les 28 et 29 mai 1999 à l’hôtel Château Madelinot à Fatima. Cette consultation permettra de convenir des priorités et des mesures à prendre dans la réalisation d’un plan d’action et de réhabilitation écologique (PARE) du secteur.

On peut se procurer un exemplaire de ce bilan régional et réserver sa place à la consultation publique des 28 et 29 mai prochains en communiquant avec la coordonnatrice du Comité ZIP des Îles-de-la-Madeleine, Mme Selma Péréira au numéro (418) 986-6644.

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SOURCES ET RENSEIGNEMENTS :

Suzanne Bourget
Communications
Saint-Laurent Vision 2000
Environnement Canada
Tél : (418) 649-6510
Courriel : suzanne.bourget@ec.gc.ca
Site Internet SLV 2000 :

http://www.slv2000.qc.ca/

Raymonde Goupil
Communications
Saint-Laurent Vision 2000
Ministère de l’Environnement du Québec
Tél. : (418) 521-3823, poste 4912
Courriel : raymonde.goupil@menv.gouv.qc.ca

ANNEXE
Bilan environnemental
Îles-de-la-madeleine

La zone d’intervention prioritaire du secteur des Îles-de-la-Madeleine comprend les îles de la Madeleine ainsi que les eaux et les fonds marins situés dans un rayon d’environ 100 km autour de cet archipel.

Les caractéristiques du secteur

La biodiversité

  • L’archipel madelinien compte une dizaine d’îlots qui abritent des colonies d’oiseaux de mer ainsi que des aires de mise-bas et des échoueries de phoques
  • Les principales espèces visées par la pêche commerciale sont : le homard d’Amérique, le crabe des neiges, le sébaste, la morue franche, le maquereau bleu, le hareng atlantique, le pétoncle géant et la plie canadienne
  • Les principales espèces visées par la pêche sportive et récréative sont : le maquereau bleu et la morue franche
  • Le secteur est le seul endroit du Québec où nichent présentement le grèbe esclavon et le pluvier siffleur. Ce dernier fait partie d’une espèce considérée en danger de disparition au Québec
  • Le secteur abrite la seule colonie de sterne de Dougall du Québec et la seule colonie de marmette de Brünnich du golfe du Saint-Laurent
  • On observe aux îles plus de 317 espèces d’oiseaux
  • On dénombre 86 espèces d’oiseaux nicheurs directement associées aux milieux marins et côtiers du secteur
  • Les principales espèces coloniales sont : le fou de Bassan, la mouette tridactyle, la sterne pierregarin et le cormoran à aigrettes
  • La baie du Havre-aux-Basques est la principale halte migratoire automnale du golfe pour les oiseaux de rivage. Treize de ces espèces, regroupant environ 30 000 individus, s’y arrêtent
  • On observe une douzaine d’espèces de mammifères marins dont celles du phoque gris, du phoque commun, du phoque du Groënland et du Phoque à capuchon
  • On estime à 199 000 le nombre de bébés phoques nés en 1994 dans l’aire de mise-bas des îles, ce qui représente plus de 40 % des bébés phoques mis bas dans l’est du Canada
  • Dix espèces végétales rares, quatre espèces de poissons, douze espèces d’oiseaux et trois espèces de mammifères marins du secteur apparaissent sur la liste des espèces dont la protection est jugée prioritaire dans le cadre du plan d’action SLV 2000
  • Les espèces de poissons prioritaires sont : l’alose savoureuse, l’éperlan arc-en-ciel, le poulamon atlantique et l’anguille d’Amérique
  • Les espèces d’oiseaux prioritaires sont : le grèbe esclavon, la sarcelle à ailes bleues, le canard pilet, le pluvier siffleur et le sterne de Dougall
  • Les trois espèces de mammifères marins prioritaires sont : le marsouin commun, le phoque commun et le rorqual commun

Réf : Bilan régional, chapitre 3

Le territoire et ses usages

  • L’archipel des Îles-de-la-Madeleine est situé au centre d’un grand plateau littoral de moins de 100 mètres de profondeur à proximité du chenal Laurentien
  • Le secteur (ZIP) des Îles-de-la-Madeleine correspond au territoire de la MRC
  • Les huit municipalités des Îles-de-la-Madeleine occupent une superficie de 202 km carrés
  • En 1996, la population atteignait 13 802 habitants
  • Le milieu urbain représente moins de 6 % de la superficie totale et se concentre à 98 % dans les municipalités de Cap-aux-Meules, de l’Étang-du-Nord et de Fatima
  • L’affectation rurale est prédominante sur le territoire (54 % de sa superficie) suivie des zones de conservation (40 %)
  • Les territoires protégés couvrent plus de 6 600 hectares. Ce sont : la Réserve nationale de la faune de la Pointe de l’est (684 ha), le Refuge d’oiseaux migrateurs des Rochers-aux-Oiseaux (600 ha), la Réserve écologique de l’île Brion (650 ha), quatre habitats fauniques de petite superficie qui protègent des colonies d’oiseaux et deux zones d’interdiction de chasse (4 700 ha)
  • L’affectation industrielle est spécialisée : une industrie minière (mine de sel) et huit usines de transformation de produits marins
  • 92 300 tonnes de marchandises ont été transbordées en 1993-1994 dans les ports de Cap-aux-Meules et de Havre-Aubert, dont un volume important de produits pétroliers
  • Le secteur des pêches commerciales constitue la principale activité économique et regroupe à lui seul près du quart des pêcheurs commerciaux du Québec
  • Le nombre de visiteurs est passé de 18 500 en 1984 à 30 600 en 1991 et il ne cesse d’augmenter
  • L’accès au littoral, les plages, la baignade, la planche à voile (dans les lagunes surtout), les excursions en mer, la pêche sportive, l’interprétation des milieux naturels côtiers et marins, la plongée sous-marine, la chasse à la sauvagine, le nautisme et l’observation des oiseaux sont parmi les attraits récréotouristiques qu’offrent les îles
  • La cueillette de mollusques sur le littoral présente un intérêt social mais les implications économiques en sont encore peu connues

Réf : Bilan régional, chapitre 3

La santé humaine

  • De façon générale, les risques pour la santé reliés à la contamination chimique des algues, des mollusques, des crustacés, des poissons et de la chair de sauvagine sont considérés négligeables
  • Il est préférable de ne pas consommer la peau, les viscères et les parties grasses du poisson de même que le jus de cuisson
  • Quatre des quatorze secteurs de cueillette des mollusques étaient toujours fermés, en 1999, pour cause de contamination bactériologique de l’eau
  • Il est recommandé aux consommateurs de viandes de Phoque du Groënland de ne pas manger le foie et de ne pas consommer de viande de spécimens adultes plus d’une fois par semaine
  • En 1992, une étude de la qualité de l’eau des plages du secteur a révélé qu’une des trois plages étudiées était considérée polluée. Les deux autres avaient obtenu des cotes A et B. Il est conseillé de ne fréquenter que les sites de baignade aménagés et surveillés
  • Les conséquences du naufrage de la barge Irving Whale (1970) sur la santé des madelinots sont jugés négligeables, la zone du naufrage ayant été fermée à la pêche

Réf : Bilan régional, chapitre 5

Les principaux problèmes environnementaux

  • 38 % de la population totale des îles est desservie par une station d’épuration des eaux. Une proportion élevée de la population n’est pas desservie par un réseau d’égouts et achemine ses eaux usées vers des installations septiques et des puisards dont la conformité n’est pas connue
  • Certaines zones littorales du secteur ont une eau contaminée par des micro-organismes pathogènes provenant des eaux usées municipales et domestiques
  • Les municipalités des îles s’approvisionnent en eau dans la nappe phréatique ; cette dépendance envers les eaux souterraines suscite des inquiétudes quant à l’intrusion d’eau salée dans la nappe phréatique en cas de surpompage. L’été, à cause de l’affluence touristique très élevée, la situation est plus inquiétante
  • Le port de Cap-aux-Meules est le site le plus contaminé du secteur. Les sédiments contiennent des concentrations de BPC, de HAP et de métaux lourds excédant les critères de qualité pour l’immersion en mer
  • La surexploitation des ressources halieutiques combinée à des conditions environnementales défavorables au renouvellement de plusieurs d’entre elles, ont amené un effondrement des stocks de poissons de fond dont les débarquements aux îles ont diminué de 96 % entre 1985 et 1995
  • Les dunes, milieux très fragiles, sont soumises à l’érosion attribuable aux fréquents passages de véhicules motorisés. Cela met en péril plusieurs espèces de plantes et d’oiseaux. La dune du Sud et la pointe de l’Est sont particulièrement affectées
  • Les activités portuaires et les opérations de transbordement dans les ports représentent des sources potentielles de contamination des habitats côtiers
  • Le transport atmosphérique à grande distance pourrait bien constituer la principale source actuelle de plusieurs substances toxiques retrouvées dans l’eau, les sédiments et la chaîne alimentaire marine du secteur
  • Le déballastage des navires marchands en mer ou dans les ports peut introduire des espèces exotiques néfastes pour l’environnement
  • Le cas Irving Whale : le site du naufrage de la barge se trouve à 45 km à l’ouest du secteur. Des opérations d’aspiration et de dragage des sédiments en 1996 ont permis de récupérer une partie de ceux-ci fortement contaminés par les BPC. Les ministres fédéraux de l’Environnement et de Pêches et Océans ont rendu publique, le 23 avril 1999, leur décision de ne pas entreprendre de nouvelles mesures de restauration de l’endroit où reposait l’Irving Whale. Un programme de surveillance du site sera mis en oeuvre et permettra de s’assurer que la qualité de l’environnement marin autour de cet endroit continue de s’améliorer avec le temps

Réf : Bilan régional, chapitre 4 et 5

Les enjeux environnementaux

  • Poursuivre les efforts d’assainissement des eaux usées en construisant d’autres stations d’épuration d’eau ou en mettant sur pied des installations septiques efficaces
  • Plusieurs sites qui sont des habitats sensibles et importants pour la faune et la flore mériteraient un statut de protection légale
  • Répertorier et rendre public l’état des populations fauniques et floristiques dont la protection est jugée prioritaire dans le cadre de SLV 2000
  • Poursuivre les mesures entreprises depuis 1993 pour rétablir les populations de poissons de fond du sud du golfe du Saint-Laurent
  • Travailler à des plans de rétablissement des espèces en péril
  • Harmoniser le développement récréotouristique avec la protection de l’environnement

Réf : Bilan régional, chapitre 6

Mai 1999

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