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Avis concernant l’aération ou la circulation artificielle de l’eau des lacs comme mesures de restauration de la qualité de l’eau

Sommaire

Il n’existe pas de solution miraculeuse pour restaurer rapidement un lac, pas plus qu’il n’existe de solution unique pour tous les problèmes qui touchent les lacs de villégiature. De plus, il n’y a pas deux lacs identiques, chacun possédant ses caractéristiques physiques particulières (bathymétrie, superficie, bassin de drainage, etc.) et sa propre histoire. Les pressions de pollution qui s’exercent sur chacun sont tout aussi particulières. Par conséquent, les solutions envisagées pour régler les problèmes d’un lac donné pourraient ne pas convenir pour un autre lac.

Quelle que soit l’action envisagée par les municipalités ou les associations de propriétaires riverains afin de restaurer un lac, il importe d’adopter une approche globale et d’obtenir avant toute chose un portrait le plus complet possible de la situation actuelle du lac. Lorsque toutes les informations nécessaires à cette analyse sont disponibles et que la situation est bien cernée, il est alors plus facile de fixer des objectifs et de prendre les décisions qui s’imposent pour les atteindre. L’état actuel du lac empêche-t-il certains usages? Quels sont les usages compromis? Quelles sont les causes probables de la détérioration de la qualité de l’eau? Quelles sont les actions réalistes qui peuvent être entreprises pour améliorer la situation à court, à moyen et à long terme?

En ce qui concerne l’utilisation de procédés comme la circulation ou l’aération artificielle, aucune étude complète et objective n’a été réalisée pour tester adéquatement leur efficacité réelle. La documentation scientifique sur ces procédés suggère qu’ils puissent théoriquement produire des effets bénéfiques sur le milieu, dans certaines situations. Leur efficacité relativement au contrôle des macrophytes est cependant mise en doute. En effet, les lacs aux prises avec des problèmes associés à la présence de plantes aquatiques sont habituellement peu profonds et davantage sujets à ce genre de problème en raison de leur stade de vieillissement.

Autres liens pertinents

Conseil Régional de l'Environnement des Laurentides

 Regroupement des associations pour la protection de l'environnement des lacs et des cours d'eau de l'Estrie et du haut bassin de la St-François (RAPPEL)

Burlington Eco - Info

Illinois Environmental Protection Agency

Lake Champlain Basin Program

U.S. Environmental Agency/Lakes

En dernier lieu, les municipalités et associations de propriétaires riverains qui désirent obtenir une diagnose écologique de leur lac devraient choisir un consultant dont l’intérêt premier est de fournir de l’information sur la situation, et non de vendre de l’équipement. Au besoin, elles ne devraient pas hésiter à solliciter une deuxième opinion avant d’investir des sommes importantes dans des équipements coûteux qui pourraient ne pas améliorer l’état de leur lac, et même, dans certains cas, le détériorer davantage.

En bref, les équipements servant à la circulation ou à l’aération artificielle de l’eau des lacs qui impliquent un brassage et une déstratification de la colonne d’eau ne sauraient être recommandés dans les cas suivants :

  • pour oxygéner les lacs eutrophes peu profonds (profondeur moyenne de moins de 3 mètres) et non stratifiés;
  • pour contrer l’envahissement du lit des lacs par les macrophytes;
  • pour empêcher le relargage du phosphore par les sédiments en toutes circonstances.

Après une étude approfondie des caractéristiques morphométriques et physico-chimiques d’un lac, ces équipements pourraient être considérés pour le contrôle des populations d’algues bleu-vert (cyanobactéries) dans les cas où la productivité de l’épilimnion du lac (couche d’eau superficielle) n’est pas limitée par les éléments nutritifs tels que l’azote et le phosphore. Dans le cas contraire, le brassage de la colonne d’eau pourrait entraîner dans la couche de surface des eaux riches en CO2 et en éléments nutritifs, ce qui pourrait alors stimuler la croissance des algues bleu-vert déjà présentes.


Référence à citer : Ministère de l’Environnement, 2003. Avis concernant l’aération ou la circulation artificielle de l’eau des lacs comme mesures de restauration de la qualité de l’eau, Québec, le ministère de l’Environnement du Québec, 11 p.


Rapport, format PDF, 309 ko

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