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Communiqués de presse

LE BILAN ENVIRONNEMENTAL DU SECTEUR DE L’ESTUAIRE MARITIME DU SAINT-LAURENT EST REMIS AU COMITÉ ZIP SUD-DE-L’ESTUAIRE

Rimouski, le 23 octobre 2001 – Les gouvernements du Canada et du Québec, partenaires du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 (SLV 2000), ont présenté aujourd’hui le Bilan régional de l’estuaire maritime du Saint-Laurent qui couvre le territoire qui s’étend de Tadoussac et de l’Isle-Verte à l’ouest jusqu’à Pointe-des-Monts et Les Méchins à l’est. Ce bilan environnemental présente la synthèse des connaissances sur l’état de l’écosystème du Saint-Laurent, tant de la rive nord que de la rive sud, dans cette région. M. Marc Fleury, président du Comité zone d’intervention prioritaire (ZIP) Sud-de-l’Estuaire, a accepté le document au nom des nombreux partenaires et citoyens du milieu engagés dans la conservation du Saint-Laurent.

Le secteur de l’estuaire maritime relie en amont le moyen estuaire et en aval le golfe Saint-Laurent. Le territoire de la rive sud de l’estuaire se démarque, entre autres, par la présence d’habitats côtiers soutenant une faune et une flore riveraines et marines diversifiées. Les aspects de ce bilan relatifs à la rive nord de cette région ont déjà été diffusés.

Le bilan régional du secteur sud a été réalisé à partir de quatre rapports techniques qui font ressortir les éléments caractéristiques de cette partie du Saint-Laurent, insistant sur les sources de contamination, les ressources biologiques, les usages et les potentiels de mise en valeur.

L’ensemble des quatre rapports techniques a été préparé à partir de données disponibles obtenues auprès de différents ministères du Québec et du Canada, partenaires dans le Plan d’action Saint-Laurent pour lequel une troisième entente quinquennale a été signée en juin 1998. Les ministères concernés sont : Environnement Canada, Santé Canada, le ministère de l’Environnement du Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le ministère des Affaires municipales et de la Métropole du Québec et la Société de la faune et des parcs du Québec.

Dans le cadre de cette entente, les gouvernements du Canada et du Québec se sont engagés à soutenir la mise en place de Plans d’action et de réhabilitation écologiques (PARE). La phase III du Plan d’action Saint-Laurent Vision 2000 appuie cette approche en favorisant la concertation des populations riveraines et en appuyant financièrement et techniquement la réalisation de projets communautaires.

Ce bilan constitue un outil d’aide à la prise de décision visant à déterminer des priorités communes de conservation et de réhabilitation écologique de ce secteur. Il est destiné aux citoyens, aux industries et aux organismes non gouvernementaux régionaux désireux d’intervenir dans la conservation de leur patrimoine naturel.

Le Comité ZIP Sud-de-l’Estuaire entreprendra, les 16 et 17 novembre prochain à Rivière-du-Loup, une consultation publique régionale afin de convenir des priorités et des mesures à prendre dans la réalisation d’un plan d’action et de réhabilitation écologique (PARE) pour ce secteur.

On peut se procurer un exemplaire du bilan régional de ce secteur et s’inscrire à la consultation publique en communiquant avec la coordonnatrice du Comité ZIP Sud-de-l’Estuaire, Mme Françoise Bruaux au numéro (418) 722-8833. On peut aussi avoir accès directement au bilan régional en consultant le site Internet SLV2000 à l’adresse suivante : www.slv2000.qc.ec.gc.ca

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SOURCE :

Raymonde Goupil
Ministère de l’Environnement du Québec
(418) 521-3823, poste 4912
Danielle Coulombe
Environnement Canada
(418) 648-7044
 
ANNEXE
 
BILAN RÉGIONAL ESTUAIRE MARITIME DU SAINT-LAURENT, PARTIE DE LA RIVE SUD

Le secteur de l’estuaire maritime du Saint-Laurent s’étend de Tadoussac et l’Isle-Verte à l’ouest jusqu’à Pointe-des-Monts et Les Méchins à l’est. Il communique en amont avec le moyen estuaire et en aval avec le golfe du Saint-Laurent. Le bilan régional de l’Estuaire maritime couvre à la fois la rive nord et la rive sud, cependant ce résumé traite particulièrement de la rive sud qui fait partie du territoire couvert par le comité zone d’intervention prioritaire (ZIP) Sud-de-l’Estuaire.

Le territoire de la rive sud de l’Estuaire maritime se démarque par la présence d’habitats côtiers abritant une faune et une flore riveraines et marines diversifiées. Les îles sont utilisées de façon intensive par les oiseaux aquatiques pour la nidification. Les marais salés, concentrés dans la région de l’Isle Verte sont fréquentés par la sauvagine en migration et les couvées de canards.

Le fond de l’estuaire maritime constitue une trappe pour les matières en suspension transportées par le fleuve Saint-Laurent et les couches d’eau profondes. Les substances toxiques associées aux matières en suspension sont retenues dans les sédiments. Toutefois, depuis le début de l’ère industrielle, aucune des substances toxiques étudiées n’a atteint un niveau de pollution élevé dans les sédiments de ce secteur.

Les organismes aquatiques sont contaminés par des substances toxiques bioaccumulables. Les teneurs demeurent faibles pour les invertébrés et les poissons. En raison du phénomène de bioamplification, la concentration atteint des niveaux inquiétants chez les espèces au sommet de la chaîne alimentaire, telles que les oiseaux marins, les phoques et les bélugas.

Les perturbations du milieu proviennent de la pollution bactérienne qui limite la récolte des mollusques, du remblayage, de l’assèchement des milieux humides et du dérangement des espèces lié aux activités récréotouristiques.

LES CARACTÉRISTIQUES DU MILIEU

Milieu physique

  • Les rives sont plutôt rectilignes. Les marées sont du type semi-diurne avec deux hautes mers et deux basses mers. Le marnage augmente de l’aval vers l’amont, passant de 2,5 m à 3,6 m.
  • En été, les eaux de surface de l’estuaire maritime sont subdivisées en quatre zones homogènes du point de vue de la température, de la salinité, de la concentration en éléments nutritifs et de la circulation résiduelle des eaux superficielles en été. La rive sud est caractérisée par des eaux plus chaudes, moins salées et plus turbides que le reste de l’estuaire maritime.

Biodiversité

  • L’estuaire maritime constitue l’habitat de plus de 80 espèces de poissons. Les eaux de la rive sud de l’estuaire maritime sont principalement utilisées comme couloir migratoire pour le Hareng atlantique, le Capelan, l’Alose savoureuse et l’Anguille d’Amérique.
  • Les mollusques filtreurs tels que la Mye commune peuvent être contaminés par des algues toxiques responsables de l’intoxication paralysante chez l’homme. La prolifération naturelle de ces algues est sporadique en été entre Trois-Pistoles et Sainte-Flavie et chronique en aval de Sainte-Flavie.
  • Les principales rivières à saumon sur la rive sud du secteur d’étude sont Sud-Ouest, Rimouski, Mitis et Matane. Les montaisons dans ces rivières ont diminué d’environ 15 p. 100 depuis 1992.
  • Le sud de l’estuaire maritime est caractérisé par une grande abondance de colonies d’oiseaux aquatiques tels que l’Eider à duvet, le Goéland argenté, le Cormoran à aigrettes et le Goéland à bec cerclé. L’île du Bic, l’île Biquette et l’île aux Pommes représentent les principales zones de concentration d’oiseaux.
  • Le secteur est utilisé intensivement lors des migrations printanières de la sauvagine, principalement de la Grande Oie des neiges. Pendant l’été, des rassemblements de femelles et de canetons d’Eider à duvet sont observés tout le long du littoral.
  • Les principales espèces de mammifères marins observées dans le sud de l’estuaire maritime sont le Béluga, le Petit rorqual, le Phoque commun et le Phoque gris.

Le territoire et ses usages

  • La principale affectation des terres dans les municipalités riveraines de la rive sud est définie comme « rurale » comprenant l’agriculture, l’agroforesterie et la villégiature.
  •  Plusieurs territoires protégés sont présents, il s’agit :
    • du Parc provincial du Bic ;
    • des réserves nationales de faune de la Baie de l’Isle-Verte qui de plus est un site Ramsar, les Îles-de-l’estuaire et l’île de Pointe-au-Père ;
    • des refuges d’oiseaux migrateurs de la Baie de l’Isle-Verte, adjacent à la réserve, de l’Île-aux-Basques et des Îles Rasades.
  • Deux ports importants se situent dans le territoire, ceux de Rimouski et de Matane, plusieurs services de traversiers relient les rives nord et sud.
  • Les principales espèces qui font l’objet de pêche commerciale sont la Crevette nordique, dont les débarquements ont lieu à Matane même si la ressource est surtout capturée à l’extérieur du territoire, le Flétan du Groenland et le Crabe des neiges.
  • L’accès au littoral est assuré par la route 132 qui est jalonnée de haltes routières. On y dénombre 5 marinas et 9 quais. La pêche sportive sur les quais, la chasse à la sauvagine, l’observation des oiseaux et la navigation de plaisance sont des activités très prisées par la population. On assiste depuis quelques années à un développement très important d’activités éco-touristiques telles que les excursions sur les îles, le kayak de mer et la plongée sous-marine.
  • Deux usines de pâtes et papiers ont fait partie des usines considérées prioritaires dans la deuxième phase du plan d’action SLV2000 qui s’est déroulée de 1993 à 1998 : Cartons Saint-Laurent et Donohue.

LES PRINCIPAUX PROBLÈMES ENVIRONNEMENTAUX

  • Les principaux sites d’empiètement se situent dans les deux centres urbains de Rimouski et de Matane.

  • Le dragage d’entretien des ports et des marinas peut constituer une source de contamination lorsqu’il remet en circulation des substances toxiques qui, autrement seraient recouvertes de sédiments ou confinées à des sites isolés de la circulation, les isolant du milieu aquatique.

  • Le transport maritime et les activités portuaires représentent une source potentielle de pollution lors d’accidents maritimes, ou au cours du transbordement et de l’entreposage de marchandises dans les ports.

  • L’agriculture peut contribuer à augmenter la contamination bactériologique et la contamination chimique (par l’utilisation intensive d’engrais et de pesticides) des cours d’eau et du Saint-Laurent.

  • Le Béluga représente l’espèce où la contamination par les BPC est la plus élevée en raison de sa position dans la chaîne alimentaire. Une partie des anguilles fréquentant le territoire sont contaminées par les BPC et le Mirex en raison de leur séjour dans le lac Ontario.

  • Le développement important des activités récréotouristiques a soulevé des inquiétudes quant aux impacts possibles de la présence des humains dans les habitats prioritaires pour les oiseaux et les mammifères marins.

Enjeux de santé humaine reliés aux usages

  • De façon générale, les poissons, crustacés et mollusques, à l’exception de l’Anguille d’Amérique sont peu contaminés par les substances chimiques d’origine anthropique. Pour ce qui est de l’anguille, on recommande aux femmes enceintes, à celles qui allaitent ainsi qu’aux jeunes enfants de s’abstenir d’en consommer.

  • La contamination bactériologique des mollusques constitue un problème important dans l’ensemble de l’estuaire maritime. Les rejets d’eaux usées municipales et la pollution agricole en seraient les principales causes.

  • La présence d’algues microscopiques toxiques dans les chairs des moules et des myes a été détectée dans le secteur. Ces algues, une fois ingérées par l’humain peuvent provoquer de graves symptômes d’intoxication et même la mort. Il importe de respecter les interdictions de cueillette établies par Pêches et Océans Canada.

VERS LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

  • La récupération des usages liés à la qualité bactériologique de l’eau, tels que la cueillette des mollusques, pourra se faire par l’épuration adéquate des eaux usées municipales, le contrôle des surverses par temps de pluie et le contrôle de la pollution agricole.

  • L’estuaire maritime est une voie de navigation très importante, ce qui implique toujours une probabilité de déversement pétrolier. Le milieu est vulnérable en raison de la présence de nombreuses colonies d’oiseaux, de poissons et de mammifères marins. Les équipes d’intervention doivent demeurer vigilantes.

  • Les activités récréotouristiques connaissent un essor spectaculaire. Il importe que ce développement se réalise sans perturber l’habitat ni déranger les espèces.

Octobre 2001

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