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Le plomb dans l’eau potable

Compte tenu de l’importance que le Ministère accorde à ce sujet, d’importantes modifications au Règlement sur la qualité de l’eau potable (RQEP), en lien avec le contrôle du plomb et du cuivre dans l’eau potable, sont entrées en vigueur le 8 mars 2013. Ces modifications portent principalement sur le nombre d’échantillons devant être prélevés annuellement et sur les sites où ces prélèvements doivent être réalisés.

De plus, un Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable a été publié sur le site Web du Ministère. Ce guide a pour objectif d’aider les responsables d’un système de distribution d’eau potable à répondre aux exigences du RQEP, à évaluer l’ampleur du problème lorsque des résultats montrent une concentration de plomb supérieure à la norme, à repérer les entrées de service en plomb qui pourraient être présentes sur leur installation de distribution et à mettre en place les solutions adaptées aux problèmes soulevés.

Vous trouverez dans cette section différents renseignements pertinents à propos de la présence de plomb dans l’eau potable au Québec sous forme de questions et réponses classées par thèmes.


La problématique du plomb en général et dans l'eau potable

Q. Pourquoi le plomb présente-t-il un risque pour la santé?

R. Le plomb est reconnu pour avoir des effets néfastes sur la santé humaine. À de faibles concentrations, il affecte surtout le système nerveux et peut entraîner des effets mineurs sur le développement intellectuel des nourrissons et des enfants de moins de 6 ans. Ces derniers sont plus vulnérables car ils sont en pleine croissance. Il en est de même pour le fœtus des femmes enceintes.

Bien que l’exposition au plomb ait été réduite de façon considérable au cours des dernières décennies, il existe un large consensus en santé publique pour maintenir les efforts visant à la diminuer autant que possible.

Vous pouvez consulter le site Internet de Santé Canada pour obtenir plus d’information sur les effets de l’exposition au plomb sur la santé humaine (Minimiser l'exposition au plomb provenant des réseaux de distribution d'eau potable et Questions couramment posées sur l’effet de l’exposition au plomb sur la santé humaine).

Q. Quelles sont les sources d'exposition au plomb?

R. Le plomb est un métal lourd grisâtre présent naturellement en petites quantités dans la croûte terrestre. Il est également utilisé dans beaucoup de produits de consommation, de sorte que nous y sommes tous exposés par la nourriture, l’eau, l’air, les poussières et le sol.

De nombreuses mesures ont été prises par les gouvernements pour réduire l'exposition de la population à ce métal que ce soit par l'ingestion ou l'inhalation. Ainsi, depuis une trentaine d’années, on observe une diminution de la plombémie (concentration de plomb dans le sang) chez la population québécoise. Autrefois, on trouvait du plomb notamment dans l'essence, les peintures et les soudures des boîtes de conserve et certaines composantes des canalisations d'eau potable peuvent toujours en contenir.

Q. D'où peut provenir le plomb se retrouvant dans l'eau potable?

R. Le plomb retrouvé dans l’eau potable provient de certaines composantes du système de distribution. Les principales sources de plomb sont les entrées de service en plomb (canalisation raccordant le bâtiment aux conduites municipales) ou la tuyauterie interne du bâtiment (soudures en plomb, anciens tuyaux en plomb, accessoires de plomberie, etc.).

Des entrées de service en plomb ont été utilisées dans les canalisations d'eau potable au début du siècle dernier. L'avènement du cuivre, après la Seconde Guerre mondiale, est venu modifier cette pratique, de sorte que l'utilisation des entrées de service en plomb est progressivement disparue et a été interdite par le Code de la plomberie en 1980.

Par ailleurs, en 1989, le Code de la plomberie a interdit l'utilisation de soudures contenant plus de 0,2 % de plomb. Comme on retrouve encore du fil à souder avec plus de 0,2 % de plomb sur les tablettes des quincailleries, il est toujours possible aujourd’hui de trouver des soudures avec un contenu élevé en plomb. Toutefois, les soudures en plomb peuvent perdre graduellement la capacité de libérer du plomb après quelques années.

Toujours à l’intérieur des résidences, les accessoires de plomberie, comme la robinetterie et les compteurs d’eau, peuvent être des sources de plomb dans l’eau. Enfin, il peut arriver qu’on retrouve de la tuyauterie en plomb dans des habitations très anciennes, mais cette situation demeure exceptionnelle.

Malgré ces différentes sources de plomb, qui peuvent varier grandement d’une résidence à une autre, la présence de plomb dans l’eau du robinet dépend également de la nature de l’eau distribuée et de son utilisation. En effet, la concentration de plomb dans l'eau du robinet est influencée par la capacité de l’eau à provoquer la dissolution du plomb avec lequel elle vient en contact (agressivité et température de l’eau). La concentration de plomb dépend aussi de la durée de stagnation de l'eau dans les conduites avant d’ouvrir le robinet et du temps où on laisse couler l'eau avant de remplir son verre.

Q. Où retrouve-t-on des entrées de service en plomb au Québec?

R. Selon l’information dont le Ministère dispose, des entrées de service en plomb sont susceptibles d'avoir été installées dans la majorité des régions du Québec jusqu'en 1955, jusqu’en 1967 dans la région de Montréal et jusqu'en 1971 dans la région des Laurentides. Seules les régions de la Gaspésie, de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec seraient peu ou pas visées par cette problématique. Un rapport commandé par le Ministère en 1994 évaluait ce nombre à 100 000 dans les municipalités du Québec en excluant Montréal.

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La réglementation québécoise relative à la présence de plomb dans l'eau potable

Q. Comment limite-t-on les concentrations de plomb dans l'eau potable au Québec?

R. Afin de limiter les concentrations de contaminants présentant un risque pour la santé humaine, dont le plomb, le RQEP édicte des normes relatives à l'eau potable pour plus de 80 substances. La norme établie pour le plomb est de 0,01 mg/L (10 µg/L) et correspond à la recommandation canadienne élaborée par le Comité fédéral-provincial-territorial sur l’eau potable en collaboration avec Santé Canada. Le processus d’élaboration des recommandations canadiennes implique la révision du contenu par des experts internationaux et une consultation publique.

À des fins de contrôle du plomb, le responsable d’un système de distribution d’eau potable, alimentant plus de 20 personnes, doit procéder au prélèvement d’échantillons d’eau mise à la disposition de l’utilisateur entre le 1er juillet et le 1er octobre de chaque année. Depuis le 8 mars 2013, entre 2 et 50 échantillons sont requis selon le nombre de personnes desservies.

Sachant qu’une eau agressive favorise la dissolution du plomb dans l’eau, le RQEP oblige par ailleurs les responsables de systèmes de distribution dont l’eau a un pH inférieur à 6,5 d'en aviser le Ministère et la Direction de santé publique de la région concernée et de les informer des mesures prises pour remédier à la situation.

Q. Où et comment les responsables de systèmes de distribution doivent-ils échantillonner?

R. Depuis le 8 mars 2013, le règlement établit que les échantillons, pour le contrôle du plomb dans l’eau potable, doivent être prélevés au robinet de résidences unifamiliales ou de bâtiments résidentiels de moins de 8 logements. Dans le cas où le système de distribution dessert des établissements d’enseignement ou de santé et de services sociaux pouvant dispenser des services à des enfants de 6 ans ou moins, ceux-ci doivent aussi être inclus dans les lieux d’échantillonnage. Ces établissements sont, par exemple, des centres de la petite enfance, des écoles primaires ou des garderies en milieu familial.

L'échantillonnage doit être réalisé après avoir laissé couler l'eau durant au moins cinq minutes. Ce mode de prélèvement représente généralement la concentration minimale à laquelle l’utilisateur est exposé.

Le chapitre 1 du Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable explique précisément de quelle façon localiser les secteurs à risque, choisir les sites de prélèvement ainsi que planifier et réaliser la campagne d’échantillonnage lors du contrôle réglementaire.

Q. Qui détermine les mesures de santé publique à prendre pour réduire l’exposition au plomb lorsque les résultats du plomb dans l’eau potable sont hors norme?

R. Le RQEP n’exige pas d’émettre systématiquement un avis de non-consommation dans le cas du dépassement d’une norme portant sur un paramètre chimique, y compris pour le plomb.

Lorsque le laboratoire accrédité constate qu’un résultat de plomb est supérieur à la norme, il informe dans les meilleurs délais le responsable du système de distribution, le Ministère et la DSP de la région concernée. Le responsable du système de distribution doit ensuite aviser ces deux organismes, les informer des mesures qu’il prévoit prendre pour repérer les canalisations de plomb du système de distribution et, le cas échéant, protéger tout utilisateur contre les risques encourus. Après avoir évalué la situation avec le Ministère et la municipalité, la DSP peut recommander, au besoin, la diffusion d’un avis de santé à la population.

Le Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable précise ce qui doit être pris en compte lors de l’interprétation des résultats issus du contrôle réglementaire ainsi que les gestes à poser dans les situations de dépassement de la norme pour le plomb.

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Les mesures que peuvent prendre les responsables de système de distribution d’eau potable pour corriger la situation

Q. Pourquoi le Ministère invite-t-il les responsables de système de distribution à évaluer l’ampleur de la problématique de plomb dans leur système de distribution d’eau potable?

R. Lorsque les prélèvements, réalisés en application du RQEP, révèlent un dépassement de la norme de plomb, l’ampleur du problème doit être évaluée afin de déterminer les interventions appropriées qui permettraient de corriger la situation. Pour ce faire, le responsable doit prélever un plus grand nombre d’échantillons à un nombre plus élevé de sites que ce qui est prévu par le RQEP.

Le chapitre 2 du Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable traite expressément de la manière dont doit être évaluée l’ampleur du problème par le responsable du système de distribution d’eau potable.

Q. Quelles sont les actions qui peuvent être mises en œuvre pour corriger la situation?

R.
Corriger l’équilibre chimique de l’eau distribuée
Lorsque l’ampleur de la problématique de plomb est suffisamment importante, cela justifie une intervention sur l’ensemble du système de distribution. Dans ce cas, le responsable devra préparer un plan d’action afin de corriger l’équilibre chimique de l’eau distribuée et le déposer auprès de la direction régionale du Ministère et de la DSP concernée. Ce plan d’action devra indiquer de quelle façon la qualité de l’eau sera modifiée pour rétablir son équilibre chimique et diminuer la corrosion. Cette correction peut viser à se rapprocher du pH d’équilibre de l’eau, peut impliquer l’ajout d’un inhibiteur de corrosion ou peut passer par toute autre intervention que le responsable juge adéquate.

Remplacement des entrées de service en plomb
Lorsque la présence d’entrées de service en plomb constitue la cause principale des concentrations de plomb supérieures à la norme dans l’eau au robinet des utilisateurs, leur remplacement peut être envisagé par les municipalités en vertu d’un programme progressif. Comme une portion de l’entrée de service appartient au responsable du système de distribution et que l’autre appartient au propriétaire de la résidence, le remplacement des deux portions de l’entrée de service en plomb devrait être effectué simultanément pour réduire les coûts et pour assurer la résolution définitive du problème. En effet, le remplacement d’une portion seulement de l’entrée de service peut maintenir ou même faire augmenter temporairement la concentration de plomb dans l’eau.

Les éléments en prendre en considération, les étapes à suivre et les délais à respecter dans la préparation d’un plan d’action sont inclus dans le chapitre 3 du Guide d’évaluation et d’intervention relatif au suivi du plomb et du cuivre dans l’eau potable. Ce chapitre réfère également à des documents existants précisant les paramètres à respecter pour réaliser l’ensemble des interventions demandées.

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Les mesures que peuvent prendre les résidents pour réduire leur exposition au plomb par l'eau potable

Q. Comment vérifier la présence d'une entrée de service en plomb chez moi?

R. Au Québec, le risque est faible que des entrées de service en plomb aient été installées pour raccorder des résidences à l’aqueduc municipal après les années 1970. Cette pratique a d’ailleurs été interdite par le Code de plomberie en 1980.

Si l’on soupçonne la présence d’une entrée de service en plomb, il est parfois possible de vérifier la conduite d’eau potable située à l’entrée d’eau du bâtiment. La conduite d’entrée d’eau située au sous-sol est visible si des cloisons intérieures n’ont pas été installées. Une conduite en plomb est de couleur gris métallique, n’a pas de résonance quand on la frappe avec un objet métallique et est inerte lorsqu’on approche un aimant.

Par contre, l’entrée de service se compose de deux sections : celle qui appartient au responsable du système de distribution et celle qui appartient au propriétaire de la résidence, la limite étant le robinet d’arrêt qui est généralement situé à l’extérieur, sur le terrain de la résidence. Les deux sections peuvent être en plomb, mais il est possible que la section de l’entrée de service appartenant au propriétaire ne soit pas en plomb et que la section appartenant au responsable du système le soit.

La municipalité pourrait être en mesure de renseigner les résidents sur la présence de ce type d’entrée de service dans le système de distribution.

Q. Comment faire analyser l’eau du robinet?

R. L’analyse du plomb dans un échantillon d’eau prélevé au robinet d'eau froide de la cuisine peut permettre de déceler une contamination. La première étape consiste à communiquer avec sa municipalité pour vérifier si des prélèvements ont été ou seront réalisés par celle-ci.

Si le résidant veut lui-même faire analyser son eau potable, il doit communiquer avec un laboratoire accrédité qui lui fournira les contenants et les instructions appropriées concernant le prélèvement et le transport des échantillons. Une liste à jour des laboratoires accrédités est disponible sur le site Internet du Ministère. Les laboratoires y sont classés par région administrative et il faut s'assurer que le laboratoire choisi est accrédité pour l’analyse du plomb dans l’eau potable.

Q. Que puis-je faire pour réduire l’exposition au plomb par l’eau potable?

R. Il est important de préciser que le risque en lien avec l’exposition au plomb concerne surtout les femmes enceintes (fœtus), les nourrissons et les enfants de moins de six ans. Du point de vue de la santé publique, il importe de toujours utiliser le robinet d’eau froide pour l’ingestion et la préparation des aliments (y compris l’eau pour la cuisson) et de ne jamais utiliser l’eau qui a stagné dans les canalisations surtout après une longue période de temps, comme le matin au réveil ou le soir au retour à la maison. Une bonne pratique consiste aussi à enlever et à nettoyer régulièrement l’aérateur (petit filtre) placé dans le bec du robinet.

En l’absence d’entrée de service en plomb, on peut laisser couler l’eau pendant une ou deux minutes ou attendre que l’eau soit devenue plus froide avant de remplir son verre.

En présence d’une entrée de service en plomb, on doit laisser couler l’eau jusqu’à ce qu’elle soit devenue plus froide; à partir de ce moment, il importe de la laisser couler une ou deux minutes de plus afin d’éliminer l’eau qui a stagné dans l’entrée de service. Ces mesures générales permettent de réduire l’exposition au plomb par l’eau potable.

À noter que, même si l’on est en présence d’une entrée de service en plomb, l’eau du robinet peut être conforme à la norme de plomb, car plusieurs facteurs influencent les concentrations de plomb dans l’eau potable (pH et alcalinité de l’eau, longueur et diamètre de l’entrée de service en plomb, âge et type de soudures en plomb, température de l’eau, habitudes de consommation, etc.).

  • Utiliser un traitement domestique ou de l’eau embouteillée

Différents systèmes de traitement de l’eau permettent de réduire la concentration de plomb dans l’eau du robinet en deçà de la norme. Par exemple, on peut utiliser un filtre fixé au robinet. Quel que soit le type de produit utilisé, il est important de suivre fidèlement les instructions du fabricant concernant son installation, son fonctionnement et son entretien, par exemple la fréquence de changement des filtres.

Il faut aussi s’assurer que le produit utilisé a été testé et est certifié pour l’élimination du plomb présent dans l’eau. L’organisme de certification américain NSF a établi des protocoles permettant de faire ce genre de vérification. La norme NSF53 est celle qui permet de vérifier l’efficacité des systèmes de traitement domestique pour l’élimination du plomb dans l’eau.

On peut trouver de l’information sur les caractéristiques de ces différents produits sur le site Internet de Santé Canada.

Q. À qui dois-je m'adresser pour obtenir plus d'information sur les risques que présente le plomb pour la santé?

R. Pour plus d'information concernant les effets sur la santé associés à la présence de plomb dans l'eau potable, la population est invitée à contacter Info-Santé 811.

 


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