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Suivi des nonylphénols éthoxylés dans l’eau brute et l’eau traitée de onze stations de traitement d’eau potable au Québec

Les nonylphénols éthoxylés sont des surfactants utilisés en grandes quantités et à diverses fins. Ils servent dans la production des textiles, des pâtes et papiers, du pétrole, des métaux et du cuir. On les utilise pour le nettoyage en milieu industriel, institutionnel et domestique. Ils entrent dans la fabrication de pesticides, de la peinture au latex, d’enduits protecteurs et de produits pharmaceutiques. Les estimations de la consommation annuelle canadienne de nonylphénols éthoxylés varie de 4 500 à 23 800 tonnes.

Les nonylphénols éthoxylés et, surtout, les produits intermédiaires de leur dégradation ont une certaine toxicité pour les poissons et autres organismes aquatiques. De plus, ces produits sont des perturbateurs endocriniens reconnus. Par exemple, ils induisent la production de vitellogénine chez des poissons mâles, alors que cette hormone n’est normalement présente que chez les femelles. De plus, en laboratoire, des poissons exposés au nonylphénol ont développé des gonades de sexes mélangés.

Il n’existait jusqu’à présent que très peu de données sur les concentrations de nonylphénols éthoxylés dans les cours d’eau du Québec. Aucune donnée n’était disponible quant à leur présence dans l’eau potable. Un suivi de ces substances a donc été réalisé dans l’eau de onze stations de traitement d’eau potable du Québec. L’eau brute et l’eau traitée de ces stations ont été échantillonnées mensuellement durant un an, de février 2000 à janvier 2001.

La concentration moyenne annuelle de nonylphénols totaux (NP1-17EO+NP1-2EC) dans l’eau produite par les municipalités à l’étude est de 10,4 µg/l à Farnham, entre 1 µg/l et 3 µg/l à Rosemère, Lavaltrie, Drummondville et Otterburn Park, entre 0,1 µg/l et 0,6 µg/l à Repentigny, Charny, Pierreville et Daveluyville et inférieure à 0,1 µg/l à Saint-Hyacinthe et Trois-Rivières.

Il n’existe pas encore de norme sur les nonylphénols dans l’eau potable à laquelle on pourrait comparer ces concentrations dans l’eau traitée. Cependant, selon une évaluation de risques réalisée par Santé Canada, l’eau potable serait une voie négligeable d’exposition humaine aux nonylphénols, même lorsqu’ils sont présents dans l’eau aux concentrations les plus élevées de la présente étude. Pour cette raison, nous concluons que les nonylphénols dans l’eau potable, aux concentrations où on les a trouvé dans le cadre de ce suivi, ne constituent pas une menace à la santé publique.

Les concentrations de nonylphénols dans l’eau brute des stations d’eau potable démontrent que les teneurs dans certains cours d’eau sont suffisamment élevées pour avoir des effets nocifs sur l’écosystème aquatique. En effet, certaines mesures dans l’eau brute dépassent le critère du ministère de l’Environnement du Québec pour la protection de la vie aquatique (6 µg/l de nonylphénol) et 20 % des analyses dépassent la recommandation canadienne de 1 µg/l. C’est à Farnham, sur la rivière Yamaska, que les dépassements des critères pour la protection de la vie aquatique sont les plus fréquents.

On constate finalement qu’en maints endroits, les concentrations de nonylphénols dans l’eau potable dépendent d’abord de la qualité de l’eau brute. Cependant, le traitement réalisé par certaines municipalités, notamment par l’ozonation, diminue de beaucoup (75 % à 99 %) la concentration de ces produits dans l’eau potable. C’est le cas à Saint-Hyacinthe, Charny, Repentigny, Rosemère et Pierreville.


Référence à citer : BERRYMAN, D., F. Houde, C. Deblois et M. O’Shea, 2003. Suivi des nonylphénols éthoxylés dans l’eau brute et l’eau traitée de onze stations de traitement d’eau potable au Québec, Direction du suivi de l’état de l’environnement, ministère de l’Environnement, Québec, envirodoq no ENV/2003/0001, 32 pages.

Rapport, format PDF, 611 ko


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