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Communiqués de presse

LE BILAN ENVIRONNEMENTAL DU SECTEUR PORTNEUF-SAINT-NICOLAS EST REMIS AU COMITÉ ZIP QUÉBEC ET CHAUDIÈRE-APPALACHES

Saint-Augustin-de-Desmaures, le 26 octobre 1999 - Les partenaires des gouvernements du Canada et du Québec dans le cadre du Plan d'action Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000) ont rendu public aujourd'hui le bilan environnemental du secteur Portneuf-Saint-Nicolas. Le bilan présente la synthèse des connaissances de cette partie de l'écosystème du Saint-Laurent. M. Jean-Louis Chamard, président du Comité ZIP Québec et Chaudière-Appalaches, a accepté le document au nom des nombreux partenaires et citoyens du milieu impliqués dans la conservation du Saint-Laurent.

Le secteur Portneuf-Saint-Nicolas débute aux rapides Richelieu, situés de part et d'autre de Portneuf et Deschambault, et s'étend jusqu'à l'embouchure de la rivière Chaudière en rive sud et de Cap-Rouge en rive nord. Les municipalités de Portneuf et Saint-Croix paroisse délimitent le secteur à l'ouest et celles de Saint-Augustin-de-Desmaures et de Saint-Nicolas font de même à l'est. Le territoire regroupe dix municipalités (début 1998), touche quatre MRC (Portneuf et CUQ en rive nord, Lotbinière et Les-Chutes-de-la-Chaudière en rive sud) et comprend 47 274 habitants (1996).

Le bilan régional du secteur a été réalisé à partir de quatre rapports techniques qui font ressortir les éléments caractéristiques de cette partie du fleuve Saint-Laurent, insistant sur les sources de contamination, les ressources biologiques, les usages et les potentiels de mise en valeur de même que sur les risques pour la santé humaine associés aux différents usages du Saint-Laurent.

L'ensemble des quatre rapports techniques a été préparé à partir de données disponibles. Ces données ont été obtenues auprès de différents ministères du Canada et du Québec, partenaires de SLV 2000 pour lequel une troisième entente quinquennale a été signée en juin 1998. Les ministères concernés sont : Environnement Canada, Santé Canada, le ministère de l'Environnement du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le ministère des Affaires municipales et de la Métropole du Québec et la Société de la faune et des parcs du Québec.

Ce bilan constitue un outil d'aide à la prise de décision visant à déterminer des priorités communes de conservation et de réhabilitation écologique du secteur Portneuf-Saint-Nicolas. Il est destiné aux citoyens, aux industries et aux organismes non gouvernementaux régionaux désireux d'intervenir dans la conservation de leur patrimoine naturel.

À ce propos, le Comité ZIP Québec et Chaudière-Appalaches entreprendra, le 13 novembre à Deschambault et le 20 novembre à Sainte-Croix, une consultation publique régionale afin de convenir des priorités et des mesures à prendre dans la réalisation d'un plan d'action et de réhabilitation écologique (PARE) de ces deux secteurs.

On peut se procurer un exemplaire du bilan régional du secteur Portneuf-Saint-Nicolas et s'inscrire à une des deux prochaines consultations publiques en communiquant avec la coordonnatrice du Comité ZIP de Québec et de Chaudière-Appalaches, Mme Hamida Hassein-Bey au numéro (418) 522-8080.

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SOURCE :

Suzanne Bourget
Environnement Canada
(418) 649-6510

POUR INFORMATION :

Raymonde Goupil
Ministère de l'Environnement du Québec
(418) 521-3823, poste 4912

ANNEXE

FICHE D'INFORMATION

BILAN ENVIRONNEMENTAL
PORTNEUF-SAINT-NICOLAS

De façon générale, le secteur est caractérisé par un couloir étroit de navigation influencé par l'écoulement fluvial et l'onde de marée. L'écoulement rapide de cette section couplée aux réductions des sources de contamination en amont (industries et municipalités) ont permis à ce secteur de connaître une amélioration sur le plan de la qualité de l'eau. Toutefois, la pratique d'activités récréatives permises par une meilleure qualité d'eau demeure sujette à des contraintes liées au mouvement complexe des eaux du secteur (influence du fleuve et de la marée).

LES CARACTÉRISTIQUES DU SECTEUR

LA BIODIVERSITÉ

  • Dans le secteur, une quinzaine d'espèces de poissons associées aux milieux aquatiques et riverains s'y alimentent, y compris le doré jaune et le poulamon Atlantique qui pourraient y frayer

  • Quatre espèces de poissons dominent le secteur selon certains relevés à Saint-Nicolas, soit la barbue de rivière, le meunier rouge, le doré jaune et la perchaude

  • Le secteur s'intègre au parcours migratoire d'espèces diadromes, dont l'anguille d'Amérique qui transite de l'eau salée vers l'eau douce

  • Un site de reproduction probable pour l'esturgeon noir (Portneuf) qui est pêché commercialement plus en aval

  • La répartition et la fréquentation du secteur par les amphibiens et les reptiles y sont méconnues

  • Le secteur abrite 41 (incluant le bar rayé, aujourd'hui disparu) des 155 espèces considérées prioritaires dans le cadre de Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), dont notamment le poulamon Atlantique, une espèce de poisson dont la population de l'estuaire fluvial a connu d'importantes difficultés dans les années 1980

  • Une diversité de milieux humides avec ou sans marée, dont les marais qui totalisent 1 480 hectares à divers endroits du secteur (Portneuf, Donnacona et Saint-Augustin-de-Desmaures en rive nord et Pointe-Platon et Saint-Antoine-de-Tilly en rive sud), des milieux nécessaires à la reproduction ou à l'alimentation des poissons

  • La présence de marais à scirpe domine la rive là où le marnage de la marée est important

  • Un milieu riche pour les oiseaux puisque sur les 240 espèces observées sur le territoire, environ 153 sont susceptibles d'y nicher (pour 104 d'entre elles la nidification est déjà confirmée)

  • Parmi ces oiseaux, la bernache du Canada, neuf espèces de canards barboteurs et quatre espèces de canards plongeurs peuvent nicher dans le secteur, espèces dont on a recensé près de 20 000 individus à la fin des années 1970

  • L'oie des neiges de plus en plus présente en amont de Portneuf et en aval de Sainte-Croix

Réf : Bilan régional, chapitre 3

LE TERRITOIRE ET SES USAGES

  • Le secteur s'étend de Portneuf à Saint-Augustin-de-Desmaures en rive nord et de Sainte-Croix à Saint-Nicolas en rive sud
  • On compte dix municipalités riveraines regroupées à l'intérieur de quatre municipalités régionales de comté (MRC Portneuf et de la Communauté urbaine de Québec en rive nord et MRC Lotbinière et Les Chutes-de-la-Chaudière en rive sud)
  • En 1996, la population totalisait près de 47 300 habitants
  • La densité moyenne d'occupation pour l'ensemble du territoire est faible et de l'ordre de 102 habitants au km2 (la densité étant plus élevée en rive nord)
  • Le secteur est dominé par une affectation rurale du territoire en rive nord et en rive sud (87 % au total) alors que la proportion dite " urbanisée " représente à peine 9 % de la superficie totale du secteur
  • Le territoire est aussi caractérisé par une trame urbaine relativement linéaire entre Portneuf et Donnacona, puis entre Neuville et Pointe-aux-Trembles en rive nord
  • En rive sud, la trame urbaine se déploie à partir des noyaux de villages de Sainte-Croix et Saint-Antoine-de-Tilly et en continuité avec le fleuve et la rivière Chaudière à Saint-Nicolas
  • L'eau du fleuve dans le secteur d'étude a pour principales utilisations : le transport maritime, l'alimentation en eau potable (Saint-Augustin-de-Desmaures) et le nautisme
  • Deux ports de plaisance (Neuville et Portneuf) offrent depuis peu, 200 places d'amarrage
  • Cinq quais publics et cinq rampes d'accès donnent accès au fleuve pour les petites embarcations
  • La pêche sportive demeure possible à quai bien qu'elle ait décliné de façon importante au cours des dernières décennies
  • La pêche au saumon a été rétablie en partie dans la rivière Jacques-Cartier et peut être pratiquée à petite échelle
  • La pêche commerciale demeure dans le secteur et en amont, bien que l'avenir de cette activité soit incertain

Réf : Bilan régional, chapitre 5

LA SANTÉ HUMAINE

  • On compte un seul lieu d'élimination de déchets dangereux présentant un faible risque à la santé (Donnacona)
  • À la fin des années 1980, les teneurs élevées en mercure se remarquaient uniquement chez les spécimens de très grande taille de dorés jaune et noirs et de grands brochets, toutes des espèces piscivores
  • Les risques reliés à une consommation modérée de poissons du secteur sont faibles bien qu'il est recommandé de limiter la consommation du grand brochet, du doré jaune, du doré noir, de l'achigan à petite bouche et surtout, de l'anguille d'Amérique
  • Il n'y a pas de risque associé à la consommation de chair de sauvagine, il faut seulement s'assurer d'éliminer les grenailles de plomb de la chair avant la cuisson
  • L'eau distribuée par les réseaux d'aqueduc municipaux doit être traitée notamment à cause de la plus forte turbidité de l'eau dans le secteur
  • Une mauvaise qualité bactériologique des eaux peut limiter la pratique de la baignade
  • Les accidents naturels tels les inondations et les glissements de terrains sont présents dans le secteur, notamment à la hauteur de Saint-Nicolas et Saint-Augustin-de-Desmaures où des cas ont récemment été documentés

Réf : Bilan régional, chapitre 4 et 5

LES PRINCIPAUX PROBLÈMES ENVIRONNEMENTAUX

ÉTAT ACTUEL DES PROBLÈMES

  • La concentration en phosphore reste élevée le long du tronçon selon des données de 1985 à 1990

  • En amont du secteur et au début des années 1990 selon les données alors disponibles, on notait des concentrations préoccupantes en BPC et HAP dans l'eau du fleuve

  • Peu de données sur la qualité des sédiments, bien que le secteur ne soit pas propice à l'accumulation de sédiments fins potentiellement contaminés à cause de l'effet de marée

  • On comptait la présence de sites perturbés à l'embouchure de la rivière Portneuf

  • Des milieux humides importants qui nécessitent un effort de conservation

  • Quelques secteurs de dragage fréquent pour l'entretien de la voie navigable (575 ha auraient été affectés historiquement et le volume enlevé de sédiments est de 65 000 m3/an en moyenne)

  • L'artificialisation graduelle d'une partie des rives associée au développement de la villégiature, puis de la consolidation urbaine (ex. : murets de protection en rive)

  • Une dégradation de la qualité de l'eau et une baisse de la diversité biologique à la suite de l'industrialisation et de l'urbanisation du bassin Grands Lacs-Saint-Laurent, notée surtout dans les années 1950-1970

  • Un site de déchets dangereux présentant un risque moyen pour l'environnement (Donnacona) et un site présentant un faible risque à l'environnement (Sainte-Croix)

  • De multiples sources de contamination en amont du secteur (y compris les affluents comme les rivières Saint-Maurice, Gentilly, Nicolet et Bécancour), ou immédiatement en aval (rivière Chaudière) dont le reflux lié à la marée peut affecter le secteur

Réf : Bilan régional, chapitres 4 et 5

LES PRINCIPAUX ATOUTS OU EFFORTS ENVIRONNEMENTAUX

L'ASSAINISSEMENT DES EAUX INDUSTRIELLES ET MUNICIPALES

  • Une industrie papetière visée comme prioritaire pour la réduction des rejets liquides toxiques par SLV 2000 est située en bordure du fleuve (Produits forestiers Alliance inc. à Donnacona)

  • Deux autres industries papetières visées par SLV 2000 sont localisées à l'intérieur du territoire le long des affluents (Compagnie J. Ford le long de la rivière Portneuf, BPCO, division d'EMCO Ltée. près de la rivière Jacques-Cartier)

  • En 1997, 76 % de la population est desservie par une station d'épuration des eaux usées (trois stations localisées à l'intérieur du secteur et deux autres situées en aval)

LA CONSERVATION DES MILIEUX NATURELS

  • La réserve écologique de Pointe-Platon (60 ha) à Sainte-Croix qui permet la protection notamment d'un marais à scirpe, de frênaies, saulaies, aulnaies, peupleraies et d'une érablière à sucre

  • Le marais Léon-Provencher et la baie de Saint-Augustin, deux sites protégés par des organismes privés

  • Quelques sites reconnus comme habitats fauniques pour les poissons

  • Également importants, plusieurs aires linéaires de concentration d'oiseaux aquatiques

L'ACCESSIBILITÉ AU FLEUVE ET À SES RIVES

  • Quelques parcs et belvédères le long de la rive

  • Des sites d'observation de la nature dont les Jardins Merle Bleu à Portneuf et le Domaine Joly à Sainte-Croix

  • Une Z.E.C. à proximité le long de la rivière Jacques-Cartier

  • Divers accès nautiques (deux ports de plaisance, cinq quais publics, quatre rampes de mise à l'eau)

  • Le secteur est par contre plus difficile pour les manoeuvres nautiques compte tenu des effets de la marée et de l'étroitesse du cours d'eau comparé aux autres secteurs du Saint-Laurent

Réf : Bilan régional, chapitres 4 et 5

LES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX

  • Poursuivre les programmes d'assainissement industriel et municipal déjà amorcés (incluant la restauration de lieux d'élimination de déchets dangereux)
  • Favoriser la protection ou la restauration de milieux humides (prairie humide, marais avec ou sans marée, herbier aquatique)
  • Améliorer les conditions de nidification de la sauvagine
  • Suivre les activités de dragage et les sources de contamination en amont (y compris les sources des affluents)
  • Suivre et contrôler l'effort de pêche compte tenu de la pression marquée sur certaines populations, notamment le poulamon Atlantique
  • Contrôler la villégiature et l'étalement urbain
  • Poursuivre les efforts pour améliorer l'accessibilité physique et publique au fleuve et à ses rives

Réf : Bilan régional, chapitre 6

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