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La protection des pollinisateurs

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Qu’est-ce qu’un pollinisateur?

La pollinisation est principalement assurée par les insectes (abeilles, guêpes, mouches, papillons, coléoptères, fourmis, etc.), mais elle l’est aussi par certains animaux comme les oiseaux, dont les colibris.

Pour accomplir leur travail, les pollinisateurs transfèrent le pollen à l’intérieur même d’une fleur et d’une fleur à l’autre lorsqu’ils visitent une plante, la plupart du temps lorsqu’ils sont en quête de nourriture. Près des trois quarts des plantes dépendent des pollinisateurs pour leur reproduction.  

Les abeilles sont les pollinisateurs les plus connus. En plus de l’abeille domestique qui est élevée en apiculture, on dénombre plus de 700 espèces d’abeilles indigènes au Canada, dont plus de 350 au Québec. Celles-ci contribuent à une partie importante de la production de la plupart des fruits et légumes. Au Québec, ce sont les cultures fruitières qui dépendent le plus des pollinisateurs, principalement la culture de la pomme, de la fraise, de la canneberge et du bleuet.

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Leur importance

Les pollinisateurs sont un maillon indispensable dans la reproduction des espèces végétales, car ils contribuent à la préservation de la biodiversité et à la productivité des cultures. Ils sont d’ailleurs responsables de la pollinisation de près de 70 % des plantes cultivées.

La valeur commerciale des abeilles, en tant que pollinisateurs, est estimée annuellement à plus de 166 millions de dollars au Québec et à plus de 2 milliards de dollars au Canada. La valeur des ventes de l’industrie apicole est estimée à 19,7 millions de dollars au Québec (2014).

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Leur état de santé

Au cours des deux dernières décennies, le déclin des populations de pollinisateurs a suscité des inquiétudes dans la communauté scientifique internationale. Leur protection est donc devenue un enjeu mondial.

L’abeille domestique est depuis longtemps reconnue comme un excellent bioindicateur de la qualité de l’environnement dans lequel elle évolue. Ainsi, le déclin de la population des abeilles est seulement la partie la plus visible de ce phénomène global qui a été observé dans la plupart des pays industrialisés. Des études scientifiques ont démontré que le déclin des abeilles pourrait être attribuable à une combinaison de plusieurs facteurs, notamment :

  • l’exposition à des pesticides, dont les néonicotinoïdes;
  • les parasites, les organismes nuisibles, les agents pathogènes et la diversité génétique;
  • la perte d’habitat, la disponibilité alimentaire et la gestion des ruches;
  • les changements climatiques et les conditions météorologiques.

Les pesticides constituent une menace majeure pour les pollinisateurs. Les répercussions négatives des insecticides observées dans les différentes colonies d’abeilles domestiques permettent de penser que les populations de pollinisateurs sauvages pourraient être affectées de façon similaire.

Que sont les néonicotinoïdes?

Les néonicotinoïdes sont une famille d'insecticides qui agissent sur le système nerveux des insectes. Ils ont des effets nocifs sur la santé des pollinisateurs. Trois néonicotinoïdes (imidaclopride, thiaméthoxame et clothianidine) sont hautement toxiques pour les abeilles et contribuent à leur déclin.

Les néonicotinoïdes sont largement utilisés pour enrober les semences de maïs et de soya afin de protéger ces dernières contre les ravageurs des semis. Ils sont également utilisés dans l’enrobage des semences pour contrôler les insectes ravageurs de plusieurs autres cultures. On les emploie également sur les feuilles, sur les plantons ou dans les sillons.

Les effets des néonicotinoïdes

En 2012 et 2013, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada a révélé qu’environ 70 % des abeilles mortes recueillies en Ontario et au Québec contenaient des résidus de néonicotinoïdes.

Les abeilles et les autres pollinisateurs peuvent être exposés aux néonicotinoïdes par :

·         la pulvérisation des gouttelettes de pesticides;
·         les poussières dégagées lors de la mise en terre des semences traitées;
·         le pollen, le nectar et l’eau contaminés.

Il est reconnu que les poussières dégagées lors de la mise en terre des semences traitées sont responsables d’une mortalité élevée chez les abeilles.

Un examen récent portant sur 800 études scientifiques a montré que les néonicotinoïdes ont des répercussions sur les pollinisateurs et sur d’autres organismes comme les oiseaux, les vers de terre et les invertébrés aquatiques. En voici les principaux constats :

  • À long terme, ces insecticides ont des effets négatifs sur la santé des abeilles et sur leur capacité à collecter du pollen, à s’orienter et à se reproduire. Les abeilles deviennent également plus vulnérables aux maladies;
  • Les néonicotinoïdes peuvent altérer les fonctions immunitaires des oiseaux et des poissons, en plus de réduire leur croissance et leur reproduction;
  • Sur les invertébrés terrestres, comme les vers de terre, les effets vont de la modification du comportement (ex. arrêt de l’alimentation) à la mortalité.

L’utilisation des néonicotinoïdes au Québec

Au Québec, on estime que les semences traitées aux néonicotinoïdes sont utilisées sur près de 100 % de la superficie des cultures de maïs et sur plus de 50 % de la superficie des cultures de soya, ce qui représente environ 500 000 hectares. Par ailleurs, la présence de ces insecticides est généralisée dans les cours d’eau échantillonnés dans les secteurs de culture du maïs et du soya.

Le Centre de recherche sur les grains (CEROM) du Québec a démontré que l’utilisation systématique de semences traitées aux néonicotinoïdes n’est pas justifiée. Celles-ci sont souvent utilisées de manière préventive, sans qu’aucun problème d’infestation des ravageurs des semis n’ait été décelé.

Des études de la United States Environmental Protection Agency (USEPA) démontrent que l’utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes ne permet pas d’augmenter significativement le rendement des cultures de soya, comparativement à l’utilisation de semences non traitées. Similairement pour la culture du maïs, des études du CEROM révèlent que l’utilisation de semences traitées aux néonicotinoïdes n’engendre pas d’augmentation significative de rendement, même avec une faible présence de ravageurs des semis.

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Des actions pour les protéger

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a lancé la Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (Stratégie) qui vise à protéger :

  • la santé de la population, en augmentant les restrictions quant à l’utilisation des pesticides sur les végétaux (pelouses, arbres et arbustes) en milieu urbain, notamment dans les parcs publics, et la santé des agriculteurs, en resserrant l’encadrement des pesticides les plus à risque utilisés à des fins agricoles;
  • les pollinisateurs, en réduisant leur exposition aux néonicotinoïdes;
  • l’environnement, en limitant les risques de contamination.

La Stratégie s’appuie sur une approche légale et réglementaire pour encadrer l’utilisation des pesticides les plus à risque, dont les insecticides de la famille des néonicotinoïdes.

En milieu agricole, l’utilisation des pesticides les plus à risque, dont les néonicotinoïdes, et le recours aux semences traitées aux néonicotinoïdes, devront être préalablement justifiés par un agronome. Ainsi, ces substances ne seront utilisées que lorsqu’il sera nécessaire de le faire. Par ailleurs, le Ministère prévoit introduire des incitatifs économiques (redevances, permis et compensation) pour favoriser le recours à des semences non traitées aux néonicotinoïdes, l’utilisation des pesticides à moindre risque et l’application de méthodes alternatives, tout en accompagnant les agriculteurs dans cette démarche.

Le Ministère collabore également à la mise en œuvre de la Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture 2011-2021 (SPQA) qui a été lancée en 2011 par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), de concert avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et l’Union des producteurs agricoles (UPA). La SPQA prévoit un ensemble d’actions volontaires visant à réduire les risques pour la santé et l’environnement associés à l’utilisation des pesticides. Elle vise une réduction de ces risques de 25 %, d’ici 2021, par rapport à la moyenne de la période de référence 2006-2008. Elle a aussi pour objectif de favoriser l’adoption de la gestion intégrée des ennemis des cultures. Cette stratégie s’appuie sur plusieurs actions qui visent précisément à protéger les pollinisateurs. Ces actions reposent principalement sur le développement des connaissances, sur la sensibilisation, sur l’information et sur la conception d’outils pour réduire l’usage des néonicotinoïdes et des semences traitées avec ces insecticides. Elles visent aussi à favoriser l’utilisation responsable des pesticides.

Parmi ces actions, mentionnons :

  • l’élaboration d’un document de vulgarisation présentant les bonnes pratiques pour protéger les abeilles;
  • l’élaboration d’un guide d’identification et de dépistage des insectes ravageurs du sol dans les grandes cultures;
  • la publication annuelle d’une note d’information destinée à sensibiliser les agriculteurs et les intervenants en milieu agricole à la problématique des semences traitées et à la disponibilité de semences non traitées.

La Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 vient appuyer et renforcer les actions de la SPQA, en encadrant l’utilisation des pesticides les plus à risque, dont les néonicotinoïdes.

Au niveau fédéral, l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, qui est responsable de l’homologation des pesticides, réalise actuellement une réévaluation des risques associés à tous les usages des néonicotinoïdes. En 2014, l’ARLA a mis de l’avant une exigence pour réduire l’exposition des pollinisateurs à la poussière libérée pendant la mise en terre des semences de maïs et de soya, en plus de publier de l’information sur les bonnes pratiques de gestion pour la protection des insectes pollinisateurs durant l’application de pesticides.

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Pour en savoir plus sur les néonicotinoïdes et sur les pollinisateurs

 


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