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Qualité des eaux du bassin de la rivière Etchemin, 1979-1999

Sommaire

Objectif de l’étude

Tracer le portrait de la qualité des eaux de surface du bassin de la rivière Etchemin sur les plans spatial et temporel, tout en faisant des parallèles avec l’évolution des activités socio-économiques sur le territoire qui peuvent avoir un impact sur les eaux de surface.

Échantillonnage

L’échantillonnage des eaux de la rivière Etchemin a eu lieu à une fréquence d’au moins une fois par mois, à partir de 1979 à l’embouchure de la rivière, et à partir de 1989 pour deux autres stations d’échantillonnage, l’une située à la tête du bassin et l’autre en amont de la municipalité de Sainte-Claire.

Afin d’obtenir un portrait plus précis de la qualité de l’eau de la rivière Etchemin, un échantillonnage supplémentaire a été effectué à trois autres stations au cours des étés 1990, 1992, 1993 et 1997, la saison estivale étant la période de l’année au cours de laquelle les usages de l’eau sont les plus nombreux.

Description du bassin

Le bassin de la rivière Etchemin couvre une superficie de 1 466 km2. Il est situé sur le coté sud du fleuve Saint-Laurent, borné à l’ouest par le bassin de la rivière Chaudière et au nord-est par les bassins de la rivière du Sud et de la rivière Boyer. L’embouchure de la rivière Etchemin se trouve à Saint-Romuald, municipalité immédiatement à l’ouest de celle de Lévis.

La partie du bassin en amont de la municipalité de Sainte-Claire est dominée par la forêt. On y trouve la majorité des affluents de la rivière Etchemin. Les activités socio-économiques y sont moins intenses que dans le secteur des basses-terres. En effet, quoique ces dernières ne couvrent que 30 % du territoire, on y dénombre plus de 66 % de la population, 59 % du cheptel et 63 % des terres cultivées.

En 1998, la population totale du bassin était de 42 398 habitants, répartis en 14 municipalités. Située à quelques kilomètres de l’embouchure, la municipalité de Saint-Jean-Chrysostome est la plus populeuse du bassin avec ses 17 229 habitants. Elle est de loin celle qui a subi la plus forte augmentation de population, soit une moyenne de 647 habitants par année depuis 1979. L’ensemble de la population du bassin raccordée à des réseaux d’égouts (28 397 habitants; 13 municipalités sur 14) a aujourd’hui ses eaux usées traitées par des stations d’épuration. Ces dernières ont été mises en service entre 1983 et 1997.

La principale activité industrielle du bassin avec rejets au cours d’eau est l’activité agro-alimentaire. Au cours de la période couverte par l’étude, cinq entreprises industrielles importantes déversaient leurs rejets dans les eaux du bassin, plus spécifiquement dans les municipalités de Lac-Etchemin, Sainte-Claire, Saint-Anselme et Saint-Henri. Les eaux usées de ces entreprises, et celles d’autres de moindre importance mais ayant aussi des rejets liquides au cours d’eau (7 entreprises de plus), sont traitées par des systèmes indépendants ou par des stations municipales d’épuration des eaux usées. La mise en place de ces traitements a eu lieu entre 1983 et 1998.

Le bassin de la rivière Etchemin a une importante vocation agricole. Quoique sur l’ensemble du bassin les superficies cultivées aient diminué entre 1976 et 1996 (-18 %), les activités d’élevage, elles, ont augmenté au cours de la même période (+30 %). Cet essor de la production animale sur le bassin de la rivière Etchemin a fait en sorte que la densité animale est passée de 1,5 u.a./ha en 1976 à 1,9 u.a./ha en 1986, puis à 2,4 u.a./ha en 1996. À titre de comparaison, cette forte densité animale est plus élevée que les densités enregistrées sur les bassins des rivières Chaudière (2,0 u.a./ha) et Yamaska (1,5 u.a./ha), pourtant tous deux reconnus comme étant des bassins à vocation agricole. La répartition des types de production a aussi changé de manière significative dans le temps : en 1976, le cheptel porcin représentait 36 % du cheptel total; en 1996, il représentait 54 % de l’ensemble des unités animales.

Résultats d’échantillonnage

La tournée d’échantillonnage estivale la plus récente, laquelle a eu lieu en 1997, montre que la qualité de l’eau de la rivière Etchemin est bonne à sa tête, satisfaisante jusqu’à Saint-Henri et douteuse à l’embouchure. Cette qualification provient du calcul d’un indice de qualité de l’eau fondé sur 10 descripteurs conventionnels. Les classes varient de A à : classe A, eau de bonne qualité; classe B, eau de qualité satisfaisante; classe C, eau de qualité douteuse; classe D, eau de mauvaise qualité; classe E, eau de très mauvaise qualité. Les résultats observés reflètent à la fois les pressions exercées sur la rivière par les différentes activités socio-économiques et les efforts d’assainissement consentis pour contrer les impacts cumulatifs de ces pollutions d’origine municipale, industrielle et agricole. En particulier, la qualité douteuse de l’eau observée à l’embouchure témoigne surtout de l’impact du secteur très agricole situé en aval de Saint-Anselme, dont une grande partie est drainée par la rivière le Bras et son tributaire, le ruisseau Fourchette.

L’analyse de la qualité de l’eau à l’embouchure de la rivière Etchemin montre que, de manière générale, des tendances opposées ont été observées au cours des deux dernières décennies. De 1979 à 1986, on note une dégradation de la qualité de l’eau qui se manifeste par une augmentation des différentes formes de phosphore, de l’azote total et de la conductivité. Ces augmentations sont vraisemblablement causées par un accroissement relativement important de la population du bassin ainsi qu’à une intensification des activités industrielles et agricoles sur le bassin. À l’opposé, on constate une amélioration de la qualité de l’eau pour la période s’étalant de 1989 à 1999, avec des baisses significatives de coliformes fécaux et de phosphore. C’est au cours de cette période que la majorité des ouvrages d’assainissement des eaux usées municipales et industrielles ont été mis en place, y compris ceux de la municipalité de Saint-Jean-Chrysostome, la plus populeuse du bassin et la plus proche de la station d’échantillonnage située à l’embouchure.

On note une différence marquée dans la qualité de l’eau entre la dernière tournée estivale (1997) et les trois précédentes (1990, 1992 et 1993). Pour la station d’échantillonnage située en aval de Saint-Anselme, il ne fait nul doute que l’importante amélioration de la qualité de l’eau observée en 1997 ait eu lieu grâce à l’assainissement des eaux usées de la municipalité ainsi qu’à l’assainissement des eaux usées des deux importantes entreprises agro-alimentaires localisées dans le même secteur. L’indice de la qualité bactériologique et physico-chimique de l’eau y est passé d’une classe E (très mauvaise qualité) à une classe B (qualité satisfaisante). Par ailleurs, aux autres stations d’échantillonnage, il semble que le faible débit de l’été 1997 ait joué un rôle prépondérant dans les différences observées entre la dernière tournée estivale et les trois premières. On note en effet une baisse importante des fréquences de dépassement du critère des coliformes fécaux, qui vise la protection des activités récréatives à contact direct, et du critère du phosphore, qui vise à protéger le cours d’eau contre l’eutrophisation. Par temps sec, l’impact des interventions d’assainissement urbain et industriel est plus évident, notamment dans les tronçons de rivière où ces types de rejets constituent une part importante des apports de polluants. Les débordements de réseaux étant nuls, l’efficacité des ouvrages d’assainissement est alors optimale. De la même façon, le ruissellement de surface est à son minimum et fait en sorte que la pollution diffuse exerce une très faible influence sur la qualité de l’eau, notamment en milieu agricole.

Référence : ROBITAILLE, P., 2000. Qualité des eaux du bassin de la rivière Etchemin, 1979-1999, Direction du suivi de l’état de l’environnement, secteur milieu aquatique, envirodoq no ENV2001-051, rapport no QE-125 , 22 p., 7 annexes.

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