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Les effluents liquides du secteur des raffineries de pétrole
État de situation en 1994 et 1995

CHAPITRE IV - L'évolution des rejets liquides de l'ensemble des raffineries de pétrole de 1990 à 1995

4.1 Évolution des quantités rejetées

Afin de mieux apprécier l'évolution des rejets de l'ensemble du secteur de raffineries de pétrole, ces rejets ont été comptabilisés en kg/jour depuis le début de la décennie. Le tableau 13 montre donc les rejets globaux de l'ensemble du secteur pour les années 1990 à 1995.

Tableau 13 : Rejets quotidiens (kg/d) des raffineries de pétrole (1990-1995)

 

H&G

Phénols

Sulfures

NH3

MES

1990

367

9,8

1,78

134

1521

1991

173

11,01

1,38

151

906

1992

161

4,5

1,27

75

743

1993

216

4,12

3,07

103

812

1994

172

13,01

3,62

146

1047

1995

128

2,46

1,54

183

717

La figure 12 représente sous forme graphique l'évolution des rejets globaux en kg/d de l'ensemble du secteur des raffineries de pétrole de 1990 à 1995 en distinguant toutefois la contribution relative de chacune des raffineries. Il faut cependant rappeler ici que ces histogrammes représentent la moyenne annuelle des rejets quotidiens sans illustrer les fluctuations inhérentes à un système de traitement des eaux usées. À titre d'exemple, les rejets moyens en H&G de Pétro-Canada fut de 91 kg/jour en 1994; durant la même période, les moyennes mensuelles ont varié de 21 à 260 kg/jour pendant que le rejet quotidien oscillait de 4 à 486 kg/d. Cependant, ces représentations graphiques illustrent bien la tendance à long terme de l'ensemble du secteur des raffineries.

À l'étude de la figure 12, on peut déduire les observations suivantes :

Les rejets ont diminué de 65 % entre 1990 et 1995 bien qu'on constate une augmentation temporaire des rejets en 1993, essentiellement attribuable à Pétro-Canada, qui a depuis rétabli ses rejets à un niveau moindre.

La réduction globale des phénols entre les deux années de référence est de 75 % bien qu'il y ait eu plusieurs fluctuations de ce paramètre. Ainsi, après avoir atteint un minimum en 1992, les rejets ont augmenté radicalement de 228 % en 1993 pour atteindre de nouveaux sommets en 1994, principalement à cause de l'accroissement des rejets de Shell durant ces deux années; on peut constater l'effet marqué du déversement de solvant survenu chez Shell durant 1994 qui a perturbé le traitement des eaux usées pendant un trimestre. Cependant, l'année 1995 a connu des réductions notables pour parvenir à un niveau minimum depuis le début de la décennie grâce à une réduction sensible des rejets de chacune des raffineries.

Les rejets en sulfure ont diminué légèrement, soit de 13 % entre 1990 et 1995. Cependant, on constate que les trois raffineries ont augmenté leurs rejets en 1993 et les ont maintenus élevés en 1994 pour enfin redescendre à un niveau comparable à 1990. Ces histogrammes sont toutefois moins fiables que ceux établis pour les autres paramètres car les rejets sont fréquemment rapportés inférieurs à la limite de détection analytique pour Shell et Ultramar, mais calculés à la valeur de cette limite analytique, ce qui pourrait entraîner de plus fortes augmentations qu'il n'en est le cas.

Entre 1990 et 1995, les rejets en azote ammoniacal ont augmenté de 36 % et on constate qu'ils n'ont cessé d'augmenter depuis 1993. Pétro-Canada est le principal responsable de cet accroissement, mais comme il a été expliqué à la section 3.1.2, la cause en est maintenant connue et le correctif a été mis en place à l'automne 1996.

Les rejets globaux en MES ont diminué de 53 % depuis 1990 car les rejets de chaque raffinerie ont pratiquement toujours été à la baisse, à l'exception évidemment de l'incident survenu chez Shell en 1994. Il faut aussi mentionner que Pétro-Canada et Ultramar, bien qu'ils ne possèdent pas un système d'enlèvement des boues biologiques en continu, ont depuis quelques années entrepris des travaux réguliers de soutirage des boues, ce qui a contribué assurément à améliorer la performance d'enlèvement des matières en suspension.

Par ailleurs, la figure 13 représente les rejets unitaires exprimés en kg/1000 barils de chacun des contaminants au cours des six dernières années. De plus, les rejets de chaque raffinerie sont regroupés, ce qui permet de visualiser l'évolution de leur performance au fil des ans.

L'allure générale de tous les histogrammes ressemble en plusieurs points aux histogrammes de la figure 12, mais ces derniers nous révèlent cependant un renseignement supplémentaire. En effet, comme les rejets sont exprimés en kg/1000 barils plutôt qu'en rejets bruts en kg/d, les histogrammes permettent donc de comparer sur une même base les rejets des trois raffineries du Québec.

Ainsi, les rejets unitaires de Pétro-Canada sont couramment supérieurs aux rejets unitaires de Shell et d''Ultramar pour la plupart des années. Par ailleurs, en excluant l'incident majeur survenu chez Shell en 1994, les niveaux de rejets unitaires de Shell et d'Ultramar se maintiennent généralement à des niveaux comparables entre eux pour tous les paramètres durant la période de 1990 à 1995.

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4.2 Évolution des taux de conformité réglementaire

Le tableau 14 ci-dessous rapporte le nombre de dépassements et le taux de conformité de chacune des raffineries aux normes d'effluent pour les raffineries existantes citées à l'article 6 du Règlement sur les effluents liquides des raffineries de pétrole. Ces valeurs ont été calculées par rapport au total des cinq contaminants réglementés; le nombre de valeurs pour la quantité moyenne mensuelle est donc de 60 et le nombre de valeurs pour QQ et QMQ est de 780.

Tableau 14 : Conformité (des eaux de procédé) des raffineries de pétrole pour la période de 1990 à 1995

 

 

1990

1991

1992

1993

1994

1995

Nb
dépas-
sement

%
confo-
rmité

Nb
dépas-
sement

%
confor-
mité

Nb
dépas-
sement

%
confor
mité

Nb
dépas-
sement

%
confor-
mité

Nb
dépas-
sement

%
confor-
mité

Nb
dépas-
sement

%
confor-
mité

Pétro-Canada
QMM

1

81,7

0

100

0

100

2

96,7

1

98,3

0

100

QQ

9

98,8

0

100

0

100

3

99,6

0

100

0

100

QMQ

22

97,2

2

99,7

1

99,9

3

99,6

3

99,6

0

100

Shell
QMM

0

100

0

100

0

100

0

100

1

98,3

0

100

QQ

0

100

0

100

0

100

0

100

0

100

0

100

QMQ

0

100

0

100

0

100

0

100

6

99,2

0

100

Ultramar
QMM

3

95

0

100

0

100

0

100

0

100

0

100

QQ

0

100

0

100

0

100

0

100

0

100

0

100

QMQ

0

100

1

99,9

1

99,9

0

100

1

99,9

0

100

Total raffineries
QMM

14

92,2

0

100

0

100

2

99,9

2

98,9

0

100

QQ

9

99,6

0

100

0

100

3

99,9

0

100

0

100

QMQ

22

99

3

99,8

2

99,9

3

99,9

10

99,6

0

100

On peut constater que l'année 1990 a connu le plus grand nombre de dépassements aux normes, particulièrement à cause de la raffinerie Pétro-Canada; en fait, le nombre de dépassements de cette raffinerie durant l'année 1990 est plus élevé que l'ensemble de tous les autres dépassements de toute la période considérée. Malgré la mauvaise performance de Pétro-Canada en 1990 qui influence fortement la moyenne, les taux de conformité de l'ensemble du secteur furent supérieurs à 92,2 % pour la période 1990-1995; toutefois, en considérant la période 1991 à 1995 seulement, les taux de conformité du secteur des raffineries furent toujours supérieurs à 98,9 %. Enfin, il s'avère que l'année 1995 a connu un score parfait de 100 % de conformité, ce qui est digne de mention.

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CHAPITRE V - Conclusion

  1. Depuis 1990, la qualité des effluents des raffineries s'améliore constamment en ce qui a trait aux rejets d'huiles et graisses, de phénols et de matières en suspension tandis que l'augmentation des rejets en azote ammoniacal est essentiellement due aux problèmes ponctuels qu'a connu Pétro-Canada. En 1995, les rejets en sulfure sont de nouveau comparables au niveau atteint en 1990.

  2. La performance des systèmes de traitement s'améliore constamment depuis le début de la décennie comme le démontre la figure 13.

  3. Le taux de conformité aux différentes normes de l'ensemble du secteur durant la période 1991 à 1995 est élevé et toujours supérieur à 98,9 % et le taux de conformité en 1995 a eu une note parfaite de 100 %.

  4. Dans de bonnes conditions de fonctionnement, les systèmes de traitement des eaux usées permettent de respecter aisément les limites prescrites du Règlement sur les effluents liquides des raffineries de pétrole.

  5. De façon générale, les rendements des systèmes de traitement des eaux usées des trois raffineries se sont améliorés entre les années 1994 et 1995. En effet, la plupart des paramètres ont connu des baisses significatives entre ces deux années au niveau de la concentration annuelle. De plus, les écarts types ont aussi diminué de façon générale entre ces deux années, résultant assurément d'une meilleure maîtrise du traitement des eaux usées.

  6. Selon les rejets observés en 1994 et 1995, Pétro-Canada et Shell n'auraient pu respecter en tout temps les normes nouvelles proposées dans le règlement modifiant le Q-2, r. 6. Leur système de traitement des eaux usées devra donc être optimisé au cours des prochaines années en vue de l'adoption de ce projet de règlement.

  7. Les valeurs extrêmes observées durant les années 1994 et 1995 associés à une tendance à la hausse temporaire furent bien identifiées par les raffineries et les correctifs nécessaires ont été apportés. Cependant, il semble que certains rejets en provenance des épuiseurs d'eaux acides aient occasionné quelques valeurs extrêmes isolées; de même, les provenances différentes de certains pétroles bruts s'avèrent causer des problèmes d'ajustement à l'unité de dessalage et influencent la qualité des rejets. Dans un processus d'amélioration continue, il y aurait lieu d'établir la récurrence d'événements semblables et d'apporter, si nécessaire, les correctifs qui s'imposent.

En conclusion, les raffineries québécoises ont fait preuve au cours des dernières années d'une gestion responsable de leurs eaux usées en réduisant sensiblement leurs rejets et en améliorant la performance de leurs systèmes de traitement des eaux. Le taux de conformité aux normes du Q-2, r. 6 s'est maintenu à un niveau élevé et tous les événements démontrant un dysfonctionnement temporaire ont été corrigés avec diligence.

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CHAPITRE VI - Références

  1. Environnement Canada (SNC), Modèle technologique de normes d'effluents industriels, Tome I, Secteurs des raffineries de pétrole, 1991.

  2. Environnement Canada, Rapport environnemental sur les effluents des raffineries de pétrole au Canada, 1992 (SPE 1/PN/4), 1994.

  3. Environnement Canada, Règlement et directives sur les effluents des raffineries de pétrole, 1974.

  4. Gouvernement du Québec, Gazette officielle du Québec, R-96001, Règlement modifiant le Règlement sur les effluents liquides des raffineries de pétrole, 27 novembre 1996.

  5. Gouvernement du Québec, Règlement sur les effluents liquides des raffineries de pétrole.

  6. Gouvernement du Québec, Règlement relatif à l'application de la Loi sur la qualité de l'environnement.

  7. Ontario Ministry of Environment, Background document on the development of the draft petroleum refining sector effluent limits regulation, 1992.

  8. Ministère de l'Environnement du Québec, Projet de règlement sur les rejets liquides, 1993.

  9. Ministère des Ressources Naturelles, Rapport annuel, 1994.

  10. Rapports mensuels des raffineries de pétrole, 1994, 1995.

  11. United States Environmental Protection Agency, Development document for effluent limitations guidelines for the petroleum refining point source category, USEPA/440/1-74/034 or EPA 440/1-82/014.

  12. United States Environmental Protection Agency, Development document for effluent limitations guidelines for the non-ferrous metals manufacturing point source category, volume 1, PB-90-181967.

  13. United States Environmental Protection Agency, Development document for effluent limitations guidelines for the inorganic chemicals manufacturing point source category, EPA 440/1-79/007.

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