Développement durable, Environnement, Faune et Parcs Bandeau du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs
Accueil Plan du site Pour nous joindre Portail gouvernemental A propos du site Recherche English

Projet hydroélectrique Eastmain-1-A
et dérivation Rupert

Les impacts sociaux pour la société crie


La santé

L’institution responsable de la santé publique dans les communautés cries est le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ). De manière générale, on observe une amélioration de l’état de santé des Cris depuis le début des années 1970, notamment en raison des meilleurs services et des conditions sociosanitaires. À titre indicatif, le taux de mortalité a diminué de 30 % et, plus précisément, les taux de mortalité infantile et par maladies infectieuses ont baissé tous les deux de 70 %. Mentionnons également que le taux de mortalité par blessures chez les Cris a diminué de moitié et il est actuellement comparable à celui du reste du Québec.

D’autre part, les Cris ont vu des accroissements substantiels de certains problèmes de santé au cours des trente dernières années. Maladie relativement récente au sein de la société crie, le diabète est aujourd’hui considéré comme l’un des principaux problèmes de santé publique. Entre 1983 et 2003, les cas de diabète diagnostiqués chez les Cris âgés de 15 ans et plus ont progressé de façon importante, passant d’un taux de prévalence de 1,9 à 13 %. Le diabète apparaît particulièrement important chez les Cris, puisque le taux de diabète était de 5,1 % pour le reste du Québec, en 1999-2000. Les changements au mode de vie des Cris, comme une baisse de consommation d’aliments traditionnels au profit d’aliments commerciaux et une diminution de l’activité physique liée à la modification de la pratique des activités traditionnelles, contribuent à l’augmentation de cas de diabète et à l’excès de poids, tant chez les adultes que chez les enfants. Aussi, les problèmes du système respiratoire sont plus fréquents dans les communautés cries qu’ailleurs au Québec. Le taux de mortalité par maladies respiratoires est presque trois fois supérieur à la moyenne québécoise, soit de 178 comparé à 66 par 100 000 habitants (2003). Enfin, le taux de mortalité liée aux maladies cardiovasculaires est désormais sensiblement identique à celui du reste du Québec; entre 1994-1998, il était de 264 par 100 000 chez les Cris contre 258 par 100 000 habitants pour le reste du Québec.

Les problèmes sociaux

Différents problèmes sociaux ont augmenté de manière importante depuis le début des années 1980. Les principaux problèmes sociaux sont la violence familiale, la négligence envers les enfants, la délinquance juvénile et les tentatives de suicide. Ces problèmes seraient surtout causés par les changements internes à la culture crie, l’acculturation, le chômage et la consommation abusive d’alcool et autres substances. De fait, la consommation d’alcool est perçue par les professionnels de la santé publique et plusieurs citoyens cris comme étant responsable de la majorité des problèmes vécus à l’échelle communautaire. En outre, il est connu que l’intégration au travail des Cris dans les chantiers de construction du promoteur s’avère parfois difficile, compte tenu de l’éloignement de leur famille et de leur communauté, de la disponibilité d’alcool dans les campements de travailleurs et des relations sociales avec les travailleurs allochtones. Le promoteur s’est engagé à mettre en œuvre différentes mesures d’atténuation préventives visant à limiter ou à éliminer les abus d’alcool dans les campements de travailleurs. Ces mesures ont déjà été appliquées au projet de la centrale de l’Eastmain-1. En encadrant davantage l’accès à l’alcool, le promoteur estime pouvoir diminuer les problèmes qui y sont associés.

Conditions imposées au promoteur

Les différents changements au plan de la santé et des problèmes sociaux peuvent s’expliquer en partie, selon certains professionnels de la santé publique, par l’ouverture du territoire associée notamment aux projets de développement hydroélectrique. Dans ce contexte, bien qu’il soit difficile de faire le partage entre les impacts sur l’état de santé des Cris reliés au développement hydroélectrique et ceux attribuables à d’autres causes, une condition dans le certificat d’autorisation demande au promoteur de collaborer avec le CCSSSBJ à l’évaluation des impacts du projet sur certains déterminants de la santé.

En ce qui a trait aux problèmes d’intégration des Cris dans les chantiers de construction, le promoteur devra informer le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, dans le cadre de la procédure nordique d’examen des impacts, des moyens qu’il mettra en œuvre pour :

  • intervenir auprès des travailleurs cris qui connaissent des problèmes psychosociaux reliés à leur intégration au milieu de travail;

  • favoriser les relations sociales entre les travailleurs cris et allochtones;

  • identifier les problèmes susceptibles de se produire dans certaines communautés cries dus à la présence de campements de travailleurs à proximité et les moyens qu’il entend mettre en place pour y remédier.

Enfin, le promoteur devra également déposer un programme de suivi sur les trois volets suivants :

  • les conséquences du projet sur les travailleurs cris qui y ont participé;

  • l’efficacité des mesures qu’il entend prendre pour favoriser l’intégration des travailleurs cris dans ses chantiers;

  • les relations entre les communautés cries et les campements de travailleurs situés à proximité.

Page précédente


Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017