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 Matières résiduelles fertilisantes (MRF)

La valorisation des matières résiduelles fertilisantes : des résidus mis à profit


Un peu d’histoire

La valorisation des résidus comportant des propriétés fertilisantes ne date pas d’hier. Depuis longtemps, les producteurs agricoles du Québec mettent à profit les fumiers et les résidus des récoltes en les utilisant comme engrais. L’épandage d’autres types de résidus tels que les cendres de bois et les résidus de la pêche a été recommandé et pratiqué il y a plus de cent ans, soit dès le début du siècle dernier. Plus près de nous, la poudre d’os, les farines animales et le compost demeurent des matières résiduelles fertilisantes (MRF) très appréciées des horticulteurs professionnels et amateurs.

Les résidus d’origine industrielle ou municipale

RésidusDepuis maintenant une vingtaine d’années, on assiste à un regain d’intérêt pour la valorisation, et de nouvelles matières résiduelles aux propriétés intéressantes sont utilisées. Il s’agit des boues d’épuration provenant du traitement des eaux usées municipales et industrielles, aussi appelées « biosolides », et d’autres MRF telles que les poussières de cimenterie, les cendres de bois industrielles et les composts urbains. Leur utilisation, notamment en agriculture, constitue une suite logique aux efforts et aux choix de la société québécoise dans le domaine de l’assainissement de l’eau et de l’air ainsi qu’en matière de collecte sélective des résidus organiques. À cet effet, on a inscrit la valorisation des MRF dans la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008. Cette politique favorisait des méthodes alternatives à la fois profitables sur le plan environnemental et rentables tant sur le plan économique qu'en termes de création d’emplois.

Les avantages

La valorisation des MRF présente trois avantages. D’abord, les producteurs agricoles profitent de la disponibilité d‘engrais et d’amendements organiques nouveaux, qui sont complémentaires et de qualité, et qui contribuent à améliorer le rendement des cultures, à réduire les coûts de la fertilisation ou à favoriser la conservation des sols. Du point de vue des industries et des municipalités, la valorisation de résidus présentant des contenus en éléments traces, qui respectent les critères de qualité déterminés par le Ministère, permet de diminuer le coût de gestion et d’élimination de certaines matières résiduelles. Ce type de recyclage des éléments fertilisants offre également l’avantage environnemental de limiter le gaspillage des ressources ainsi que le recours à l’enfouissement sanitaire ou à l’incinération des résidus. Ainsi, chaque année, environ deux millions de tonnes de ces MRF ne sont pas envoyées dans des lieux d’élimination, ce qui permet de réduire l’émission de centaines de milliers de tonnes de gaz à effet de serre. Un peu plus du tiers de ces matières subit un traitement de compostage avant d’être épandue.

Les matières résiduelles fertilisantes pouvant être épandues ont des propriétés de fertilisation ou d’amendement reconnues. Des travaux de recherche effectués au Québec par de nombreux groupes, notamment les universités, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), Agriculture et Agro-alimentaire Canada et l’industrie, en ont démontré les effets positifs sur les cultures et les sols. Les résultats de ces travaux confirment ceux des recherches effectuées, notamment, aux États-Unis, en Europe et en Ontario, où la valorisation des MRF est pratiquée depuis plusieurs décennies.

En pratique, la valeur des MRF est souvent établie en fonction de leur capacité à remplacer les engrais minéraux, la matière organique des déjections animales ou la chaux commerciale. Par exemple, on évalue la valeur économique des cendres de bois à environ 45 dollars par tonne, en moyenne, en raison de son contenu en engrais (P-K) et de son pouvoir chaulant1. Les biosolides papetiers, pour leur part, contiennent moins de potassium, mais davantage d’azote. Leur utilisation peut permettre d’augmenter significativement les rendements dans la culture du maïs, par exemple, ainsi que la teneur en humus du sol.

Les MRF offrent de nombreuses possibilités d’utilisation : fertilisation et amendement des sols en agriculture, en horticulture et en aménagement forestier, végétalisation des sites dégradés, etc. Dans certains cas, on composte les résidus au préalable, afin d’éliminer les odeurs qu’ils dégagent, de détruire leurs agents pathogènes et de générer ainsi un produit « tout usage ».


[1] HÉBERT, Marc, et BRETON, Bruno. Recyclage agricole des cendres de bois au Québec - État de la situation, impacts et bonnes pratiques agro-environnementales. Agrosolutions 19, 2008, pp. 18-33.


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Le contrôle de la qualitéTracteur et épandeur

La valeur agricole des MRF n’est pas suffisante pour que le Ministère en autorise l’épandage. Ces produits doivent également répondre à des critères de qualité parmi les plus sévères au monde. Les produits doivent donc être analysés régulièrement. Dans le cas des résidus sujets à être épandus pour fertiliser des cultures destinées à l’alimentation humaine, un contrôle de qualité supplémentaire est nécessaire. Cette contre-vérification est réalisée soit par le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), soit par une firme d'échantillonnage accréditée par le Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec (CEAEQ).

Au Québec, l’épandage de boues d’origine municipale pour fertiliser des cultures destinées à l’alimentation humaine est interdit, y compris dans les jardins potagers, à moins que ces boues ne soient certifiées conformes par le BNQ.

En plus d’être soumis au contrôle de qualité obligatoire et à l’interdiction d’épandage sur certaines cultures, le recyclage agricole des MRF doit s’effectuer sous la supervision d’un agronome et selon un ensemble de normes réglementaires et de critères de bonnes pratiques. Par exemple, il est interdit d’épandre des MRF ou des fumiers à moins de 30 mètres d’un puits et à moins de trois mètres d’un cours d’eau. Dans plusieurs cas, un certificat d’autorisation est requis avant de procéder à l’épandage. Le Ministère réalise également, sur le terrain, un contrôle des activités de valorisation des MRF2.

En cas de doute sur la provenance et la qualité des produits proposés, il faut communiquer avec la direction régionale du Ministère de votre région.

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Les odeurs...

Il existe des résidus qui ont une très faible odeur. C’est le cas, notamment, des cendres de bois, des poussières de cimenteries et des composts matures. Cependant, certains résidus de nature organique peuvent être malodorants. Ces matières doivent faire l’objet d’un traitement de désodorisation ou être soumises à des contraintes de stockage et d’épandage souvent plus sévères que pour les fumiers de ferme. De plus, une campagne d’information auprès des maisons avoisinantes doit précéder leur épandage, et les exploitants doivent respecter des distances séparatrices par rapport aux habitations voisines. En outre, une municipalité peut interdire l’épandage des fumiers et MRF pendant un maximum de 12 jours par année, notamment durant la période estivale.

Les citoyens qui, malgré toutes ces mesures préventives, subiraient des inconvénients causés par les odeurs, peuvent communiquer avec la direction régionale du Ministère de leur région.

Les MRF et la gestion des fumiers

En 2007, environ un million de tonnes de MRF ont été épandues sur les sols agricoles du Québec, comparativement à 30 millions de tonnes de fumiers et de lisiers. Ainsi, moins de 2 % des apports de phosphore sur les terres agricoles provenaient des MRF, alors que 35 % de ces apports avaient pour origine les engrais minéraux2. En pratique, il n’existe pas de compétition entre les MRF et les fumiers. Cette compétition existe plutôt avec les engrais minéraux. 

BléD’ailleurs, l’utilisation de certaines matières résiduelles pauvres en phosphore et en azote, tels que les résidus de désencrage chaulant et les poussières de cimenteries, complète efficacement celle des fumiers et des engrais minéraux. Ces MRF sont principalement utilisées comme amendements organiques ou substituts à la chaux agricole.

Les résidus plus riches en phosphore et en azote, tels que les biosolides papetiers et d’origine municipale, ont des caractéristiques qui se rapprochent davantage de celles des fumiers. Ils sont donc destinés en priorité aux entreprises de production végétale (maïs, pommes de terre, etc.) qui n’ont pas suffisamment de fumier solide à proximité de leur exploitation ou qui sont confrontées à la dégradation de leurs sols (à cause du manque de matières organiques).

En 2007, les producteurs agricoles ont épandu des MRF sur environ 2,8 % du territoire agricole du Québec2.


[2] HÉBERT, Marc, BUSSET, Guillaume et GROENEVELD, Elisabeth. Bilan 2007 de la valorisation des matières résiduelles fertilisantes, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, 2008, 14 pages.


Pour renseignements

Pour soumettre un projet de valorisation de matières résiduelles fertilisantes (MRF) ou pour connaître les critères et obtenir la documentation de soutien, vous devez joindre la direction régionale du Ministère qui est responsable de votre localité.

Vous pouvez aussi communiquer avec les services d'accueil et de renseignements du Ministère ou consulter notre site Web.

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