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Le Bacillus thuringiensis israelensis et le contrôle des insectes piqueurs au Québec

Ouvrages cités (format PDF, 135 ko)

Annexe 1 : Liste des larvicides à base de Bti homologués par Santé Canada pour des opérations de grande envergure

Annexe 2 : Peut-on se protéger contre les piqûres des moustiques et des mouches noires?


Annexe 1 : Liste des larvicides à base de Bti homologués par Santé Canada pour des opérations de grande envergure

(Pour plus d’ information sur ces produits, consultez : http://pr-rp.hc-sc.gc.ca/ls-re/index-fra.php)

Nom du produit

Numéro d'homologation

Usage habituel *

Activité garantie **

VECTOBAC 200 G

18159

Larves de moustiques

200 ITU/mg

TEKNAR GRANULES

19239

Larves de moustiques

260 AAU / mg

VECTOBAC 600L

19455

Larves de moustiques et mouches noires

600 ITU/mg

VECTOBAC 200G

19466

Larves de moustiques

200 ITU/mg

VECTOBAC 1200L

21062

Larves de moustiques et mouches noires 1200 ITU/mg

AQUABAC XT

26860

Larves de moustiques et mouches noires 1200 ITU/mg

AQUABAC (200G)

26862

Larvicide granulaire (moustiques) (5/8) ***

200 ITU/mg

AQUABAC (200G)

26863

Larvicide granulaire (moustiques) (10/14) (5/8) ***

200 ITU/mg

AQUABAC II XT

27376

Larves de moustiques et mouches noires

1200 ITU/mg

Voir les indications du fabricant pour une utilisation au sol ou par voie aérienne
**  AAU : nombre d'unités toxiques Aedes aegypti par milligramme de formulation
  ITU : nombre d'unités toxiques Internationales par milligramme de formulation.
***  Correspond à une granulométrie spécifique du produit.

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Annexe 2 : Peut-on se protéger contre les piqûres des moustiques et des mouches noires?

Pour les gens habitant dans des endroits qui ne sont pas soumis au contrôle des insectes piqueurs, existe-t-il une ou des façons de se protéger? La réponse est oui. On peut se protéger adéquatement contre les insectes piqueurs. Le texte qui suit parle de protection personnelle ; pour certaines personnes, le mot adéquatement veut dire « tolérance zéro », alors que pour d’autres, qui demeurent dans des régions reconnues pour être régulièrement infestées par les moustiques et les mouches noires, le mot tolérance s'applique bien puisqu'elles les supportent avec plus de patience.

La meilleure façon d’aborder le problème de la protection personnelle est de savoir comment les insectes piqueurs font pour nous trouver et éventuellement nous piquer. On entend souvent dire, qu’ils peuvent « nous voir » ou « nous sentir » jusqu’à une centaine de mètres de distance. Même si cette affirmation est plus ou moins vérifiée scientifiquement, elle est très plausible. De loin, les moustiques et les mouches noires sont capables de détecter des formes, des mouvements, des couleurs et bien d’autres choses encore. Ils cherchent à cibler une proie qui devrait éventuellement leur permettre de prendre un repas de sang. Comme les humains peuvent difficilement changer de forme et ne vont pas dehors pour rester immobiles, les couleurs sont pour les insectes très attirantes. Cependant, on peut en atténuer l'effet. Les moustiques et les mouches noires sont capables de détecter et de cibler les couleurs chaudes beaucoup plus intensément que les couleurs froides. Pour eux, la chaleur associée à une cible qui bouge est un signal extrêmement puissant, et donc le signe d’un repas de sang. De plus, comme les mammifères (les humains malheureusement en font partie) dégagent de la chaleur, ils sont des proies naturelles pour ces insectes. Les couleurs chaudes sont des couleurs foncées comme le noir, le bleu foncé, le rouge, le marine. Évitez donc de porter des vêtements de ces couleurs. Par contre, si vous portez du beige, du jaune, du vert pâle, des couleurs dites froides, les insectes piqueurs seront moins attirés.

Malgré tout, il reste que plusieurs de ces chasseurs invétérés peuvent quand même vous repérer et s’approcher du mammifère que vous êtes, dans le but de prendre un repas de sang. À une plus courte distance de la proie, d’autres stimuli guideront l’insecte de façon plus précise vers sa cible. C’est à ce moment-là que les odeurs dégagées par votre corps joueront le rôle final dans l’approche de l’insecte. Les insectes piqueurs sont capables de détecter plusieurs odeurs volatiles, mais le gaz carbonique (CO2) est le plus important à cause de son pouvoir d’attraction et à cause de la quantité que nous expirons. Même si nous portons des vêtements de couleurs froides, nous ne pouvons empêcher notre corps de dégager des odeurs attirantes pour ces insectes. Pour se protéger on doit donc déguiser ou camoufler ces odeurs stimulantes ou tout simplement empêcher physiquement le contact entre l’insecte et la peau.

Il existe depuis longtemps des produits contre les moustiques appelés soit chasse-moustiques, répulsifs ou encore insectifuges et qui essentiellement produisent tous le même effet. Lorsqu'on les applique sur la peau, l’odeur volatile dégagée par le principe actif de ces produits fait en sorte que les insectes ne détectent plus le gaz carbonique, ce qui envoie à l’insecte le message suivant : « Attention, ceci n’est pas une cible avec du sang… allons chercher ailleurs ». Les insectes ne vont pas nécessairement s’éloigner de vous, mais vont plutôt chercher à se poser ailleurs sur vos vêtements. Ces derniers qui ne sont pas recouverts de chasse-moustiques, laisseront dégager le gaz carbonique. Comme tels, les chasse-moustiques, répulsifs ou insectifuges ne repoussent pas les insectes piqueurs, mais servent plutôt à camoufler ou à déguiser des odeurs attirantes. Attention, si le vêtement est très mince et en tissu non serré, les moustiques (munis d’un dard) sont capables de piquer au travers. Ce n’est toutefois pas le cas des mouches noires, qui elles, doivent être en contact direct avec la peau afin de la cisailler pour en faire gicler le sang.

Des dizaines de produits homologués par Santé Canada sont vendus un peu partout. Présentement, les trois ingrédients actifs les plus efficaces et les plus courants et sur le marché sont à base de diéthyltoluamide (DEET ou DET), ou d’huile de citronnelle ou d’huile de soya. En théorie, plus un produit contient de l’ingrédient actif, plus son efficacité sera durable. Mais attention, en pratique, le temps de protection varie beaucoup d'une personne à l'autre, et selon l'intensité des activités. Un même produit peut donner une protection de trois heures chez une personne, mais seulement d’une heure chez une autre. Combien de fois entend-t-on dire : « Quand je vais dehors tous les moustiques me courent après ». Une personne active dégage plus d’odeurs attrayantes qu’une personne peu active et de fait devient une proie de choix pour les insectes piqueurs. Vous devez choisir le moyen le plus adapté à vos activités extérieures. Si on vous dit que tel produit est peu efficace, cela ne veut pas dire que qu'il ne sera pas efficace pour vous… Parfois il vaut mieux essayer plusieurs produits et choisir celui ou ceux qui vous conviennent. Pourquoi appliquer un chasse-moustiques qui soit disant protège durant six heures, si vous allez marcher une heure seulement?

À part les chasse-moustiques, on peut empêcher physiquement les insectes piqueurs de se poser sur la peau.

Il existe d’excellents filets de tête et même des habits anti-moustiques pour ceux et celles qui ne supportent pas les chasse-moustiques sur leur peau. Pour ces personnes, ces « vêtements » sont très utiles, mais il faut bien les porter. Il ne faut pas que le filet touche à la peau sinon les moustiques piqueront allègrement au travers. Idéalement le filet de tête devrait recouvrir (en partie) les épaules de façon à empêcher les insectes (les mouches noires surtout) de se glisser sous le filet et ainsi d'atteindre votre peau. Évitez les filets qui ferment autour du cou, à moins que vous n’ayez décidé de devenir un donneur de sang pour la survie de ces insectes ! Bizarrement, les filets offrant la meilleure visibilité sont de couleur noire… une des bonnes couleurs attirantes!

Dès le printemps, on voit apparaître de nombreux produits offrant une protection à base d'ultrasons, de plantes magiques, de vitamines, de produits de mon grand-père… À ce jour, la littérature scientifique n’a jamais réussi à démontrer que ces produits avaient un effet de protection contre les piqûres des insectes piqueurs. Les produits dont l’efficacité a été reconnue au moyen de tests scientifiques sont homologués par l’Agence de réglementation pour la lutte antiparasitaire (ARLA) et portent un numéro de certification (ou d’enregistrement) sur l'étiquette.

Pour plus d’information sur la protection personnelle, on vous invite à consulter les sites Internet de Santé Canada, du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) et les ouvrages de Bourassa (2000) et Bourassa et Boisvert (2004).

Depuis la venue du VNO en Amérique du Nord, plusieurs autres « moyens de protection » ont fait leur apparition sur le marché. Il s’agit des pièges attirants, dont le principe de fonctionnement est basé sur celui des pièges que les chercheurs utilisent depuis de nombreuses années pour capturer les insectes piqueurs. Ces pièges produisent un panache de gaz carbonique (CO2), ce qui attire les insectes piqueurs vers l’appareil. Les pièges sont munis d’un aspirateur qui capte les insectes et les emprisonne dans un filet dans lequel ils mourront éventuellement.

Il existe de nombreux modèles avec plusieurs variantes (et plusieurs prix!). Certains fonctionnent avec une prise électrique et d’autres, avec une pile solaire ; certains utilisent une odeur attirante en plus du gaz carbonique. Les recherches démontrent que ces pièges attirent et capturent les insectes piqueurs. Cependant, on attend toujours une démonstration scientifique convaincante qui prouvera que ces pièges diminueront de façon substantielle le nombre de piqûres de ces insectes chez une personne se trouvant à une certaine distance du piège. Encore là, il faut une excellente « collaboration » entre la personne et le piège. Si une ou plusieurs personnes se trouvent entre la source des moustiques ou des mouches noires et le piège, il n’est pas certain que ces insectes n’abandonnent pas l’idée de se payer un bon repas en allant sur une « cible » possiblement plus attirant que le piège.

 


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