Rapport sur l'état de l’eau et des écosystèmes aquatiques au Québec

Quelle est la situation et quelles sont les causes?

Les milieux humides jouent un rôle de premier plan et procurent de nombreux services écologiques à l’ensemble de la population1. Ces écosystèmes, ni complètement aquatiques ni complètement terrestres, représentent un maillon essentiel des milieux naturels de la province. Ils sont composés d’une gamme variée d’écosystèmes, tels que les étangs, les marais, les marécages et les tourbières.

En l’absence d’une cartographie fine des milieux humides à l’échelle du Québec, les informations sur la répartition de ces écosystèmes reposent sur un éventail d’outils cartographiques qui incarnent une vision parcellaire de la réalité. Certaines bases de données sous-estiment en effet les petits milieux humides2, tandis que d’autres ne prennent pas en considération les milieux humides boisés. On estime cependant que les milieux humides couvrent un peu plus de 10 % du territoire québécois3. Il est reconnu qu’en plus de pertes directes, les milieux humides font l’objet de perturbations sous l’effet de diverses pressions d’origine humaine ou associées aux changements climatiques. Les espèces exotiques envahissantes influencent également la composition et la structure de ces écosystèmes dans certaines régions du Québec.

Une variété d’écosystèmes répartis inégalement sur le territoire

Au Québec, il existe un large spectre de milieux humides partageant une caractéristique commune : une dynamique fortement influencée par la présence d’eau. Cette dernière influe sur les processus de formation des sols et, par le fait même, sur la présence de végétation4. Ces trois facteurs expliquent la grande variété d’écosystèmes observée sur le territoire. Dans la majorité des cas, les milieux humides sont composés d’un assemblage de différents types de milieux humides juxtaposés. Typiquement, ce sont soit des associations d’étangs, de marais, de marécages, soit des tourbières bordées de marécages qui façonnent le paysage du Québec. Ils sont répartis de manière inégale sur l’ensemble du territoire.

Plusieurs types de milieux humides façonnent les paysages du Québec

Certains milieux humides sont isolés et alimentés par les précipitations, l’eau de la fonte des neiges ou les eaux souterraines. C’est le cas des étangs temporaires (photo 1A). D’autres, en revanche, comme la plupart des marais, sont rattachés à des cours d’eau, à un lac ou au fleuve Saint-Laurent. Les milieux humides bordant le fleuve Saint-Laurent peuvent en outre être influencés par le niveau d’eau des marées et la salinité de l'eau (photo 1B).

Photo 1. Principaux types de milieux humides : A) Étang (François Gervais); B) Marais maritime (Rodolph Balej, MDDELCC); C) Marécage (Rhéal Carpentier, MDDELCC); D) Tourbière (Alain Thibault, MDDELCC)

Plusieurs milieux humides se forment sur des sols minéraux, d’autres sur des sols organiques. Ainsi, typiquement, les marécages sont dominés par une végétation croissant sur un sol minéral avec un mauvais ou très mauvais drainage (photo 1C). Les tourbières, en revanche, sont constituées d’un sol organique résultant de l’accumulation de végétaux à différents stades de décomposition (photo 1D). Les écosystèmes tourbeux représentent d’ailleurs l’immense majorité des milieux humides du territoire québécois.

La végétation est un des éléments permettant de caractériser les milieux humides. Ainsi, les marais sont dominés par une végétation herbacée, alors que les marécages sont composés majoritairement d’une végétation ligneuse, arbustive ou arborescente. Les plantes de milieux humides sont adaptées aux conditions d’inondation ou de saturation du sol en eau. Certaines se développent exclusivement dans ces milieux, comme le carex faux-lupulina ou l’érable argenté.

La répartition des milieux humides à l’échelle du Québec

La superficie couverte et la répartition géographique des milieux humides diffèrent selon le contexte écologique étudié. Ce contexte peut être analysé à partir des provinces naturelles. Une province naturelle est un territoire de grande étendue dont la reconnaissance repose sur différentes variables écologiques, dont la nature et la configuration du socle rocheux, le relief, l’hydrographie et les dépôts de surface. Le Québec est divisé en 15 provinces naturelles qui occupent la très grande majorité du territoire et 5 provinces naturelles limitrophes.

Ainsi, les milieux humides sont très représentés dans les Basses-terres de la Baie James (province P), les Basses-terres de l’Abitibi (province F), les Hautes-terres de Mistassini (G) et le Plateau de la Basse-Côte-Nord (province E) (carte 1). Les superficies de milieux humides dans ces quatre provinces naturelles représentent 44 % de la superficie totale des milieux humides du Québec2. En revanche, c’est dans les Basses-terres de la Baie-James (province P) que la densité de milieux humides est la plus importante. Cette province naturelle est en effet occupée à près de 60 % par des milieux humides.


Carte 1. Proportion de milieux humides par province naturelleadaptée de 2

La répartition de ces écosystèmes est également variable au sein d’une même province naturelle. Ainsi, dans la province naturelle du Plateau de la Basse-Côte-Nord (province E) les tourbières se concentrent tout au long de la frange maritime.

La répartition des milieux humides le long du Saint-Laurent

Les rives et les îles du fleuve Saint-Laurent accueillent des milieux humides sur près de 800 km25 , des marais et des marécages essentiellement. La répartition spatiale et la composition de ces écosystèmes sont toutefois variables. Ainsi, selon un suivi des milieux humides effectué au début des années 2000 entre Cornwall et Trois-Pistoles, la majorité des milieux humides se concentre dans le tronçon fluvial du Saint-Laurent4 (carte 2). La faible pente des rives dans ce secteur est favorable à l’établissement de milieux humides, en particulier au sud-ouest du lac Saint-François, au sud du lac Saint-Louis, dans le secteur de Varennes-Contrecœur6 ainsi qu’au lac Saint-Pierre. Ce dernier présente d’ailleurs les plus grandes superficies de marais et marécages de la partie fluviale du Saint-Laurent, dont de nombreuses érablières argentées7. Les milieux humides du lac Saint-Pierre sont d’ailleurs reconnus depuis 1998 comme des écosystèmes d’importance internationale selon la convention RAMSAR8.


Carte 2. Milieux humides bordant le Saint-Laurentadaptée de 5

Bien que moins abondants que dans le tronçon fluvial du Saint-Laurent, des milieux humides sont présents dans l’estuaire et le golfe. Des milieux humides d’eau douce sans marée et avec marée caractérisent l’estuaire fluvial, entre la sortie du lac Saint-Pierre et la pointe est de l’île d’Orléans7. Sur ce tronçon, les milieux humides occupent principalement la rive nord du fleuve et la rive nord de l’île d’Orléans. Les milieux humides de l’estuaire moyen sont pour leur part dominés par des marais d’eau douce et des marais maritimes. Ils couvrent la rive sud du fleuve entre Montmagny et Trois-Pistoles ainsi que l’Isle-aux-Grues7. Enfin, les données demeurent insuffisantes pour dresser un portrait complet de l’état de la situation de l’estuaire maritime et du golfe, mais dans l’ensemble, le nombre de marais est beaucoup plus restreint sur cette portion du Saint-Laurent.

Des perturbations ou des pertes de milieux humides attribuées aux activités humaines

Les milieux humides évoluent dans le temps et l’espace au gré des interactions avec leur milieu environnant. Toute intervention humaine sur les trois composantes fondamentales que sont l’eau, le sol et la végétation a conséquemment des incidences sur les milieux humides. Au Québec, la perception inégale de la valeur de ces écosystèmes par les intervenants du milieu et la méconnaissance des concepts utilisés pour délimiter et caractériser ces écosystèmes ont contribué pendant longtemps à favoriser leur dégradation ou leur perte. Malgré les changements graduels amorcés dans les façons de faire, les activités humaines continuent toujours d’exercer des pressions parfois fortes sur ces écosystèmes.

Les pressions exercées sur les milieux humides, comme le drainage, le creusage, le remblayage et les coupes abusives, déstructurent le couvert végétal et le sol2. Elles entrainent une modification des fonctions écologiques de ces milieux, ce qui engendre un large spectre de perturbations allant de la disparition partielle des fonctions rendues par les écosystèmes à des pertes totales et irréversibles.

Dans de nombreux cas cependant, la dégradation ou la perte de milieux humides conduisent à une perte d’habitats pour la faune et la flore. Ce déclin de la biodiversité engendre à son tour des effets néfastes sur le bien-être humain, notamment sur la santé, sur la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles et sur l’accès à des matières premières ou à une eau de bonne qualité. L’ampleur des pertes ou perturbations enregistrées varie selon le type d’activités et le contexte territorial dans lequel s’inscrivent les milieux humides.

À l’échelle du Québec, des perturbations ou des pertes de tourbières

À l’échelle du Québec, le bilan des perturbations ou pertes en milieux humides est peu documenté2. De surcroit, dans le nord du Québec, les connaissances sur ces écosystèmes sont parcellaires et les chiffres avancés sont souvent sous-évalués. Toutefois, des travaux de recherche estiment qu’un peu plus de 6 000 km2 de tourbières auraient été perturbés au Québec dans les cinquante dernières années9. Sachant que près de 85 % des milieux humides sont constitués de tourbières2 ce résultat donne une certaine indication quant aux pertes et perturbations que subissent ces milieux.

Dans les Basses-terres du Saint-Laurent, des perturbations ou pertes associées à l'urbanisation ainsi qu'aux activités agricoles et forestières

À l’échelle des Basses-terres du Saint-Laurent, les superficies de milieux humides perdues depuis le début de la colonisation sont importantes2. À titre d’exemple, entre 1966 et 1981, plusieurs milieux humides des régions de Montréal et de Québec ont été convertis en milieux urbains et agricoles. Durant cette période, une diminution de 7 % de la superficie des marais et marécages a été relevée dans la région de Montréal. Dans la région de Québec, cette superficie a été réduite de 12 %10.

Plus récemment, soit entre 1990 et 2011, 567 km2 de milieux humides des Basses-terres du Saint-Laurent ont été affectés, ce qui représente environ 19 % de la superficie totale des milieux humides de ce territoire (carte 3). Parmi les municipalités régionales de comté (MRC) ou parties de MRC incluses dans ce territoire, celles qui présentent les plus forts taux de perturbation sont les Jardins-de-Napierville et Kamouraska (carte 3). En outre, les plus grandes superficies de milieux humides perturbées couvrent les régions du Centre-du-Québec et de la Montérégie : les MRC de L’Érable, d’Arthabaska, de Lotbinière et des Jardins-de-Napierville sont les plus affectées.


Carte 3.  Proportion de milieux humides perturbés dans les Basses-terres du Saint‑Laurentadaptée de 2

Les activités agricoles, incluant la production des canneberges, et les activités forestières sont responsables, respectivement, d’environ 50 et 25 % des perturbations affectant les milieux humides des Basses-terres du Saint-Laurent (tableau 1).

Tableau 1.  Superficies de milieux humides perturbées dans les Basses-terres du Saint-Laurent par grandes sources de perturbationstiré de 2
Source des perturbations Superficies perturbées (%)
Activités agricoles
Productions céréalières, fourragères et maraîchères
Production de canneberges
50,0
44,2
5,8
Activités forestières 25,5
Infrastructures de transport
Réseau routier
Lignes de transport hydroélectrique
Chemin de fer
8,3
5,2
2,9
0,2
Développement résidentiel 4,9
Activités industrielles et commerciales 4,2
Extraction de tourbe horticole 1,1
Loisirs 1,1
Autres 3,0
   

Les sources de perturbations recensées sont toutefois variables d’une région à l’autre du Québec. Ainsi, dans la moitié des régions administratives situées en partie ou en totalité dans les Basses-terres du Saint-Laurent, les activités agricoles sont la principale source de perturbations des milieux humides (carte 4). Les milieux humides situés dans les régions de Lanaudière et de la Montérégie sont particulièrement touchés par ce type d’activité2. En milieu agricole, les milieux humides sont susceptibles d’être affectés, entre autres, par le remblayage et le drainage, le creusage et le redressement de cours d’eau ainsi que le déboisement.


Carte 4. Proportion des sources de perturbations dans les régions administratives situées en partie ou en totalité dans les Basses-terres du Saint-Laurentadaptée de 2

Trois principaux types de production agricole sont à l’origine de ces pressions : les productions céréalières et fourragères, la culture maraîchère et la production de canneberges2. Les cultures céréalières couvrent plusieurs secteurs des Basses-terres du Saint-Laurent, alors que la production maraîchère se concentre principalement dans les régions de la Montérégie et de Lanaudière. Les produits maraîchers en champ sont cultivés à un peu plus de 35 % sur des sols riches en matières organiques11. Ces sols, aussi appelés terres noires, sont par définition des sols de milieux humides. Quant aux perturbations associées à la production de canneberges, elles sont surtout relevées dans la région du Centre-du-Québec, principalement dans les MRC de Bécancour et de Drummond2.

De plus, les activités forestières pratiquées sur des terres privées dans les Basses-terres du Saint-Laurent entraînent des perturbations dans les régions de la Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec (carte 4). Localement, les pressions exercées sur les milieux humides peuvent être liées à l’utilisation de la machinerie dans les boisés privés.

Les activités associées aux développements résidentiels et industriels sont surtout présentes dans les régions de Montréal et de Laval2 (carte 4). Ces activités engendrent des pertes irréversibles. Bien que ce soient majoritairement des milieux humides de faible superficie qui sont affectés, ceux-ci peuvent jouer un rôle important sur le plan de la biodiversité à l’échelle régionale ainsi que sur le plan du fonctionnement hydrologique. De plus, ils peuvent représenter un intérêt accru en raison de leur rareté à l’échelle locale et de la grande valeur sociale qu’ils représentent pour la population environnante.

L’extraction de tourbe à des fins horticoles se pratique majoritairement dans la région du Bas-Saint-Laurent2. La récolte de tourbe implique notamment le drainage des tourbières et le retrait de la végétation.

Enfin, les réseaux routiers et de transport hydroélectrique ainsi que les chemins de fer ont aussi un impact sur les superficies de milieux humides à l’échelle des Basses-terres du Saint-Laurent. Les déséquilibres qu’ils occasionnent sont surtout liés à une fragmentation des habitats et, conséquemment, à une perte potentielle de la diversité biologique des milieux humides. Le réseau routier et les chemins de fer contribuent également à une modification du régime hydrologique de ces écosystèmes.

Dans la partie nord du Québec, des perturbations ou pertes associées à la production d’hydroélectricité et aux activités forestières

Au nord du 52e parallèle, l’empreinte humaine, c’est-à-dire les zones où l’homme exerce ou a exercé une activité pouvant avoir un impact important sur les écosystèmes, est limitée au regard de l’immensité de ce vaste territoire. Les principales activités qui ont contribué à modifier de grandes étendues de milieux humides sont la création de réservoirs pour la production d’énergie hydroélectrique ainsi que la construction et l’entretien des réseaux de lignes de transport d’énergie. Ce sont pour l’essentiel des tourbières qui ont été ennoyées ou affectées par des déviations de cours d’eau et des emprises de lignes électriques, en particulier dans les secteurs de la Grande Rivière et de la rivière Eastmain8. Une étude a estimé à 1 130 km2 la superficie totale de tourbières ennoyées pour ces secteurs8. Plus sporadiquement, les activités minières peuvent être une source locale de perturbations.

À la limite sud du 52e parallèle, l’immense majorité du territoire est occupée par la forêt boréale, laquelle fait l’objet d’une gestion publique. Ce territoire est riche en milieux humides. La plupart de ces milieux retrouvent leur caractère naturel après coupe. Toutefois, certaines activités de récolte, la voirie et les activités connexes, comme le transport et la construction de camps, peuvent perturber le sol de façon temporaire ou permanente. Entre autres, ces activités peuvent avoir des répercussions physiques importantes comme le compactage ou l’orniérage fréquent sur les sols à faible portance12. Localement, le drainage des sols a aussi eu des répercussions sur les milieux humides. Par contre, le drainage des sols, autrefois pratiqué surtout dans les basses terres de l’Abitibi, n’est plus une préoccupation au Québec puisque ce type d’intervention ne se pratique plus en forêt publique et n’est plus subventionné en forêt privée.

Photo 2. Effets de la fonte du pergélisol : la tourbière à palse (Alain Thibault, MFFP)

Par ailleurs, les effets des changements climatiques sur les milieux humides deviennent nettement perceptibles13. Des modifications dans la structure des tourbières sont en effet observées dans la partie nord du Québec. Sous l’effet d’une combinaison de facteurs en lien avec la hausse des températures, le pergélisol se réchauffe et fond à certains endroits (photo 2). Cette dégradation du pergélisol, qui s’étend sur l’ensemble du Nunavik et par plaques sur le territoire de la Jamésie, entraîne l’effondrement de nombreuses tourbières et la formation de mares de fonte. Ces transformations peuvent avoir des répercussions profondes sur la végétation et les cycles de l’eau et du carbone14. Ainsi, la limite méridionale du pergélisol s’est déplacée d’environ 130 km vers le nord depuis 50 ans dans les tourbières de la Jamésie14.

Des milieux humides envahis par des plantes exotiques envahissantes en bordure du Saint-Laurent

Depuis plusieurs années, des changements dans la composition des espèces végétales des marais et marécages bordant le fleuve Saint-Laurent sont constatés15. La modification du profil des rives du fleuve, le dragage du chenal de navigation et la régulation des niveaux d’eau15 peuvent accentuer la propagation des espèces exotiques envahissantes et conduire à la disparition d’espèces indigènes caractéristiques des milieux humides. Sur les 300 sites ayant fait l’objet d’un suivi entre 2008 et 2010, 246 ont été touchés par des espèces exotiques envahissantes. De ces sites, 22 % étaient fortement envahis, 56 % moyennement envahis, 19 % faiblement envahis et 3 % ne présentaient aucun signe d’envahissement (carte 5). Les espèces exotiques envahissantes suivies étaient l’alpiste roseau, le butome à ombelle, l’hydrocharide grenouillette, le myriophylle à épi, le roseau commun et la salicaire commune.


Carte 5. Suivi des espèces exotiques envahissantes des milieux humides du Saint-Laurent3
Photo 3. Roseau commun (Isabelle Simard, MDDELCC)

Les secteurs de Boucherville et du lac Saint-Pierre étaient les plus touchés par la propagation des espèces ciblées. De leur côté, le lac Saint-François et l’estuaire fluvial, lequel s’étend de la sortie du lac Saint-Pierre à la pointe est de l’île d’Orléans, étaient les secteurs les moins touchés3. Le roseau commun (photo 3) et l’alpiste roseau, lorsqu’ils étaient présents, dominaient les milieux humides étudiés, alors que la salicaire commune y était la plus fréquente, bien que rarement dominante.

La propagation des espèces exotiques envahissantes dans les milieux humides risque d’être exacerbée avec les changements climatiques attendus au cours des 50 prochaines années. Le lac Saint-Pierre serait plus particulièrement touché. Dans ce secteur, la superficie des roselières pourrait éventuellement augmenter par un facteur de 100, passant de 134 hectares de superficie estimée en 2010 à plus de 13 000 hectares d’ici 50 ans. Avec cette expansion, le lac Saint-Pierre deviendrait le plus vaste complexe de roselières sur le continent nord-américain16. Au lac Saint-Louis et aux îles de Contrecœur, la superficie des habitats favorables à la germination du roseau commun pourrait augmenter de 40 à 50 % par rapport à celle de 201016.

Références

1 – MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE LA FAUNE ET DES PARCS. 2012. Les milieux humides et l’autorisation environnementale. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Direction des politiques de l’eau et Pôle d’expertise hydrique et naturel, 46 p. [En ligne]. [http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rives/milieux-humides-autorisations-env.pdf].

2 – PELLERIN, S. et M. POULIN. 2013. Analyse de la situation des milieux humides au Québec et recommandations à des fins de conservation et de gestion durable, 2e édition. Centre de la Science et de la Biodiversité du Québec, 104 p. [En ligne]. [http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rives/Analyse-situation-milieux-humides-recommandations.pdf].

3 – Informations fournies pour le rapport en 2013 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’écologie et de la conservation, Service de l’expertise en biodiversité.

4 – BAZOGE, A., D. LACHANCE et C. VILLENEUVE. 2014. Identification et délimitation des milieux humides du Québec méridional, Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’écologie et de la conservation et Direction des politiques de l’eau, 64 p. + annexes. [En ligne]. http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rives/identification-delimitation-milieux-humides.pdf

5 – JEAN, M., G. LÉTOURNEAU et C. SAVAGE. 2005. Les milieux humides et les plantes exotiques en eau douce – 2e édition. Fiche issue du « Programme de suivi de l’état du Saint-Laurent ». Gouvernement du Canada et gouvernement du Québec, 8 p. [En ligne]. [http://planstlaurent.qc.ca/fileadmin/publications/fiches_indicateurs/milieux_humides_2005_f.pdf].

6 – JEAN, M., et G. LÉTOURNEAU. 2011. Changements dans les milieux humides du fleuve Saint-Laurent de 1970 à 2002. Environnement Canada, Direction générale des sciences et de la technologie, Monitoring et surveillance de la qualité de l’eau au Québec, Rapport technique numéro 511, 302 p. [En ligne]. [http://www.ec.gc.ca/Publications/E7C22846-04FE-4D8C-96BA-4E8DF853101D/ChangementsDansLesMilieuxHumidesDuFleuveSaintLaurentDe1970A2002.pdf].

7 – GOUVERNEMENT DU QUÉBEC. 2013. Le lac Saint-Pierre, un joyau à restaurer. 28 p. [En ligne]. [http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/lac-st-pierre/doc-synthese.pdf].

8 – SECRETARIAT OF THE CONVENTION ON WETLANDS. 2014. The List of Wetlands of International Importance. 47 p. [En ligne]. [http://www.ramsar.org/pdf/sitelist.pdf].

9 – ROCHEFORT, L., A. BAZOGE, G. GARNEAU, M. JOLY, S. JUTRAS, S. PELLERIN, M. POULIN et F. POISSON. 2011. « Peatland Inventories and Conservation in Québec ». Groupe de recherche en écologie des tourbières et ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, dans le cadre du Symposium on Responsible Peatland Management and Growing Media tenu à Québec les 13 et 17 juin 2011, 29 p.

10 – ENVIRONNEMENT CANADA. 1986. Évolution de l’utilisation des terres au Canada – Les milieux humides du Canada : une ressource à conserver. Direction générale des terres, Feuillet d’information, vol. 86, no 4, 8 p.

11 – GROUPE AGECO. 2007. Portrait et priorités du secteur maraîcher québécois. 39 p. [En ligne]. [http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Portrait_secteurmaraicher.pdf].

12 – BUREAU DU FORESTIER EN CHEF. 2010. Bilan d’aménagement forestier durable au Québec 2000‑2008. Gouvernement du Québec, 290 p. [En ligne]. [http://forestierenchef.gouv.qc.ca/images/stories/BAFD/accueil/bilan_2000-2008.pdf].

13 – BERTEAUX, D., N. CASAJUS et S. DE BLOIS. 2014. Changements climatiques et biodiversité du Québec : vers un nouveau patrimoine naturel. Presses de l’Université du Québec, 169 p.

14 – THIBAULT, S., et S. PAYETTE. 2009. « Recent Permafrost Degradation in Bogs of the James Bay Area, Northern Quebec, Canada ». Permafrost and Periglacial Processes, vol. 20, p. 383‑389. [En ligne]. [http://www.nordiquecrsng.chaire.ulaval.ca/chaire_fr/PDF/Thibault_2009.pdf].

15 – LES GOUVERNEMENTS FÉDÉRAL, PROVINCIAUX ET TERRITORIAUX DU CANADA. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources, 148 p. [En ligne]. [http://www.biodivcanada.ca/A519F000-8427-4F8C-9521-8A95AE287753/FR_Biodiversité_canadienne_COMPLET.pdf].

16 – TOUGAS-TELLIER, M.‑A., J. MORIN, D. HATIN et C. LAVOIE. 2013. Impacts des changements climatiques sur l’expansion du roseau envahisseur dans les frayères du fleuve Saint-Laurent. 53 p. [En ligne]. [http://www.ouranos.ca/media/publication/168_RapportTTellieretal2013.pdf].

En savoir plus

 Références

1 – MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L'ENVIRONNEMENT, DE LA FAUNE ET DES PARCS. 2012. Les milieux humides et l’autorisation environnementale. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Direction du patrimoine écologique et des parcs, Direction des politiques de l’eau et Pôle d’expertise hydrique et naturel, 46 p. [En ligne]. [http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rives/milieux-humides-autorisations-env.pdf].

2 – PELLERIN, S. et M. POULIN. 2013. Analyse de la situation des milieux humides au Québec et recommandations à des fins de conservation et de gestion durable, 2e édition. Centre de la Science et de la Biodiversité du Québec, 104 p. [En ligne]. [http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/rives/Analyse-situation-milieux-humides-recommandations.pdf].

3 – Informations fournies pour le rapport en 2013 par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Direction de l’écologie et de la conservation, Service de l’expertise en biodiversité.

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12 – BUREAU DU FORESTIER EN CHEF. 2010. Bilan d’aménagement forestier durable au Québec 2000‑2008. Gouvernement du Québec, 290 p. [En ligne]. [http://forestierenchef.gouv.qc.ca/images/stories/BAFD/accueil/bilan_2000-2008.pdf].

13 – BERTEAUX, D., N. CASAJUS et S. DE BLOIS. 2014. Changements climatiques et biodiversité du Québec : vers un nouveau patrimoine naturel. Presses de l’Université du Québec, 169 p.

14 – THIBAULT, S., et S. PAYETTE. 2009. « Recent Permafrost Degradation in Bogs of the James Bay Area, Northern Quebec, Canada ». Permafrost and Periglacial Processes, vol. 20, p. 383‑389. [En ligne]. [http://www.nordiquecrsng.chaire.ulaval.ca/chaire_fr/PDF/Thibault_2009.pdf].

15 – LES GOUVERNEMENTS FÉDÉRAL, PROVINCIAUX ET TERRITORIAUX DU CANADA. 2010. Biodiversité canadienne : état et tendances des écosystèmes en 2010. Conseils canadiens des ministres des ressources, 148 p. [En ligne]. [http://www.biodivcanada.ca/A519F000-8427-4F8C-9521-8A95AE287753/FR_Biodiversité_canadienne_COMPLET.pdf].

16 – TOUGAS-TELLIER, M.‑A., J. MORIN, D. HATIN et C. LAVOIE. 2013. Impacts des changements climatiques sur l’expansion du roseau envahisseur dans les frayères du fleuve Saint-Laurent. 53 p. [En ligne]. [http://www.ouranos.ca/media/publication/168_RapportTTellieretal2013.pdf].

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