Le coin de Rafale

Sais-tu en quoi consiste le travail d’une technicienne qui œuvre au sein du réseau des réserves écologiques?

FytoComme je m’intéresse beaucoup à tout ce qui concerne la biodiversité et la conservation, oncle Robert m’a mis en contact avec Andrée Giroux, qui travaille comme technicienne en biologie à la Direction des aires protégées du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Je l’ai rencontrée à son bureau pour l’interroger sur son travail.

Quel est le mandat d’une technicienne qui travaille au sein du réseau des réserves écologiques?

Crédit photo : MDDELCC

Mon travail découle de l’application de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel (LCPN). L’objectif de cette loi est de « sauvegarder le caractère, la diversité et l’intégrité du patrimoine naturel, par des mesures de protection de sa diversité biologique et des éléments des milieux naturels qui conditionnent la vie ». En des mots plus simples, cette loi nous permet de protéger des portions de notre territoire naturel pour y assurer le maintien d’une riche biodiversité.

L’un des moyens utilisés pour assurer cette protection est la création d’un réseau d’aires protégées représentatives de la biodiversité présente sur le territoire québécois.

Il existe plusieurs statuts d’aires protégées. Pour ma part, je travaille principalement dans le dossier des réserves écologiques.

Je m’assure du respect de l’application de la LCPN sur le terrain. Cela se traduit par une grande diversité de tâches :

Qu’aimez-vous particulièrement dans votre travail?

En premier lieu, le fait de pouvoir travailler sur le terrain, car je suis une grande amatrice d’activités de plein air. Pouvoir travailler en milieu naturel prend donc tout son sens pour moi!

La réserve écologique de la Tourbière-de-Shannon

Une espèce floristique désignée menacée a été recensée dans la tourbière de Shannon, soit la listère australe (Listera australis). On compte plus de 500 individus en fleur, ce qui en fait, au Québec, la deuxième plus grosse population de cette espèce. En savoir plus sur cette réserve  ( PDF, 1,5 Mo).

Puis, je dirais que c’est la diversité des tâches à accomplir, qui varient au fil des saisons. J’ai également une belle autonomie d’action. Je gère mon temps et je participe à la détermination des priorités de travail.

Pour une personne qui adore la nature, travailler dans de magnifiques environnements naturels et avoir la chance de parfois pouvoir observer les animaux dans leur quotidien, c’est très motivant!

Cela dit, je travaille dans des milieux qui sont parfois difficiles d’accès; il faut être en bonne condition physique et avoir un bon niveau d’endurance. Alors, je me plais à dire que mon travail me garde en forme! Le réseau des réserves écologiques compte 72 territoires répartis dans l’ensemble du Québec méridional. J’ai donc la chance de voir beaucoup d’endroits! D’ailleurs, quelle belle province nous avons!

Par ailleurs, j’aime beaucoup participer à la conception de programmes éducatifs pour les réserves écologiques ouvertes au public, en collaboration avec des organismes sans but lucratif (OSBL) partenaires. Les programmes éducatifs qui y sont offerts renseignent les gens sur les particularités propres à la réserve écologique visitée et sur les aires protégées de manière générale. Actuellement, vous pouvez visiter les réserves écologiques de la Forêt-la-Blanche (en Outaouais), des Tourbières-de-Lanoraie (dans Lanaudière), de l’Île-Garth (dans les Laurentides) et de la Serpentine-de-Coleraine (en Chaudière-Appalaches). De plus, un projet de réserve écologique est récemment devenu accessible aux visiteurs, soit la tourbière de la Grande plée Bleue, dans le secteur de Lévis.

En quoi consiste une journée typique à votre travail?

Crédit photo : MDDELCC

La journée de travail est fort différente selon les saisons. La période optimale pour réaliser des travaux sur le terrain s’échelonne de mai à novembre. En général, lorsque je dois me déplacer en région éloignée, et dans un souci d’optimiser mes déplacements, je commence mes journées de travail tôt le matin et je les termine parfois tard. Il s’agit de rentabiliser au maximum le temps consacré aux travaux sur le terrain et de profiter le plus longtemps possible de la clarté du jour. Et ce n’est pas parce les travaux sur le terrain sont terminés que la journée de travail l’est pour autant; il faut mettre un minimum d’ordre dans les données récoltées au cours de la journée et préparer le matériel qui sera nécessaire le lendemain. Cela donne des journées fort bien remplies. Il est pertinent de préciser l’importance de prendre beaucoup de notes. Celles-ci sont fort utiles, lorsque je suis de retour à mon bureau, pour rédiger les rapports de visite qui résument mes actions. Il est donc important que je sois méthodique et structurée pour ne rien oublier!

Y a-t-il d’autres qualités que vous jugeriez utiles pour réaliser ce métier?

Crédit photo : MDDELCC

Une bonne capacité d’adaptation est un bel atout dans ce métier, considérant qu’on doit faire face à toutes sortes de situations imprévues et à des conditions météorologiques pas toujours faciles. En outre, puisqu’on est parfois appelé à travailler avec les mêmes personnes durant de longues périodes consécutives, il est bon d’avoir une bonne dose de souplesse et d’humour! Un bon sens de l’orientation s’avère également utile lorsqu’on réalise des travaux en forêt. Idéalement, il ne faut pas avoir la phobie des mouches, des ours, des guêpes ou des couleuvres! La curiosité est également une belle qualité à développer.

De plus, il faut aimer le renouveau, la diversité et les horaires de travail atypiques.

Finalement, il faut savoir faire preuve d’autonomie et de rigueur au travail, en plus d’être passionné et motivé par ce qu’on fait!

Crédit photo : MDDELCC

Quelles sont les études nécessaires pour devenir une technicienne qui travaille au sein du réseau des réserves écologiques?

Plusieurs formations techniques de niveau collégial ouvrent la porte à un travail de technicien au sein des réserves écologiques. Je pense notamment aux diplômes d’études collégiales (DEC) en techniques forestières, en bioécologie, en aménagement et interprétation du patrimoine naturel, en aménagement cynégétique (chasse) et halieutique (pêche).

Et comme le domaine de l’environnement est en constante évolution, d’autres formations pourraient sans doute être reconnues pertinentes pour réaliser ce travail.

Selon vous, à quoi ressemblera ce métier dans dix ans? Quels seront vos défis?

Dans une société où l’accent est grandement mis sur la production et la consommation, il est essentiel de poursuivre le développement d’un réseau d’aires protégées qui soit représentatif de la grande biodiversité présente au Québec, afin de préserver des portions de notre territoire à l’état naturel.

La conception d’outils d’éducation et de sensibilisation pour permettre à tous de bien saisir les enjeux et les bienfaits de la conservation est tout aussi importante. C’est en informant le public qu’on réussit à lui faire prendre conscience de l’importance de l’environnement, mais aussi de sa fragilité et des menaces qui le guettent. Un citoyen bien informé devient souvent un acteur précieux qui aura à cœur de s’impliquer pour assurer la préservation de son milieu de vie.

L’établissement de partenariats avec les acteurs du milieu, pour assurer la bonne gestion des territoires, l’élaboration et la mise en œuvre de protocoles de recherche et de suivi pour connaître et prévoir l’état de santé de nos milieux et des espèces qu’ils protègent, est également primordial.

Considérant la grande diversité des enjeux qu’implique la conservation, les possibilités d’action sont des plus vastes! Les personnes qui voudront travailler dans ce domaine devront donc développer des connaissances variées, en plus de maîtriser les nouvelles technologies, de manière à rejoindre efficacement le plus grand nombre d’intéressés.

Avez-vous un message à transmettre aux jeunes qui souhaitent suivre vos traces?

Intéressez-vous à la nature, posez des questions à ceux qui s’en occupent et soyez curieux!

Utilisez tous les potentiels qui vous entourent!

Participez à différentes activités liées au domaine de l’environnement et de la conservation, et ce, même si c’est simplement à titre de bénévole. Cela vous aidera à développer votre réseau de contacts et à mieux cerner vos intérêts. Par l’expérimentation, vous saurez ce qui vous plaît et ce que vous ne souhaitez plus refaire!

Prenez le temps de choisir et de planifier votre stage de fin d’études. C’est une expérience précieuse qui vous servira de porte d’entrée au début de votre carrière de technicien.

Pour en savoir plus :

Consultez la section consacrée aux aires protégées sur le site Web du MDDELCC et le texte de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel.

Si vous souhaitez visiter certaines réserves écologiques ouvertes au public lors de vos prochaines vacances, voici des sites qui vous permettront d’en savoir un peu plus :

Vous avez des questions ou des commentaires sur ce sujet? Faites-nous-en part!

Fyto

Publication : avril 2017