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Teneurs en métaux dans les sédiments et les poissons des lacs aux Dorés, Chibougamau, Obatogamau et Waconichi en 2002

Faits saillants

Introduction

Afin d’évaluer la qualité de la ressource halieutique dans la région de Chibougamau, le ministère de l’Environnement du Québec et la Société de la faune et des parcs du Québec du ministère des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs du Québec procèdent depuis 1998 à des analyses de métaux et de composés organiques présents dans la chair des poissons. Ainsi, quatre lacs ont été étudiés : les lacs Chibougamau, aux Dorés, Waconichi et Obatogamau.

Ces lacs sont notamment utilisés par les communautés Cris pour la pêche de subsistance ainsi que par les Jamésiens et la population du Québec en général pour la pêche sportive.

Les rives des lacs Chibougamau et aux Dorés sont le siège d’importantes zones minéralisées que l’on trouve en surface et dont certaines ont fait l’objet d’exploitation. Les lacs Obatogamau, quant à eux, sont influencés par la présence d’une mine dans le bassin de la rivière Nemenjiche alors que le lac Waconichi est considéré comme lac témoin, car il n’y a pas d’activité minière ni de minéralisation importante à proximité.

Les résultats de l’étude réalisée en 2001 montraient que la contamination de la chair des poissons par les métaux était limitée au mercure. Certaines espèces présentaient des teneurs supérieures à la directive de 0,5 mg/kg de Santé Canada pour la commercialisation des produits de la pêche. Les teneurs les plus élevées étaient observées aux lacs Obatogamau. Ces dernières n’étaient toutefois pas inhabituelles et se comparaient à celles observées en plusieurs endroits au Québec. De plus, les données ne montraient pas que les activités minières près des lacs Chibougamau et aux Dorés avaient causé une augmentation des teneurs en mercure ou autres métaux chez les poissons.

On soulignait toutefois que les teneurs en BPC dans les touladis des lacs aux Dorés et Chibougamau étaient à surveiller. L’origine des BPC n’a pas été décelée et aucun BPC n’a été détecté dans les sédiments des lacs Chibougamau et aux Dorés.

Quelques métaux étaient présents en des concentrations élevées dans les sédiments prélevés près des parcs de résidus miniers : l’arsenic, le cadmium, le cuivre, le nickel et le zinc. Les sites se trouvant à proximité de la mine Copper Rand, au sud de la mine Principale et au pied du parc Principale, affichaient les plus hautes concentrations pour ces métaux. Toutefois, compte tenu des différents types de minéralisation existant sur place, il était impossible de distinguer précisément la proportion des teneurs en métaux d’origine naturelle de celle d’origine anthropique.

La présence de toxicité dans un effluent minier et les teneurs élevées des métaux mentionnés précédemment dans des sédiments près de parcs de résidus miniers aux lacs aux Dorés et Chibougamau étaient susceptibles de causer de la toxicité pour les organismes aquatiques et demeuraient préoccupantes.

À la suite de ces résultats, l’étude réalisée en 2002 avait pour objectif de préciser, au lac aux Dorés, l’étendue de la zone de sédiments contaminés en aval des industries minières et de confirmer, au lac Chibougamau, dans les secteurs situés à proximité des mines ou loin de celles-ci, les teneurs en métaux des sédiments. Elle visait aussi à caractériser les sédiments du lac Waconichi (lac témoin) ainsi que ceux des lacs Obatogamau en rapport avec une industrie minière. De plus, l’étude cherchait à déterminer si les poissons des lacs Obatogamau présentaient des teneurs en mercure variant en fonction de l’éloignement des activités minières.

Faits saillants : étude 2002

En 2002, les teneurs de 13 métaux ont été mesurées dans 39 échantillons de sédiments prélevés aux lacs aux Dorés, Chibougamau, Waconichi et Obatogamau. Des analyses de mercure ont aussi été faites sur la chair de 293 poissons de six espèces provenant des lacs Chibougamau et Obatogamau. Des échantillons composites de chair et de foie, selon les classes de taille des différentes espèces, seront prochainement analysés pour déterminer la présence de plusieurs métaux, de BPC, de dioxines et de furanes. De même, de petits poissons entiers seront analysés à ces fins.

Les sédiments du lac Waconichi (lac témoin) présentent des teneurs très faibles en métaux, notamment en cuivre (9 mg/kg) et en arsenic (4 mg/kg), ce qui confirme l’absence d’influence minière sur ce lac et de minéralisation importante à proximité.

Au lac aux Dorés, dans le secteur en aval du parc de résidus de la mine Principale, seuls le cuivre (400 mg/kg) et le nickel (63 mg/kg) présentent des teneurs qui excèdent le critère d’effet probable (197 mg/kg et 61 mg/kg respectivement). Cette contamination, en particulier par le cuivre, s’observe sur la rive ouest jusqu’à plus de 3,5 km en aval du parc de résidus de la mine Principale. Les teneurs sont toutefois moins importantes que celles observées en 2001 près des mines (secteur situé en amont).

Au lac Chibougamau, un échantillon de sédiments prélevés dans une fosse près du parc de résidus d’Eaton Bay montre une teneur très élevée en cuivre (1 300 mg/kg), soit 6,6 fois le critère d’effet probable. Les teneurs en arsenic (41 mg/kg) et en nickel (89 mg/kg) dépassent aussi leur critère respectif à cet endroit. Ces teneurs confirment les observations faites en 2001 dans ce secteur et la présence de toxicité potentielle pour les organismes aquatiques.

Au lac Chibougamau, les sédiments prélevés loin des secteurs d’activités minières montrent des teneurs en arsenic, en chrome, en nickel, en plomb et en zinc notablement plus élevées au nord qu’au sud. Des minéralisations différentes expliqueraient ces écarts. Pour l’arsenic, le chrome et le nickel, les teneurs au nord (baie McKenzie) sont respectivement de 1,6, 1,3 et 2,3 fois supérieures au critère d’effet probable.

Les lacs Chibougamau et aux Dorés subissent l’influence de roches ultramafiques du complexe de Cummings, près de la bordure du lac Chibougamau. Dans ce complexe, on décèle un contenu anormal en cuivre, en chrome, en nickel et en cobalt, ce qui explique en partie le contenu plus élevé en métaux de ce secteur.

Aux lacs Obatogamau, les sédiments de la rivière Nemenjiche, un tributaire drainant un site minier, présentent des teneurs élevées en arsenic (85 mg/kg), en cuivre (680 mg/kg) et en mercure (0,77 mg/kg). Ces teneurs excèdent les critères d’effet probable et présentent un risque potentiel pour les organismes aquatiques. Les teneurs élevées en mercure dans les sédiments pourraient être attribuables à l’utilisation du mercure sur le site minier de Joe Mann de 1956 à 1958.

Sur la rivière Nemenjiche, les différences observées dans les sédiments entre l’amont et l’aval du site minier suggèrent que cette industrie pourrait être responsable de l’augmentation des teneurs en métaux. Des teneurs élevées sont observées dans les lacs Obatogamau, et ce, jusqu’au lac Le Royer situé en aval. Toutefois, la proximité de failles grenvilliennes dans ce secteur est susceptible d’accroître les teneurs naturelles en métaux dans les sédiments, notamment en mercure. D’autres prélèvements de sédiments seront nécessaires pour préciser l’étendue et la provenance de la contamination.

Aux lacs Obatogamau, les émissions de mercure provenant du site minier pourraient avoir causé, près de l’exutoire de la rivière Nemenjiche, une augmentation des teneurs moyennes ajustées en mercure, qui varient de 0,07 à 0,3 mg/kg selon les espèces. Ces augmentations sont de l’ordre d’environ 41 % pour le grand brochet, 22 % pour le doré jaune, 100 % pour le grand corégone et 94 % pour la lotte. Une partie de cette augmentation pourrait toutefois être attribuable à la présence de poissons plus âgés, notamment le doré jaune, dans le secteur de la rivière Nemenjiche comparativement au secteur ouest (lac Fancamp) des lacs Obatogamau.

Malgré les différences observées, la contamination en mercure mesurée n’est pas inhabituelle et se compare à celle mesurée en plusieurs endroits au Québec. Ainsi, les teneurs moyennes en mercure chez toutes les espèces demeurent inférieures ou similaires aux teneurs moyennes mesurées pour l’ensemble du Québec. Cette situation n’est toutefois pas idéale puisque les cours d’eau du Québec sont soumis à une pollution aéroportée et que les teneurs excèdent fréquemment la directive de Santé Canada (0,5 mg/kg).

Aux lacs Obatogamau, la directive est dépassée en ce qui concerne les dorés jaunes et les grands brochets de taille moyenne ou grande et ainsi que les lottes de toutes tailles, à l’exception de celles capturées dans le secteur ouest (lac Fancamp), un secteur qui ne subit pas l’influence de l’industrie minière. Les grands corégones et les meuniers noirs de toutes tailles présentent des teneurs inférieures à la directive, et ce, à tous les sites.

Au lac Chibougamau, les teneurs moyennes en mercure excèdent la directive concernant les touladis de taille moyenne ou grande ainsi que les grands brochets, les dorés jaunes et les lottes de grande taille.

Parmi les trois métaux analysés chez les poissons (arsenic, mercure et sélénium), seul le mercure montre des teneurs supérieures aux directives de Santé Canada pour la commercialisation des produits de la pêche.

Conclusion

Les résultats montrent qu’au lac aux Dorés les teneurs élevées en cuivre dans les sédiments s’étendent à plus de 3,5 km en aval des secteurs d’activités minières. Les teneurs en cuivre mesurées sont susceptibles de causer de la toxicité pour les organismes aquatiques.

Aux lacs Obatogamau, un site minier aurait contribué à l’augmentation des teneurs en métaux dans les sédiments (cuivre, arsenic et mercure). Les teneurs mesurées sont suffisamment élevées pour présenter de la toxicité pour les organismes aquatiques. Les teneurs élevées en mercure dans les sédiments pourraient avoir causé une augmentation des teneurs en mercure chez les poissons de l’ordre de 22 % à 100 %, selon les espèces. Malgré cette augmentation, la contamination en mercure mesurée n’est toutefois pas inhabituelle et se compare à celle observée à plusieurs endroits au Québec.


Référence : Laliberté, Denis, 2004. Teneurs en métaux dans les sédiments et les poissons des lacs aux Dorés, Chibougamau, Obatogamau et Waconichi en 2002, Québec, ministère de l’Environnement, Direction du suivi de l’état de l’environnement, envirodoq no ENV/2004/0137, collection no QE/142, 28 p. et 3 ann.

Rapport, format PDF, 834 ko


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