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 Qualité des eaux de la rivière des Outaouais - 1979-1994

Qualité de l'eau par secteur

Rivière des Outaouais, secteur de Portage-du-Fort à Carillon (secteur F)

Le secteur de 5 237 km2 est le plus hétérogène de tous. Il s'agit en fait des espaces situés du côté québécois entre les gros bassins versants des rivières Gatineau, du Lièvre et Rouge. Il comprend en plus le sous-bassin de la rivière Petite Nation.

Le secteur F est de loin le plus peuplé en raison de la présence de trois municipalités de la Communauté urbaine de l'Outaouais (CUO), soit les villes de Hull, Aylmer et Gatineau, qui comptent ensemble plus de 185 000 personnes. La population totale du secteur québécois est de près de 230 000 personnes. Du côté ontarien, on retrouve la zone urbaine d'Ottawa-Carleton, avec une population de plus de 450 000 personnes. Il est à noter que cette agglomération possède une station d'épuration à Gloucester.

Le flottage du bois a été abandonné au milieu des années 1970 entre Breaside (lac des Chats) et Hull. Ce facteur ne devrait donc pas influencer la qualité de l'eau de la rivière des Outaouais entre 1979 et 1994.

La qualité de l'eau de la rivière des Outaouais est clairement affectée par les rejets urbains et industriels de la région de Hull-Ottawa. Ainsi, la contamination par les coliformes fécaux est faible en amont de l'agglomération, avec une fréquence de dépassement de 5 % du critère de qualité lié à la baignade (200 coliformes fécaux/100 ml). Par contre, comme le montrent les figures 1 et 2, la situation se dégrade nettement en aval des lieux de rejet, à la traverse de Masson, surtout durant l'été.

Cette situation serait due en grande partie à l'absence de désinfection à la station d'épuration de la CUO, à des problèmes de débordement du réseau d'égouts et à de mauvais raccordements dans un quartier de Hull. Les activités impliquant un contact direct avec l'eau, comme la baignade, sont presque toujours compromises entre Hull et Masson durant l'été. Les activités récréatives de contact secondaire (pêche, nautisme) sont aussi compromises, mais dans une moindre mesure.

La pollution par les substances nutritives augmente également en aval de l'agglomération de Hull-Ottawa par rapport à la station de Portage-du-Fort (figure 1). On note toutefois une tendance significative à la baisse de ces concentrations de phosphore entre 1979 et 1994. Les efforts d'assainissement ont amené ainsi une chute perceptible des charges de phosphore à la station d'échantillonnage, à la traverse de Masson.

Les autres formes de pollution, c'est-à-dire la pollution visuelle et la pollution par les matières organiques sont faibles dans l'ensemble du secteur. Des dégradations sont par contre observées localement.

La turbidité marquée s'avère la principale caractéristique de l'eau de la rivière Petite Nation. Le panache de la rivière est d'ailleurs visible lorsque celle-ci se jette dans la rivière des Outaouais. Cette turbidité plus marquée est surtout attribuable aux concentrations élevées de matières en suspension. Cet apport en matières en suspension est lié à la nature argileuse des sols en aval de Ripon. On note toutefois que les concentrations de phosphore sont à la baisse entre 1979 et 1994. La rivière demeure néanmoins toujours aussi turbide.

Enfin, la qualité de l'eau de la rivière des Outaouais s'est améliorée entre 1979 et 1994 au barrage de Carillon, situé à l'embouchure de la rivière. Les concentrations d'azote total et de phosphore total ont diminué durant cette période. La fréquence de dépassement du critère lié à l'eutrophisation des cours d'eau par le phosphore était de près de 50 % à Carillon. On remarque que la fréquence et l'ampleur de ces dépassements sont plus importantes que celles observées à la station de Masson. La rivière ontarienne South Nation figure parmi les sources vraisemblables de ces accroissements. Cette rivière montre une qualité de l'eau comparable à celles de rivières coulant en milieu agricole au Québec.

On remarque une décroissance importante des teneurs en coliformes fécaux par rapport à la station de Masson. La fréquence de dépassement du critère pour la baignade (200 coliformes fécaux/100 ml) passe de 50 % à 15 % dans les 80 kilomètres séparant les deux stations. Il est à noter que la plupart des valeurs dépassant 200 coliformes fécaux/100 ml ont été enregistrées en hiver et à l'automne.

Photo : Rivière des Outaouais, MEF

Baigande dans la rivière des Outaouais, à Hull

On compte 34 plages dans le secteur F qui ont été surveillées dans le cadre du programme Environnement-Plage. Il y a six de ces plages qui sont localisées sur les rives de la rivière des Outaouais. La plupart des classements indiquent des eaux d'excellente qualité pour la baignade. Seule la plage Moussette, à Hull, présente une eau qualifiée de bonne. La qualité de l'eau a toutefois été médiocre à cet endroit en 1990 et 1995.

La qualité de l'eau de la rivière des Outaouais est donc satisfaisante à la station de Carillon. La pollution par le phosphore empêche de la considérer comme étant bonne. Par contre, les concentrations étant à la baisse, il est possible de croire à une amélioration de la situation au cours des prochaines années. Cette amélioration va augmenter le potentiel d'usages tout en fournissant un milieu plus favorable aux nombreux organismes vivants dans la rivière des Outaouais et ses abords. Ce secteur compte notamment des zones marécageuses importantes pour les espèces aquatiques, la sauvagine et les autres espèces ripariennes.

Les efforts d'assainissement urbain dans le secteur F ont conduit à la construction de six stations d'épuration. Ces stations desservent près de 206 000 personnes, ce qui représente 96 % des personnes dont les résidences sont raccordées à des réseaux d'égouts dans le secteur. Il y a donc environ 90 % de la population totale du secteur dont les eaux usées sont traitées à ces installations.

La mise en service de la station d'épuration de la Communauté urbaine de l'Outaouais, en septembre 1984, a réglé la plupart des problèmes locaux de salubrité et de pollution visuelle. Les travaux d'interception ont réduit le niveau de contamination par les coliformes fécaux en amont de l'effluent de la station d'épuration. On a ainsi permis la réouverture des plages Moussette, à Hull, et de la marina d'Aylmer. Cette station d'épuration a montré, de 1990 à 1994, de bonnes performances environnementales. Il reste toutefois à désinfecter les rejets de la station et à régler les problèmes résiduels de débordement et de raccordement des réseaux d'égouts afin de profiter pleinement des bénéfices des travaux d'assainissement.

Des stations d'épuration ont été également construites dans le cadre du PAEQ à Plaisance et à Saint-André-Avellin. Ces stations ont éliminé les problèmes de salubrité et d'odeurs. Les stations d'épuration des municipalités de Carillon, de Papineauville et de Shawville ont été construites avant le PAEQ. Les stations de Carillon et de Papineauville ont cependant été rénovées dans le cadre du PAEQ.

La station d'épuration de Masson-Angers est actuellement (depuis l'automne 1995) en construction. Dans le cas de Thurso, les eaux usées municipales seront bientôt traitées conjointement avec celles de la papetière Maclaren. 

Les travaux d'assainissement industriel ne sont pas reconnus comme étant terminés dans aucune industrie du secteur. Par contre, la fabrique de pâtes et papiers de la compagnie James Maclaren, à Thurso, et celle de la compagnie Avenor (PFCP), à Gatineau, ont mis en service leur système de boues activées durant le mois de septembre 1995. La papetière E.B. Eddy de Hull a mis le sien en service en mars 1995. Ces fabriques ont donc mis en place les équipements nécessaires, pour respecter les exigences du Règlement sur les fabriques de pâtes et papiers, qui découle de la Loi sur la qualité de l'environnement.

Les efforts d'assainissement agricole ont permis 39 interventions dans le cadre du PAAGF. La majorité des interventions faites dans le secteur ont conduit à la construction ou à l'agrandissement de structures d'entreposage.

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