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Portrait global de la qualité de l'eau des principales rivières du Québec

Édition 2004


Référence à citer : SIMARD, A., 2004. « Portrait global de la qualité de l'eau des principales rivières du Québec », dans le site ministère de l'Environnement du gouvernement du Québec, [En ligne].
www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/bassinversant/global-2004/index.htm.


Sommaire

Les programmes d'acquisition de données du Ministère permettent de tracer un portrait global de la qualité de l'eau au Québec pour la période 2000-2002 (médianes estivales et centiles 90). L'information recueillie à ce jour, combinée aux éléments de connaissance relatifs aux pressions humaines, aux caractéristiques naturelles des bassins versants et aux actions qui ont permis de corriger diverses problématiques environnementales, nous permet maintenant de procéder à un état de situation sur la qualité de l'eau en rivière pour l'ensemble du territoire québécois. Les sections qui suivent présentent une synthèse des observations les plus marquantes.

État général de la qualité de l’eau en rivière

Dans les milieux aquatiques, l’eau contient des substances dissoutes et particulaires parfois indésirables pour le maintien des communautés biologiques et des usages par l’être humain. La composition physico-chimique de l’eau est déterminée par la mesure d’un certain nombre de variables qui nous renseignent sur sa transparence, sa teneur en éléments nutritifs (azote et phosphore), en matière en suspension, etc. La qualité de l’eau est évaluée au moyen d’un indice appelé « indice de la qualité bactériologique et physico-chimique » (IQBP). L’IQBP est une valeur numérique résultant de la synthèse de 10 paramètres courants de la qualité de l’eau :

- phosphore total;

- nitrites et les nitrates;

- coliformes fécaux;

- chlorophylle a;

- matière organique (DBO5);

- pH;

- saturation en oxygène;

- turbidité;

- ammoniac;

- matières en suspension (MES).

Calculé pour chaque échantillon, l’indice est conçu pour faire ressortir le descripteur qui affiche le plus mauvais résultat. Le portrait dressé par cet indice ne rend pas compte de l'ensemble des critères de qualité de l'eau et n'utilisera que certains critères qui ont servi à la conception de l'IQBP.

L’IQBP peut toutefois être ajusté lorsque les données d’un descripteur sont en nombre insuffisant ou absentes : le pH, par exemple, peut ne pas être considéré afin d’éviter que les disparités régionales naturelles ne viennent biaiser l’indice de qualité. L’indice modifié (IQBP7) sera utilisé dans ce document pour caractériser la qualité estivale de l’eau. La saturation en oxygène et la DBO5 n’ont pas été considérées pour le calcul de l’IQBP, puisque les données étaient insuffisantes. Le pH n’a également pas été retenu en raison des disparités régionales (le pH étant naturellement bas en raison de la géologie particulière de certains bassins versants situés sur le Bouclier canadien). Cette variante de l’ IQBP (IQBP7) ne pourra donc pas être directement comparée à l’IQBP présenté dans de précédentes publications, puisque ces indices ne sont pas constitués des mêmes descripteurs.

Les données présentées dans ce portrait de la qualité de l’eau des rivières québécoises couvrent les mois de mai à octobre inclusivement. Elles englobent ainsi la saison estivale, période au cours de laquelle les débits des cours d’eau atteignent de très bas niveau (étiage) et la température de l’eau est la plus élevée. Par conséquent, la composition physico-chimique et la qualité bactériologique de l’eau sont alors les plus susceptibles d’affecter la vie aquatique et les différents usages associés aux cours d’eau, tels l’approvisionnement en eau potable, la baignade et les autres activités nautiques. C’est aussi durant cette période que sont habituellement observées les manifestations les plus évidentes de l’eutrophisation des cours d’eau, soit la prolifération des plantes aquatiques et des algues. C’est donc au cours de cet intervalle qu’il y a le plus d’efforts consacrés à l’assainissement (par exemple, la déphosphatation des eaux usées municipales).

Le portrait de la qualité de l’eau des rivières québécoises, présenté ici, intègre l’information colligée au cours des années 2000 à 2002. Ce portrait de la répartition spatiale de la qualité de l’eau est établi à l’aide des médianes estivales afin de refléter la tendance centrale des observations. Le centile 90 des mesures, qui constitue un indice des valeurs extrêmes que peuvent afficher certaines stations, permet d’identifier les régions soumises à des pressions persistantes de pollution. Ce portrait est un document évolutif et sera soumis à une mise à jour récurrente. Les analyses des tendances chronologiques 1988-1998 du précédent portrait seront également accessibles à titre de complément d’information, puisque ces dernières seront mises à jour ultérieurement.

La qualité de l'eau aux stations situées dans le fleuve Saint-Laurent, quoique illustrées sur les cartes, ne sera pas décrite dans ce portrait, mais sera présentée ultérieurement dans un document ne traitant que du fleuve Saint-Laurent.

  • Indice de la qualité bactériologique et physico-chimique (IQBP)

La répartition de l’IQBP7 montre que les bassins versants du centre du Québec, de même que ceux situés sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, présentent une eau de qualité relativement bonne comparativement à celle des bassins du sud-ouest du Québec qui est généralement dégradée. De plus, la qualité de l’eau est généralement de meilleure qualité à la tête des bassins versants qu’à leur embouchure. Toutefois, la qualité de l’eau de certains bassins versants est de meilleure qualité à leur embouchure.

Citons comme exemple la qualité bactériologique à la tête du bassin versant de la rivière Bécancour, qui est de mauvaise qualité en raison de l’absence de désinfection à la station d’épuration de Thetford Mines et des nombreux problèmes de débordement d’égouts par temps de pluie en amont du bassin. La mauvaise qualité de l’eau de surface de la partie en amont du bassin versant de la rivière Nicolet reflète, quant à elle, l’agriculture intensive qui est pratiquée aux abords de la rivière des Pins. Les valeurs élevées des concentrations de nitrates et de nitrites de même que des coliformes fécaux, qui y sont observées, résulteraient de l’utilisation intensive d’engrais minéraux et de lisiers ainsi que des rejets de la station d’épuration de Warwick et des débordements estivaux du réseau des municipalités de Victoriaville et de Warwick.
À la suite d’un bref retour à la fraîcheur au cours de l’année 2000, les années 2001 et 2002 ont été particulièrement chaudes et sèches. En 2001, la majeure partie du Québec méridional présentait des températures moyennes annuelles parmi les plus chaudes de la dernière décennie, de même qu’un déficit de précipitation allant jusqu’à 30 % des normales dans l’extrême sud du Québec. L’année 2002 a aussi présenté partout, à l’exception de la Côte-Nord, des températures au-dessus des normales. Le déficit de précipitation atteignait 20 % des normales par endroits dans la vallée du Saint-Laurent. À l’été 2002, ces mêmes déficits ont atteint plus de 30 % dans le sud et l’ouest du Québec.

Généralement, l’eau est de mauvaise qualité dans les bassins ou les sous-bassins versants où l’agriculture occupe une forte proportion du territoire, en particulier ceux des rivières Châteauguay, Richelieu, Yamaska, L’Assomption, Nicolet, Boyer et Chaudière. Les étiages estivaux 2001-2002 ayant été très sévères, les paramètres qui ont le plus affecté la qualité de leurs eaux sont les matières en suspension et la turbidité. Cependant, les seconds paramètres qui ont le plus influencé la qualité de l’eau de ces bassins ont été le phosphore total, la chlorophylle a totale et, dans une moindre mesure, les nitrates et les nitrites de même que les coliformes fécaux. Depuis le dernier portrait global, on note une légère amélioration de la qualité de l’eau des rivières Chaudière, Bécancour et Saint-Charles (quoique la qualité de l’eau de ces bassins soit toujours jugée de satisfaisante à mauvaise). La turbidité a été le paramètre qui a le plus touché la qualité de l’eau dans ces bassins versants, alors que le phosphore total, les nitrates et les nitrites ainsi que les coliformes fécaux ont également affecté la qualité de l’eau, mais dans une moindre mesure.

Dans ce contexte d’étiages sévères, en raison des étés chauds et secs que nous avons connus, la qualité estivale de l’eau fait ressortir les effets bénéfiques de l’assainissement urbain. En de telles circonstances, le ruissellement de surface des villes et des sols agricoles est moins important et les débordements de réseau sont moins fréquents. Ceci met ainsi en évidence l’assainissement optimisé des sources ponctuelles et la contribution minimale des sources diffuses.

Qualité de l'eau des principales rivières du Québec méridional - répartition spatiale de l'IQBP7 (données estivales 2000-2002)

La figure ci-dessous présente la classification des principales rivières du Québec en fonction de la qualité de l’eau à leur embouchure. La figure montre aussi la valeur de l’IQBP7 observée à la station la plus en amont du bassin versant. Les rivières les plus détériorées (faible valeur de l’IQBP7) sont illustrées dans la partie supérieure de la figure. Les écarts observés entre les valeur amont (vert) et aval (jaune) de l’IQBP7 reflètent en grande partie les impacts de la dégradation de la qualité de l’eau engendrée par les activités humaines.

Les rivières les plus dégradées traversent des régions à fortes activités agricoles. Ainsi, la qualité de l’eau des rivières Yamaska et L’Assomption est extrêmement dégradée sur une portion importante de leur bassin versant, alors qu’elle est de bonne qualité à la tête de ces bassins. Les étiages estivaux sévères auraient surtout entraîné une concentration des apports de substances organiques et inorganiques. La tête des bassins versants des rivières Nicolet et Bécancour est, quant à elle, très dégradée comparativement à l’embouchure de leur bassin. L’importante dégradation de la qualité de l’eau du bassin versant de la rivière Boyer résulterait des activités agricoles qui y sont pratiquées. La problématique particulière des matières en suspension et de la turbidité des rivières Harricana et Bourlamaque a eu pour effet d’abaisser considérablement la valeur de l’IQBP7, mais il a été déterminé que certains cours d’eau de la région de l’Abitibi sont naturellement turbides en raison de la nature argileuse des sols qui recouvrent la région. Cette caractéristique classerait les rivières Harricana et Bourlamaque comme étant des rivières dégradées, bien que les causes de cette dégradation soient surtout d’origine naturelle.

Qualité de l'eau à l'embouchure et à la tête des bassins versants des principales rivières du Québec (IQBP7 2000-2002)

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