Le coin de Rafale

Savais-tu que, comme les agents secrets, les plantes ont une double identité?Fyto

    Salut!

Comme tu le sais, j’en connais beaucoup sur les espèces végétales en général. Depuis que je suis petit, j’adore découvrir de nouveaux noms de plantes, parce que je les trouve très rigolos. Ma mère a un jardin dans la cour, et je l’aide à identifier les belles fleurs et les bons légumes qu’elle y plante. C’est de cette façon que j’ai pu apprendre plusieurs noms d’espèces végétales.

 
Crédits © Denis Chabot
Le monde en images

Je veux donc partager avec toi de petites anecdotes amusantes concernant le nom des plantes et leur origine. Savais-tu que les plantes sont dotées de deux noms : un nom scientifique, qui provient surtout du latin ou du grec, et un nom commun, qui varie selon la langue qu’on utilise? Le nom scientifique est toujours composé de deux mots : le premier désigne le genre de la plante, et le second réfère à son espèce. C’est un peu la même chose que pour nous, qui portons un prénom et un nom de famille. Il sert surtout aux biologistes et il permet de différencier toutes les espèces végétales connues, et ce, dans un langage universel, c’est-à-dire dans un langage qui est compris par tout le monde, peu importe la langue que l’on parle, que l’on habite aux États-Unis, au Canada ou au Mexique. Par exemple, tu dois sûrement connaître la mauvaise herbe jaune qu’on appelle « pissenlit »? Eh bien, son nom commun en anglais est « Dandelion » et son nom scientifique est le Taraxacum officinale. Amusons-nous à découvrir la source du nom de certaines plantes.

Tournesol
Crédits © Patricia Fillmore, Le monde en images

 

Moi, j’adore les fleurs et surtout les tournesols. En fait, le mot « tournesol » provient du latin et signifie « qui tourne avec le soleil ». C’est bien simple, le tournesol pivote vers le soleil au cours de sa croissance. Par contre, son nom scientifique est beaucoup moins poétique : il s’agit d’Helianthus annuus.

 

Sanguinaire du Canada
Crédits © Michel Lamarre, Le Québec en images

 

Malgré ses allures innocentes et pures, la prochaine fleur n’est pas du tout comestible. Je te présente la sanguinaire du Canada, qui a été ajoutée à la liste des plantes vulnérables du Québec en 2005. Elle pousse surtout dans les forêts de feuillus. Elle s’appelle ainsi parce qu’elle produit un latex rouge sang lorsqu’on casse sa feuille ou sa tige. Il s’agit en fait de la sanguinarine, un produit toxique qui, s’il est consommé en trop grande quantité, peut provoquer des vomissements et des brûlures d’estomac, voire de petits étourdissements.

Une érablière traditionnelle québécoise
Crédits © Denis Chabot, Le monde en images

 

Au Québec, on adore le sirop d’érable! Mais le nom scientifique pour parler d’un érable n’a rien à voir avec notre penchant pour le sucre : acer signifie « pointu » en latin. Par exemple, on dira d’une épée qu’elle est acérée. L’arbre porte ce nom depuis l’Antiquité. C’est logique, puisqu’à cette époque, le bois de l’Acer était utilisé pour fabriquer les lances des chevaliers.


Adiante
Crédits © Frédéric Coursol,  MDDELCC


Du côté des fougères, il y a l’adiante, dont le nom scientifique est Adiantum. On connaît une grande variété de fougères provenant de cette famille, dont la particularité est de laisser couler les gouttes d’eau sur ses feuilles sans se mouiller. C’est intéressant puisque Adiantum veut dire « non humide » en grec. L’adiante du Canada, l’une des variétés de cette famille, a été désignée vulnérable au Québec en 2005. 

Crédits © Line Couillard, MDDELCC



Un dernier nom latin particulièrement intéressant est celui de la sagittaire à sépales dressés, espèce désignée menacée au Québec depuis 2001, que l’on trouve en Gaspésie. Son nom vient du latin Sagitta, qui signifie « la flèche », pour faire référence à la forme de ses feuilles.

 

Tu te demandes sûrement comment t’y retrouver parmi tous ces noms de plantes… Eh bien, comme il est impossible de se souvenir de tous ces noms, les scientifiques se sont dotés d’outils très pratiques qui leur permettent d’identifier les différentes plantes du Québec. En voici deux :

1. La flore laurentienne   2. Plantes rares du Québec méridional
Ce guide d’identification, fruit de 30 années d’études, d’explorations et d’observations, a été publié en 1935 par le frère Marie-Victorin. La flore laurentienne aide énormément les botanistes et les biologistes dans leur travail, même si ce dictionnaire illustré ne répertorie pas toutes les espèces végétales qui existent. Il faut savoir qu’encore aujourd’hui, les spécialistes des plantes continuent à découvrir de nouvelles espèces.   Si tu t’intéresses à l’identification des plantes rares, tu peux te procurer le guide Plantes rares du Québec méridional. Ce guide illustré vise à faciliter l’identification de 277 plantes rares du Québec méridional.

Voilà, j’espère que j’ai réussi à éveiller l’esprit biologique qui sommeille en toi!

Tu as des questions ou des commentaires sur ce sujet, fais-nous en part!

À bientôt!

Fyto

Publication : 1er novembre 2010