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Les émissions de gaz à effet de serre (GES)

La température de la Terre, l’un des indicateurs des changements climatiques sur la planète, est maintenue à son niveau actuel grâce à l’effet de serre naturel qui est produit par certains gaz atmosphériques appelés « gaz à effet de serre ». Les principaux GES qui existent naturellement dans l’atmosphère, mais dont la concentration peut être modifiée par l’activité humaine, sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). D’autres gaz à effet de serre importants découlent uniquement de l’activité humaine : les hydrofluorocarbones (HFC), les perfluorocarbones (PFC) et l’hexafluorure de soufre (SF6). Le protocole de Kyoto traite de ces six gaz, ou groupes de gaz.

La quantité totale des principaux GES émise dans l’atmosphère terrestre par les activités humaines a été de 33 144 000 kilotonnes équivalent CO2 en 1990, soit une moyenne de 6,3 kilotonnes équivalent CO21 pour chaque être humain. Le pays qui contribue le plus largement à ces émissions de GES est les États-Unis. Avec seulement 4,7 % de la population mondiale, sa part était de près de 18,8 % en 1990, ce qui correspond à 25 tonnes équivalent CO2 par habitant. Le Canada, avec 0,5 % de la population du globe, émettait quant à lui 1,8 % des GES à l’échelle mondiale, soit près de 22,7 tonnes équivalent CO2 par habitant, ce qui le classe parmi les pays dont les émissions par habitant sont les plus élevées. De 1990 à 1997, ces émissions ont augmenté de 14,7 % en passant de 607 662 à 696 865 kilotonnes.

En 1990, le Québec se situait près de la moyenne des pays de l’Europe de l’Ouest, avec environ 12 tonnes équivalent CO2 par habitant. Cette moyenne ayant diminué entre 1990 et 1999 de 12,4 à 12,2 tonnes, il était et demeure la province qui émet proportionnellement le moins de GES au Canada. Cette bonne performance est généralement expliquée par le fait qu’au Québec l’électricité est à plus de 95 % de source hydraulique. Mais cela n’explique pas tout. Par exemple, le tableau 6 sur les émissions canadiennes montre que la moyenne des émissions par habitant du Québec est sensiblement plus faible que celle du Manitoba, où l’électricité est aussi presque entièrement d’origine hydraulique. La différence s’explique, en partie, par un plus grand recours à l’électricité comme source d’énergie au Québec (41,7 % par rapport à 23,3 %).

Tableau 6 – Émissions de gaz à effet de serre, Canada, 1990 et 1999

Malgré cette bonne performance relative, il ne faut pas oublier que le Québec demeure fortement consommateur d’énergie (4,7 tep/habitant2 comparativement à 2,6 tep/habitant pour l’Union européenne).



Les émissions québécoises de GES de 1990 à 1999

L’évolution des émissions totales de GES, selon les données les plus récentes du ministère de l’Environnement du Québec, montre une tendance à la hausse qui se maintient depuis 1993. La baisse substantielle observée en 1991 et 1992 a été causée par un fléchissement de l’activité économique. Une analyse plus fine montre que cette hausse aurait été plus importante encore sans la réduction des émissions survenue chez certaines industries grandes émettrices de GES, dont l’industrie papetière et celle de la fabrication du magnésium et de l’aluminium, et sans la diminution des émissions en provenance des déchets enfouis. Ces réductions ont réussi à compenser en partie les augmentations qui se poursuivent dans l’industrie de seconde transformation et dans le secteur des transports. Les émissions en provenance de ce dernier secteur ont en effet augmenté de 15,5 % pendant la période de 1990 à 1999, et elles ne donnent aucun signe de ralentissement (figure 5).

Figure 5 – Émissions1 de gaz à effet de serre au Québec, 1990-1999

Figure 5 : Émissions de gaz à effet de serre au Québec, 1990-1999

Les activités émettrices

Au Québec les principales activités émettrices de gaz à effet de serre sont : le transport, la production industrielle, le chauffage, l’agriculture et l’élimination des déchets. Le transport et l'industrie constituent de loin les plus importantes. En 1999, ces deux sources comptaient respectivement pour 38,6 % et 31,6 % des émissions totales. Une comparaison des statistiques de 1990 et de 1999 (figure 6) montre que la part des émissions du secteur des transports a augmenté sensiblement, alors que celle des émissions de l’industrie, des lieux d’enfouissement et du chauffage a été réduite. Malgré la situation géographique du Québec, le chauffage ne représentait que 12 % des émissions de GES, étant donné le recours important à l’électricité comme source de chaleur. Si on analyse différemment les données, il ressort qu’environ le tiers des émissions de GES au Québec ont pour origine les activités directes des ménages associées au transport des personnes, au chauffage des résidences et à l’élimination des déchets. Les deux autres tiers découlent de la production de biens et de services.

Figure 6 – Émissions de gaz à effet de serre au Québec en 1990 et 1999

Figure 6. Émissions de gaz à effet de serre au Québec en 1990 et 1999

Les précipitations acides

Les dépôts acides au Québec sont parmi les plus élevés en Amérique du Nord. L’acidité des précipitations est causée par le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d’azote (NOx). Les émissions de SO2 résultent principalement de l’activité des fonderies de première fusion des métaux non ferreux et de l’utilisation de combustible fossile à haute teneur en soufre. Les NOx sont surtout produits lors de l’utilisation de combustible fossile et se retrouvent, en particulier, dans les gaz d’échappement des véhicules automobiles.

Entre les années 1982 et 1996, une baisse généralisée des dépôts de sulfates a été observée sur le sud du Québec (tableau 7). Les régions où les dépôts annuels moyens de sulfates (SO4) ont enregistré les diminutions les plus importantes sont l’Estrie (- 42,6 %), le Saguenay­Lac-Saint-Jean (- 41,7 %), l’Abitibi-Témiscamingue (- 37,3 %) et la Montérégie (- 32,1 %). Au cours de la même période, le pH annuel moyen des précipitations a subi une augmentation variant de 0,04 à 0,15 unité au Québec méridional. Ainsi, par exemple, au poste d'échantillonnage Mont-Brun en Abitibi-Témiscamingue, le pH annuel moyen des précipitations est passé de 4,33 en 1982-1986 à 4,48 en 1992-1996.

Tableau 7 – Dépôts humides annuels moyens quinquennaux de sulfates (SO4) et pH annuel moyen quinquennal des précipitations, par région administrative, pour les années 1982 à 1986, 1987 à 1991 et 1992 à 1996

Définitions :

Dépôts humides


1 Pour fins de comparaison, les quantités des divers gaz à effet de serre sont exprimées en équivalent CO2 nécessaire pour obtenir un réchauffement équivalant à celui du gaz en question. Par exemple, une tonne de méthane retient autant de chaleur que 21 tonnes de CO2 . Une bonne de méthane égale donc 21 tonnes équivalent CO2.

2 Tep/habitant : tonnes équivalent pétrole par habitant. (Retour au texte)


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