Développement durable, Environnement, Faune et Parcs Bandeau du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs
Accueil Plan du site Pour nous joindre Portail gouvernemental A propos du site Recherche English

Projet hydroélectrique Eastmain-1-A
et dérivation Rupert

Les retombées économiques


L’occupation du territoire de la Baie-James est partagée entre deux populations distinctes, soit les Cris et les Jamésiens. D’un côté, la société crie a connu une évolution démographique très rapide au cours des 30 dernières années. La population active a augmenté de 307 % de 1976 à 2001, comparativement à 34 % pour l’ensemble du Québec. La majorité des communautés cries a connu un développement économique important depuis 1975. Durant cette période, les Cris sont passés d’une économie largement dépendante des activités traditionnelles et des prestations sociales, au début des années 1970, à une économie basée sur l’emploi tributaire du développement communautaire et institutionnel. Les revenus du secteur salarié sont devenus nettement supérieurs à ceux d’activités telles que la chasse, la pêche et la trappe. De plus, le secteur des services (tertiaire) dans les communautés cries, qui a fourni une grande partie des emplois au cours des 30 dernières années, est maintenant saturé. À l’heure actuelle, les communautés cries connaissent des taux de chômage importants, en particulier pour les jeunes.

À l’inverse, la population jamésienne, surtout concentrée au sud du territoire de la Baie-James dans les villes de Chapais, Chibougamau, Lebel-sur-Quévillon et Matagami, a diminué de 20 % entre 1971 et 2001. Au début des années 1970, l’économie jamésienne était basée principalement sur l’exploitation des ressources forestières et minières. Depuis 1997, la faiblesse du prix des métaux sur le marché mondial a entraîné une baisse significative de l’économie minière dans la région. Le secteur forestier a également vu son niveau d’activité économique diminuer à cause de différents facteurs externes. La proportion d’emplois associés au secteur primaire a connu une baisse considérable entre 1991 et 2001, passant de 15 % à 8 %.

Lors des audiences publiques qui se sont déroulées dans les communautés cries, les autorités cries, de même que plusieurs participants, ont invoqué la nécessité de créer des emplois pour assurer le bien-être de leurs communautés, tout particulièrement à cause de l’accroissement marqué de la population crie, de la diminution des activités traditionnelles et du grand nombre de jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Certaines personnes ont fait état du caractère temporaire des emplois dans la construction d’une part et de la sous-représentation des travailleurs cris dans les chantiers du promoteur, d’autre part. L’un des sujets le plus souvent abordés a été la nécessité d’implanter des programmes de formation adéquats, pour que les Cris occupent éventuellement des emplois spécialisés et permanents dans des entreprises œuvrant dans le développement du territoire.

Les nombreux mémoires qui ont été soumis et les témoignages qui ont été recueillis lors des audiences publiques à Chibougamau et Montréal, notamment ceux de Jamesiens, appuient la réalisation du projet, surtout en raisons de ses importantes retombées économiques. Des élus, des organismes de développement et des intervenants socioéconomiques, entre autres, se sont prononcés sur l’importance du développement de l’hydroélectricité, autant pour la région du Nord-du-Québec que pour les régions limitrophes et l’ensemble du Québec. L’un des sujets qui a été abordé dans ces deux villes a été la fragilité de l’économie de la région et, par conséquent, la nécessité d’y maximiser les retombées économiques.

Les retombées économiques du projet

La réalisation du projet de la centrale de l’Eastmain-1-A et dérivation Rupert devrait générer des retombées économiques de l’ordre de 2,4 milliards de dollars sur l’ensemble de la province du Québec, ce qui comprend à la fois les retombées directes, indirectes et induites (tableau 1). Quant à la région administrative du Nord-du-Québec, où sera précisément réalisé le projet, elle bénéficiera de 9 % de ces retombées économiques. Il est par ailleurs estimé que la phase de construction du projet pourrait créer jusqu’à 6 000 emplois par année et au total, pour la réalisation du projet, environ 27 000 années-personnes à l’échelle de la province, dont 8 % seront liées aux activités de la région du Nord-du-Québec.

Tableau 1. Ventilation des retombées économiques du projet par région

Bénéficiaires Valeur (M $) Pourcentage

Nord-du-Québec

  • Cris
  • Jamésiens

211,6
104,9
106.7

9 %
4 %
5 %

Abitibi-Témiscamingue 133,8 6 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean  186 8 %
Autres régions du Québec 1 822,4 77 %
Ensemble du Québec 2 353,8 100 %

Pour les communautés cries

En ce qui concerne plus spécifiquement les communautés cries, il faut signaler que la Convention Boumhounan prévoit que des contrats d’une valeur minimale de 240 M $ seront offerts à des entreprises cries durant la construction des ouvrages, ce qui engendra 104,9 M $ en retombées économiques à l’intérieur du territoire cri, dont la moitié en salaire et l’autre en achat de biens et services. À l’étape de l’exploitation du projet, le promoteur prévoit attribuer 45 M $ en contrats aux entreprises cries.

Il faut également rappeler que le Convention Boumhounan prévoit un certain nombre de Fonds (tableau 2), d’une valeur totale de 43,65 M $, dont l’existence aura des répercussions positives pour l’activité économique et la création d’emplois dans les communautés cries pendant et après la construction. En effet, certains de ces fonds, tel le Fonds Boumhounan des travaux correcteurs, devraient s’étendre sur 15 ans.

Tableau 2. Fonds issus de la Convention Boumhounan

Fonds Budget (M $)
Plan de gestion de la faune (Société Weh-Sees Indohoun) 0,75
Fonds Boumhounan des travaux correcteurs (sur 15 ans) 32
Fonds Boumhounan pour les sites archéologiques et de sépultures 2,5
Fonds Eenou Indohoun 3,9
Fonds de formation (déjà mentionné) 1,5
Fonds Eastmain-1-A/Rupert sur le mercure 3
Total 43,65

Parmi les autres retombées à prévoir pour les Cris, mentionnons la possibilité d’avoir un partenariat d’affaire avec le promoteur pour participer à la construction et à l’exploitation d’une nouvelle centrale hydroélectrique au site de la Sarcelle. Par ailleurs, indiquons que dans l’Entente concernant l’emploi des Cris (Entente Apatisiiwin), signée en mars 2004, Hydro-Québec a réitéré son engagement de prendre les moyens pour que, d’ici le 31 mars 2017, 150 Cris occupent un poste permanent au sein de son personnel sur le territoire de la Baie-James. Cet engagement vient contrebalancer les effets négatifs associés aux cycles d’expansion et de ralentissement, qui marquent souvent la fin des travaux de construction.

Pour les Jamésiens

Les mesures d’optimisation pour favoriser la participation des entreprises et des travailleurs de la Jamésie que le promoteur a mises en place dans le cadre du projet de la centrale de l’Eastmain-1 seront reconduites. Ainsi, la participation des entreprises de la Jamésie dans le projet Eastmain 1-A et dérivation Rupert entraînera des retombées de 106,65 M $ pour la région. Cette somme comprend des retombées directes de 87,34 M $, des retombées indirectes de 4,14 M $ et des retombées induites de 15,18 M $. D’autres retombées économiques viendront de l’entente qui a été convenue avec la Municipalité de Baie-James, qui prévoit un partenariat financier de l’ordre de 300 M $ sur 50 ans, pour des investissements dans le développement économique de la région. À ce sujet, le COMEX, dans son rapport, souhaite que les Cris et les Jamesiens collaborent pour mener l’ensemble des interventions importantes prévues sur le territoire.

Conditions imposées au promoteur

Le promoteur doit soumettre au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs le suivi annuel des retombées économiques de son projet durant la phase de construction. Il devra porter une attention particulière aux priorités suivantes: l’embauche de la main-d’œuvre crie, les moyens utilisés pour que celle-ci s’intègre aux équipes de travail, ainsi que les contrats accordés aux entreprises cries. Il devra également faire rapport sur le suivi prévu durant l’exploitation, cinq ans et dix ans après le début de cette phase.

Par ailleurs, à cause du nombre et de la dispersion des campements, le promoteur doit informer le Ministère du nombre additionnel de conseillers cris qu’il entend embaucher.

Il doit également informer le Ministère de ses discussions avec la Commission de la construction du Québec (CCQ) et des résultats qu’elles ont amenés sur l’accessibilité des Cris aux emplois disponibles sur les chantiers.

Enfin, le promoteur doit déterminer avec ses partenaires cris quels créneaux de formation conviennent le mieux pour atteindre les objectifs d’emploi fixés dans l’étude d’impact aux étapes de la construction et de l’exploitation du projet. Pour pouvoir proposer des emplois dans divers domaines aux Cris, les instances responsables doivent envisager d’offrir de la formation dans des domaines autres que ceux de la construction. Le promoteur doit informer le Ministère à ce sujet et faire état du suivi annuel des résultats des programmes de formation réalisés avec ses partenaires.

Page précédente


Gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2017