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État de l'écosystème aquatique du bassin versant de la rivière Richelieu - Synthèse 1998

Dans le bas Richelieu : aucun répit pour la rivière

De l'exutoire du bassin de Chambly jusqu'à Saint-Charles, la rivière Richelieu n'a aucun répit. Elle reçoit tour à tour les eaux de la rivière L'Acadie et les rejets domestiques et industriels non traités de six municipalités d'importance : Beloeil, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire, Otterburn Park, Saint-Basile-le-Grand et Saint-Bruno-de-Montarville. Ce sont donc les eaux usées d'une population d'environ 74 000 personnes qui se déversent directement dans la rivière.

À l'exutoire du bassin de Chambly

Les taux d'anomalies diminuent ; les cyprinidés insectivores (ménés) sensibles à la pollution sont plus nombreux et l'indice d'intégrité de la communauté est bon. Les poissons semblent favorisés par le phénomène de sédimentation qui prend place dans le bassin de Chambly. En effet, les particules fines en suspension chargées de contaminants se déposent au fond et disparaissent ainsi de la colonne d'eau, améliorant le milieu de vie des poissons.

La communauté benthique, quant à elle, se trouve passablement affectée par les conditions qui prévalent dans le secteur. La diversité benthique diminue ; plusieurs organismes sensibles ou moyennement sensibles à la pollution, appartenant entre autres aux éphémères et aux coléoptères, disparaissent presque du milieu. L'intégrité de la communauté, qui était excellente aux rapides Fryers, devient faible près de la rivière L'Acadie.

Plusieurs HAP sont repérés à l'exutoire du bassin de Chambly. Pour certains d'entre eux, les concentrations mesurées sont les plus importantes du bassin de la rivière Richelieu. On détecte aussi de fortes teneurs en plomb et en dioxines. Celles-ci comptent parmi les plus élevées des tributaires situés au sud du Saint-Laurent. La pollution par ces substances pourrait être attribuable aux deux entreprises des secteurs de la chimie et des pâtes et papiers.

Photo Rivière Richelieu : Ministère de l'Environnement et de la Faune

Photo : Ministère de l'Environnement et de la Faune

La rivière Richelieu à la hauteur de Sorel.

Le sous-bassin de la rivière L'Acadie renferme à lui seul près de 50 % des superficies cultivées et 40 % du cheptel du bas Richelieu. Les eaux de cette rivière, qui se jettent dans le Richelieu, sont de très mauvaise qualité ; elles présentent notamment de fortes concentrations en phosphore. De plus, on découvre dans les traceurs placés dans ce tributaire, du dichlorobenzène, des HAP, ainsi que deux pesticides : l'atrazine et le métolachlore.

Secteur de Beloeil : des communautés aquatiques déstabilisées

La diversité benthique en aval de Beloeil est la plus basse du bassin, faisant descendre l'indice d'intégrité basé sur le benthos à faible. La communauté de poissons est aussi déstabilisée. Les espèces plus sensibles diminuent au bénéfice des espèces tolérantes et moyennement tolérantes à la pollution, comme la chatte de l'est, le crapet soleil et le ventre pourri.

On observe dans le milieu une hausse de la DBO5, de la turbidité et du phosphore. De plus, les cellules à dialyse et les mousses aquatiques révèlent la présence de HAP et de composés organiques semi-volatils. La dégradation de l'état de santé de l'écosystème notée en aval de Beloeil s'amorce en aval de McMasterville, à peine deux kilomètres au sud, où l'on trouve des substances détectées nulle part ailleurs dans le bassin : cinq formes de toluène, du benzo(k)fluoranthène et de l'hexachlorobenzène. Une entreprise d'explosifs en serait possiblement la source.

Photo de rejet urbain : Ministère de l'Environnement et de la Faune

Photo : Ministère de l'Environnement et de la Faune

La dégradation de la matière organique par les bactéries exige beaucoup d'oxygène. En déterminant, sur une période de cinq jours, la quantité d'oxygène utilisée par les bactéries pour dégrader la matière organique contenue dans un litre d'eau, on obtient une mesure de la « demande biochimique en oxygène », soit la DBO5. Une DBO5 élevée indique que le milieu est pollué.

De Saint-Charles à l'embouchure : pas d'amélioration

La qualité des eaux du Richelieu évolue très peu de Saint-Charles à l'embouchure. La pollution diffuse agricole et les rejets des petites municipalités environnantes créent des pressions constantes qui maintiennent la mauvaise qualité de l'eau. Une hausse de la DBO5, de la turbidité et du phosphore est ainsi notée en aval de Saint-Charles, de Saint-Antoine et de Saint-Denis.

Dans la communauté de poissons en aval de Saint-Denis et de Saint-Antoine, les cyprinidés insectivores de même que les piscivores diminuent. Les omnivores tolérants à la pollution augmentent à des proportions jamais égalées ailleurs dans le bassin, et le taux d'anomalies dépasse 10 %. L'indice d'intégrité faible montre que le milieu est dégradé, une situation comparable à celle observée à Saint-Jean-sur-Richelieu.

À l'embouchure de la rivière, une hausse de l'indice d'intégrité pour le poisson pourrait laisser présager une récupération de l'écosystème face aux pressions environnantes. Seulement, la rencontre de la rivière Richelieu avec le fleuve altère la dynamique des communautés, et les échanges entre les deux milieux faussent la valeur de l'indice. L'augmentation de ce dernier ne peut donc être interprétée comme une amélioration de la qualité du milieu.

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