Le coin de Rafale

Sais-tu ce qu’est un désert?

Robert

 

Quand on pense au désert, on pense la plupart du temps à un océan de dunes de sable, à un pavé de pierres à perte de vue ou à un interminable labyrinthe de canyons. Souvent aussi, on s’imagine qu'aucune végétation n’y pousse ou que le désert n’est tapissé que de cactus.

Le désert fascine et inspire l’être humain depuis toujours. Il nourrit l’imaginaire. Pour certains, il amène à la contemplation : horizon sans fin, dépouillement, silence, solitude. Pour d’autres, il fait peur parce qu’il leur évoque soleil brûlant, mirages, soif, venin. Chose certaine, le désert ne laisse personne indifférent!

C’est Michel, un ami d’oncle Robert qui a visité quelques déserts dans le monde, qui a répondu à mes questions sur le sujet.

Collines de bentonite, une argile volcanique. Désert des Hauts-Plateaux du Colorado, parc national de Capitol Reef, Utah, États-Unis.
Source : Michel Harvey

Mais alors, qu’est-ce que le désert?

À première vue, la réponse à cette question peut paraître évidente. Pourtant, elle ne l’est pas. Dans le dictionnaire, le mot « désert » représente un lieu peu habité ou inhabité, un lieu, en somme, où l’on compte peu ou pas d’êtres vivants. La vie peut donc y être présente mais elle est la plupart du temps rare, clairsemée ou disséminée.

Alors, qu’est-ce qui fait que les êtres vivants qui y habitent n’y sont pas nombreux?

En science, on définit le désert comme un endroit au climat aride, c'est-à-dire une région où il règne un climat sec et où les précipitations se font rares : moins de 250 millimètres en moyenne par an, et parfois beaucoup moins. À titre de comparaison, à Montréal et à Québec, il tombe respectivement 1 000 et 1 200 millimètres de précipitations par an, pluie et neige additionnées, et ce, réparties sur toute l’année. Nous sommes donc bien loin d’un climat aride!

Un second facteur vient le définir : à cause du fort rayonnement solaire qui frappe le sol, de la chaleur et des vents qui en résultent, le peu d’eau qui tombe dans le désert se perd par évaporation. Cette dernière s’avère même plus grande que toutes les précipitations. Ce phénomène a pour conséquence l’assèchement du sol et de l’air.

Dunes, désert d’Atacama, région de Tarapaca, Chili.
Source : Michel Harvey

En somme, le peu de précipitations et la forte évaporation font que l’eau s’y fait rare, parfois même très rare.

Est-ce que tous les déserts se ressemblent?

Les déserts ne se ressemblent pas tous parce que le climat n’est pas le même dans toutes ces régions arides. C’est pourquoi, en science, on s’entend généralement pour distinguer trois types de déserts en fonction du climat qui y règne et, surtout, en fonction des quantités de précipitations qui s’abattent sur ces territoires.

Ainsi, lorsqu’il en tombe moins de 50 millimètres en moyenne par an, on parle de déserts hyperarides. Quand les précipitations annuelles vont de 50 à 250 millimètres, les déserts sont qualifiés d’arides. Dans les régions qui en reçoivent entre 250 et 500 millimètres par an, il est question de semi-déserts ou de régions semi-arides. Voyons tout cela en détail.

Quelques-uns des déserts du monde.
Source : NASA

Déserts hyperarides

Les déserts hyperarides correspondent à ce que l’on appelle les « vrais déserts ». Tel qu’il a été mentionné plus haut, ces régions reçoivent 50 millimètres de précipitations ou moins par an. Parce que l’air y est très sec, on y observe une forte différence entre les températures de jour et de nuit. Le thermomètre peut donc descendre fortement et le froid peut parfois être vif aux petites heures du matin.

Le Sahara en Afrique est qualifié d’hyperaride. Il représente le désert par excellence dans le monde. Il mesure près de 5 000 kilomètres de longueur par 2 000 kilomètres de largeur. À Faya-Largeau, une petite ville du Tchad dans le Sahara, il tombe 20 millimètres de précipitations par année, et Tamanrasset en Algérie en reçoit un peu moins de 50 millimètres.

Désert du Sahara.
Source : site Web SpeakAbout.fr

Également hyperaride, le désert d’Atacama est considéré comme le plus sec de la planète. Il s’étend sur plus de 2 500 kilomètres le long de l'océan Pacifique, du Chili au Pérou, et sa largeur ne dépasse pas les 300 kilomètres. La ville d'Iquique au Chili, où il ne pleut pratiquement jamais, soit un millimètre de précipitations par an en moyenne. De plus, il peut s’écouler des années ou quelques décennies sans que la ville d’Arica, toujours au Chili, ne reçoive une averse. Mais il y a pire encore : dans certaines parties du désert d’Atacama, on n’aurait pas encore enregistré de précipitations depuis que des stations météorologiques y ont été installées!

La vigogne, l’une des quatre espèces de lama, dans le désert d’Atacama, région d’Atacama, Chili.
Source : Michel Harvey
Deux déserts hyperarides : Atacama et le Sahara.
Source : NASA

Déserts arides

Les régions de déserts arides reçoivent entre 50 et 250 millimètres de précipitations par an. Ces zones comprennent la majorité des déserts, à quelques exceptions près. Voici deux exemples de déserts arides situés dans le Sud-Ouest américain. Dans le premier cas, la ville de Phoenix en Arizona, qui se trouve dans la partie nord du désert de Sonora, en reçoit en moyenne 205 millimètres par année. Cette agglomération connaît une mousson du désert en été, c’est-à-dire que la majorité des précipitations tombent pendant cette période, et ce, sous forme de fortes averses ou d’orages. Second exemple : la vallée de la Mort en Californie, dans le désert de Mojave. Considéré comme l’endroit le plus sec de l’Amérique du Nord, la vallée de la Mort ne reçoit que 50 millimètres de précipitations par an. Il y fait aussi très chaud puisqu’on a enregistré 57 degrés Celsius en juillet 1913. Il s’agirait d’un record mondial!

Vallée de Mort, désert de MojaveVallée de la Mort, désert de Mojave, parc national de la Vallée-de-la-Mort, Californie, États-Unis.
Source : Michel Harvey
Deux déserts arides : Mojave et Sonora.
Source : NASA

Déserts semi-arides

Mais les milieux désertiques ne commencent pas tout d’un coup. En bordure des déserts arides, les déserts semi-arides forment des zones de transition. Ces régions comprennent une végétation toujours discontinue et surtout composée de graminées (herbes); à l’occasion, on y trouve des arbustes et parfois quelques arbres. On parle souvent de steppes ou de savanes à leur propos. Ces zones reçoivent entre 250 et 500 millimètres de précipitations par an. Citons la région du Sahel en Afrique du Nord, le désert du Kalahari en Afrique du Sud et celui des Hauts-Plateaux du Colorado aux États-Unis.

Labyrinthe de canyons, désert des Hauts-Plateaux du ColoradoLabyrinthe de canyons, désert des Hauts-Plateaux du Colorado, parc national de Canyonlands, Utah, États-Unis.
Source Michel Harvey
Trois déserts semi-arides : le Sahel, le Kalahari et les Hauts Plateaux du Colorado.
Source : NASA

Et lorsqu’il y a des montagnes!

Tu dois savoir que, dans tous ces types de déserts, hyperarides, arides et semi-arides, la présence de montagnes engendre des différences de climat et un refroidissement de l’air. En effet, lorsqu’on monte en altitude, le thermomètre perd en général 6,5 degrés Celsius par 1 000 mètres. Voici un exemple fictif : s’il fait 40 degrés Celsius dans un désert à midi un jour quelconque au niveau de la mer (à 0 mètre), et que l’on monte à 4 000 mètres dans les monts avoisinants, on perdra 26 degrés; à midi, ce jour-là, le thermomètre indiquera donc 14 degrés à cette altitude.

En conséquence, un désert qui comprend des montagnes connaît des températures plus basses en hauteur. Il en est de même des cimes qui peuvent se couvrir de nuages et écoper de plus de précipitations. Ainsi, les secteurs montagneux des déserts hyperarides peuvent connaître un climat aride à une certaine altitude. Par exemple, dans le désert d’Atacama au Chili, les altiplanos, ou « hautes plaines » des Andes, reçoivent beaucoup plus de précipitations et connaissent plusieurs mois de gel. C’est le cas du village de Putre au Chili, situé à 3 500 mètres d'altitude, qui reçoit 200 millimètres de précipitations en moyenne par an et où les possibilités de gel (0 degré Celsius et moins) s’étendent sur cinq mois.

Altiplano ou « haute plaine », dans les AndesAltiplano ou « haute plaine », dans les Andes, à 50 kilomètres à l’est de Putre (4 500 mètres), région d’Arica et de Parinacota, Chili.
Source : Michel Harvey

Pour en connaître davantage

http://kids.nceas.ucsb.edu/biomes/desert.html : site Web portant sur l’écologie et la vie sur Terre, destiné aux enfants (en anglais).

DEMANGEOT, Jean. 1973. Les milieux naturels désertiques : cours de géographie physique, Centre de documentation universitaire, Paris, 300 pages.

DEMANGEOT, Jean. 1984. Les milieux naturels du globe, Masson, collection « Géographie », Paris, 250 pages.

MARTIN, Michael et Elke WALLNER. 2004. Les plus beaux déserts de la terre, Éditions du Chêne, Paris, 375 pages. Dans une prochaine capsule, je vais t’expliquer pourquoi les déserts existent.

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Fyto

Publication : novembre 2017